Contrairement à The Expanse dont j'ai déjà parlé en 2024, Person of Interest n'est pas une série de livres à l'origine, mais c'est une série télévisée des années 2010 qui m'a suffisamment tenue en haleine pour mériter que j'en parle. Découverte à l'origine sur la chaîne AB1, puis poursuivie sur Prime Video quand AB1 a décidé de changer sa programmation pour l'été, la série est actuellement rediffusée sur la nouvelle chaîne T18, et je suis tellement accro que j'y retourne.
Il faut dire que Person of Interest est de ces séries qui cachent bien leur jeu. Partant d'une situation initiale assez simple, elle s'enrichit progressivement de nouveaux personnages amenant leur part de l'intrigue, le tout à coup de flashbacks savamment calculés, présentés sous forme d'archives, qui apportent des explications et de la profondeur aux protagonistes en dévoilant progressivement leur passé et leurs secrets. Difficile, dans ces conditions, de ne pas avoir envie de connaître la suite...
La situation initiale, donc, est la suivante : Harold Finch (même si on comprend assez vite que ce n'est pas son vrai nom), un génie de l'informatique milliardaire mais aussi handicapé et reclus, embauche John Reese, un ex-agent spécial de la CIA porté disparu et vivant à l'état d'épave humaine dans les bas-fonds de New York. En effet, "M. Finch" est l'inventeur d'une IA révolutionnaire, "La Machine", capable de prédire les meurtres, mais n'étant pas capable d'arrêter lui-même les meurtriers, il lui faut quelqu'un comme "M. Reese", rompu à toutes les techniques de combat, pour agir à sa place. Leur association porte ses fruits, mais très vite, elle attire l'attention de la police, qui se pose des questions sur ce nouveau justicier insaisissable, surnommé "l'homme en costume", et qui semble avoir une longueur d'avance sur les criminels comme sur les policiers.
| Jim Caviezel (John Reese) et Michael Emerson (Harold Finch) en 2012, au début de la série - Par Genevieve, CC BY 2.0 [https://creativecommons.org/licenses/by/2.0], via Wikimedia Commons |
Par la suite, beaucoup d'autres personnages et intrigues s'ajoutent au fil des saisons, jusqu'à ce que la série ne se "ressemble" plus, et pourtant, il reste toujours le même noyau malgré toutes ces couches supplémentaires qui s'accumulent : le duo de choc formé par Harold Finch et John Reese. Présenté au départ comme un classique "la tête et les jambes" entre Harold le génie solitaire handicapé et John l'homme d'action quasi-invincible (un autre personnage le surnomme régulièrement "Superman"), ce duo évolue au fil de l'histoire et des interactions entre les protagonistes. John, qui n'avait plus de but dans la vie, s'en redécouvre un en sauvant des gens, tandis que Harold, qui vivait reclus dans une ancienne bibliothèque et craignait de s'attacher à quelqu'un (il faut dire que toutes les personnes à qui il s'est attaché ont eu des ennuis...), parvient à s'ouvrir progressivement. Cela permet, malgré quelques nécessaires frictions, d'agrandir leur équipe, ce qui ne sera pas de trop face à des adversaires qui se multiplient.
Person of Interest fait aussi réfléchir sans en avoir l'air aux questions liées à la surveillance de masse et à l'intelligence artificielle. J'ai le souvenir de conversations avec des amis ne connaissant pas la série qui ne se posaient absolument pas la question des faux positifs, de l'intrusion dans la vie privée (cette série devrait être déclarée d'utilité publique vu le contexte actuel)...
Côté intelligence artificielle, même si la série présente des IA autonomes dotées d'une conscience, et que depuis ChatGPT on sait que ce n'est pas possible, la réflexion porte aussi et surtout sur le rapport entretenu par les humains avec l'IA, la confiance qu'on peut (ou pas) avoir en elles et ce qu'on projette de notre inconscient dessus. Par exemple, si une IA appelle son créateur "Père", le considère-t-elle vraiment comme tel, ou est-ce pour provoquer chez lui la réaction de protection d'un père envers son enfant ?
Le tout est servi par une réalisation impeccable et un jeu d'acteurs qui ne l'est pas moins. Person of Interest se paye le luxe d'un casting quatre étoiles où tout le monde est extrêmement bon dans son rôle. Je n'hésite pas à décerner une mention spéciale à Michael Emerson, qui joue un Harold Finch étonnant et plein de surprises, tour à tour sévère, touchant et parfois franchement inquiétant. Habitué à jouer les méchants, notamment dans Lost (série produite par J.J. Abrams tout comme Person of Interest), il est parfait dans ce rôle tout en subtilités, attachant mais avec un côté sombre et un passé tortueux.
Bref, il n'y a vraiment rien à jeter dans Person of Interest, et si vous ne l'avez pas encore vue, tout ce que je peux vous dire, c'est d'y remédier de toute urgence. La seule chose que je pourrais lui reprocher, outre une fin un peu rapide (baisse des audiences oblige), c'est de mettre la barre très haut pour la série qui voudra devenir ma prochaine série coup de coeur. Mais c'était déjà le cas avec The Expanse, alors qui sait quelle série me surprendra à l'avenir ?
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