dimanche 17 mai 2015

Le langage des fleurs

Avec le moi de mai qui est déjà bien avancé, les fleurs s'ouvrent partout. Et parmi elles, les reines des reines, les roses.
J'ai cueilli dans mon jardin l'une d'entre elles, et je l'ai arrangée avec une branche d'églantier à la manière d'un ikebana japonais. Comme je n'ai jamais étudié cet art et que je n'ai pas non plus le matériel requis, cela ressemble probablement à tout sauf à un véritable ikebana, mais j'ai essayé de respecter l'esprit de cet art traditionnel qui permet d'exprimer la beauté de la nature et de la simplicité avec des choses plus naturelles que les mots : une fleur et quelques branches.
Est-ce que cela peut ressembler à un ikebana ? Hé bien, à vous de juger.
Rose et branche d'églantier à la manière d'un ikebana [CC-By-SA 4.0]

vendredi 15 mai 2015

La comtesse de Ségur

Si on évoque le nom de Sophia Fiodorovna Rostoptchina (1799 - 1874), on ne récoltera probablement que des regards incrédules. Mais qu'on donne son nom d'épouse, la comtesse de Ségur, et c'est tout un ensemble de souvenirs d'enfance qui risque de remonter : Les malheurs de Sophie, Les petites filles modèles, Les mémoires d'un âne sont trois classiques de la littérature enfantine, qui font partie des premières lectures de bien des enfants, surtout des filles pour les deux premiers.
La comtesse de Ségur vers 1841, par son fils Louis Gaston de Ségur [domaine public], via Wikimedia Commons
Rien d'étonnant à cela, puisque c'est pour amuser et instruire ses petits-enfants que la comtesse a commencé à écrire ses livres ; elle avait alors la cinquantaine. Son premier ouvrage, intitulé Nouveaux contes de fées pour les petits enfants, est le recueil des contes qu'elle inventait et racontait à ses petites-filles. Leur présence est d'ailleurs tangible, en particulier dans Les petites filles modèles, dont les héroïnes portent les mêmes prénoms que les deux petites-filles de la comtesse, Camille et Madeleine de Malaret. Quant à Sophie des Malheurs de Sophie, c'est tout simplement la comtesse elle-même qui s'inspire de son enfance.
Le thème des châtiments corporels est souvent mis en avant dans les oeuvres de la comtesse de Ségur, mais il est à noter que dans beaucoup de ses ouvrages, les personnages donnant des châtiments corporels sont présentés comme ridicules et détestables, comme Mme Fichini dans Les petites filles modèles ou Mme MacMiche dans Un bon petit diable. Il est probable que la comtesse, qui a souvent été frappée par sa mère dans son enfance, s'en venge ainsi indirectement.
Mme Fichini fouettant Sophie dans Les petites filles modèles - Gravure de Bertall [domaine public], 1927, via Wikimedia Commons
On constate également que les punitions les plus marquantes ne sont pas celles qui font mal physiquement. Ainsi, dans Les Deux Nigauds, les parents de Simplicie et Innocent, lassés d'entendre leurs enfants faire des caprices pour aller à Paris, décident de les punir... en leur accordant leur demande et en les envoyant à Paris, où leur ignorance et leur naïveté les couvriront de ridicule et leur feront très vite regretter leur voyage.
La comtesse n'oublie jamais de donner une dimension éducative à ses histoires, en soulignant les conséquences d'une mauvaise action non seulement pour les autres, mais surtout pour celui ou celle qui la commet et qui en souffre. Cela se retrouve notamment dans Les malheurs de Sophie où la mère de Sophie renonce parfois à la punir car "le bon Dieu vous a déjà punie par la frayeur que vous avez eue". De même, dans Quel amour d'enfant, la capricieuse Giselle agit presque toujours sans se soucier des autres, mais de rares moments de lucidité lui font regretter ses actes, et même souhaiter que ses parents, qui l'ont gâtée et lui ont passé tous ses caprices, l'aient un peu plus punie pour l'aider à réfréner son égoïsme, chose qu'elle ne parvient pas à faire elle-même. Ce n'est que devenue adulte, quand ses caprices sont allés jusqu'à dilapider la fortune de son mari qui finit par la chasser, qu'elle parvient enfin à se corriger en comprenant qu'elle est allée beaucoup trop loin.
Bien sûr, les livres de la comtesse de Ségur présentent un monde idéalisé, où par une sorte de justice divine, les méchants finissent toujours par être punis et une mauvaise action n'est jamais récompensée sur le long terme. Sous un regard contemporain, ils peuvent paraître moralisateurs, mais c'était le ton des ouvrages pour enfants de l'époque, et ils restent une lecture agréable et intéressante à mettre entre toutes les mains.

dimanche 19 avril 2015

Deuxième édition du Don d'Osiris

Quelques mois seulement après sa sortie, Le Don d'Osiris va déjà avoir droit à une deuxième édition. En effet, mon éditeur a trouvé un nouveau diffuseur, ce qui a conduit à une refonte des couvertures et donc une réédition imminente de leurs livres déjà sortis.
La nouvelle couverture du Don d'Osiris reste très similaire à la première, en se basant sur la même image, mais inversée.
Si vous avez déjà un exemplaire de la première édition, je vous conseille de la garder précieusement. Cela pourrait devenir un jour un exemplaire collector ! :)

mercredi 11 février 2015

"Orgueil et Préjugés et Zombies" de Seth Grahame-Smith et Jane Austen

J'avais entendu parler il y a un moment déjà d'une réadaptation du célèbre Orgueil et Préjugés de Jane Austen sous le nom d'Orgueil et Préjugés et Zombies (en anglais Pride and Prejudice and Zombies), mais sans vraiment y penser, d'autant plus que je n'ai jamais lu l'original.
Jane Austen ne m'est pourtant pas totalement inconnue, puisque j'ai lu au moins son grinçant Northanger Abbey (également connu en français sous le nom de Catherine Morland). Je l'ai d'ailleurs bien apprécié pour la naïveté aussi risible que touchante de l'héroïne, qui ne connaît le monde qu'à travers les romans.
Portrait de Marcia Fox par William Beechey [domaine public] - Une version "zombifiée" de ce portrait illustre la couverture originale d'Orgueil et Préjugés et Zombies.

Bien sûr, je connais un peu l'histoire d'Orgueil et Préjugés comme tout le monde. J'ai même découvert en discutant avec mes collègues que l'un d'entre eux, pourtant peu porté sur la lecture, a lu Orgueil et Préjugés ; raison de plus pour que je m'y mette après la version "zombifiée".
Orgueil et Préjugés et Zombies est donc une adaptation par Seth Grahame-Smith, dont l'originalité est de conserver une importante proportion du texte original d'Orgueil et Préjugés tout en y intégrant parfaitement l'épidémie de zombies qui menace en permanence la campagne anglaise. Mr Bennet, dont le principal souci est désormais de "maintenir ses filles en vie", les a envoyées quelques années plus tôt en Chine, où un sévère maître Shaolin leur a enseigné les arts martiaux. Le décor est donc planté dès le début de l'histoire : Elizabeth Bennet et ses sœurs sont des guerrières, ayant toutes juré de défendre leurs terres contre les morts-vivants.
Mais la persistance du texte original donne lieu à quelques associations étonnantes. Ainsi, quand Darcy et les Bingley font devant Elizabeth le portrait de la jeune fille idéalement "accomplie", ils ajoutent à la connaissance de la littérature et des ouvrages de dames celle des arts martiaux. Le mépris de Lady Catherine de Bourgh, la tante de Darcy, pour Elizabeth n'est pas seulement dû à sa condition ou à la réputation de sa famille, mais aussi à son style de combat chinois alors que Lady Catherine tient en très haute estime le style japonais de Kyoto. La confrontation entre les deux femmes se fait d'ailleurs sabre à la main, dans le dojo personnel de Lady Catherine et avec l'intervention de ninjas à son service.
De même, Darcy s'oppose à l'union de Jane Bennet et de son ami Bingley parce qu'en plus du comportement déplorable de sa mère et de ses plus jeunes sœurs, il croit que la maladie de Jane est le premier symptôme du mal qui fera d'elle une zombie à terme. Si cela se révèle faux pour Jane, ce ne sera pas le cas de Charlotte Lucas, qui décide de lutter jusqu'au dernier moment contre le mal en ne pensant qu'à vivre les derniers mois d'humanité qui lui restent aussi normalement et heureusement que possible avec son nouvel époux, Mr Collins.
Elizabeth elle-même, qui a déjà la langue assassine dans l’œuvre originale, joint le geste à la parole dans Orgueil et Préjugés et Zombies, parlant sérieusement de poignarder Darcy pour l'affront qu'il lui a fait ainsi qu'à sa sœur Jane. Lorsqu'elle découvre par la suite à quel point elle s'est trompée sur son compte, elle n'hésite pas à s'infliger des cicatrices pour se punir de ses fautes comme le lui a enseigné son maître.
En bref, Orgueil et Préjugés et Zombies est une lecture rafraîchissante, qui ne changera pas ma vie, mais qui m'a fait passer un bon moment à imaginer les héroïnes de Jane Austen, sans doute un peu irrévérencieuses mais peu portées sur la bagarre apocalyptique dans l'original, confrontées à une invasion de morts-vivants. Peut-être devrais-je aussi me mettre à un autre roman dans la même veine, Raison et Sentiments et Monstres marins (en anglais Sense and Sensitivity and Sea Monsters) ?
En attendant, un film adapté du livre est prévu pour une date encore indéterminée de 2015. Les zombies n'ont pas encore fini d'envahir nos écrans (de cinéma et de liseuse)...
Matt Smith interprétera Mr Collins dans l'adaptation d'Orgueil et Préjugés et Zombies - Photo par Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America [CC BY-SA 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

dimanche 8 février 2015

L'instant steampunk

Je viens de finir un StoryBundle à thème steampunk que j'avais téléchargé il y a déjà un moment. (Il y a en ce moment d'autres StoryBundles qui me font les yeux doux, mais j'en ai encore un autre à lire avant de passer à la suite.)
Petit rappel : le steampunk, également qualifié en français de "futur à vapeur" voire de "rétro-futur", est un sous-genre de la science-fiction ou du fantastique (souvent à la croisée des chemins entre les deux) supposant que l'électricité et l'électronique telles qu'on les connaît ne se soient pas ou peu développées, et que la machine à vapeur, reine de la révolution industrielle de la fin du XIXe siècle, soit toujours la technologie dominante.
Même si ce n'est pas toujours le cas, l'univers steampunk peut ajouter à l'uchronie une touche de "magie", ou une science ou une technologie improbable ayant émergé et éventuellement étouffé d'autres sciences qui auraient pu mener à un monde "normal". Ainsi, les Drifting Isle Chronicles ajoutent une île flottant au-dessus des nuages, et un mystérieux carburant surpuissant nommé "mercure noir" (black mercury) qui s'avère par la suite avoir des propriétés magiques. Dans Illumination Paradox de Jacqueline Garlick, des "illuminateurs" (illuminators), se rapprochant des premières machines de radioscopie, possèdent des propriétés bien plus extraordinaires que celles que l'on prêtait à la radioactivité au début du XXe siècle.
Le steampunk se caractérise également par une esthétique particulière et très reconnaissable, inspirée par Jules Verne et les auteurs de science-fiction de la même époque (comme le trop méconnu Albert Robida), où d'invraisemblables machines côtoient la mode et l'architecture de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Le steampunk pourra ainsi nous montrer une variante unchronique de l'exposition universelle de 1889 où aux pieds de la tour Eiffel, des dames en robe longue et des messieurs moustachus en smoking s'émerveilleront sur un "télectroscope" ou une "machine de Babbage" fonctionnelle... Le steampunk s'est même plus ou moins détaché de la littérature pour devenir une mode à part entière, proche du gothique et où prédominent des accessoires à base de laiton, de rouages d'horlogerie, de fluides colorés et d'énormes lunettes dignes des pionniers de l'aviation.
En bref, le steampunk est un monde à part, hors du temps, que tous les amateurs d'évasion devraient aller visiter... un peu plus qu'un instant.
Ordinateur steampunk - Par Lassmiranja (Travail personnel) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons - http://www.steampunker.de
Chien-robot steampunk - Par Loz Pycock [CC BY-SA 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons - J'ai un coup de cœur pour celui-là, puisque c'est une réinterpétation steampunk de K-9, le chien-robot de Doctor Who ;)

samedi 17 janvier 2015

Le Don d'Osiris en librairie ! Et la suite..

Et voilà, c'est fait : comme je l'avais annoncé en fin d'année dernière, Le Don d'Osiris est disponible depuis le 15 janvier chez Le Peuple de Mü. Il peut être commandé soit directement sur le site de l'éditeur (qui vous proposera des "packs" papier + e-book au format de votre choix), soit dans toute librairie physique ou en ligne : j'ai déjà pu constater sa présence notamment sur Amazon, ainsi que sur d'autres librairies en ligne, où il est disponible également au format EPUB ou PDF. Vous pouvez retrouver le lien sur le menu de droite.
Cependant je ne m'arrête pas en si bon chemin. Pour fêter la sortie du Don d'Osiris, je viens de sortir la version 2.0 de mon BookPack, qui inclut la version corrigée de De Charybde en Scylla :  après le NaNoWriMo, je n'avais pas touché au texte, et l'ayant écrit en un mois avec la vitesse qu'on imagine, j'y avais forcément laissé quelques erreurs, allant de la simple ponctuation à un mot carrément remplacé par un autre qui n'avait même pas une vague ressemblance de sens.
Et Le Don d'Osiris aura un jour des successeurs, puisque je travaille toujours à l'écriture de L'étrange affaire Nottinger. Je suis actuellement à un moment plutôt crucial, celui où l'écriture piétine. J'ignore encore si c'est mon travail qui siphonne toute ma concentration, ou si quelque chose dans l'histoire manque de fluidité, mais j'essaie de relancer le projet en y adjoignant autre chose sur le même thème, et qui me permettra de me plonger plus avant dans la complexe famille Nottinger : une série de nouvelles mettant en scène le représentant de chaque génération de la famille Nottinger ; et je commence par le fondateur Edward Percy, dont l'histoire explorera la face cachée de la bonne société victorienne, cependant avec moins de monstres que dans De Charybde en Scylla.

dimanche 26 octobre 2014

Don d'Osiris et NaNoWriMo

Cela faisait longtemps que je n'étais plus venue publier ici, mais j'avais une bonne raison : j'étais très occupée d'abord par mon travail, mais aussi à retravailler Le Don d'Osiris qui devrait être publié en janvier 2015 par Le Peuple de Mü (qui sont d'ailleurs en ce moment même aux Intergalactiques de Lyon).
J'en donnerai des nouvelles plus tard, au fur et à mesure. Mais maintenant que le gros travail de réécriture est terminé et que novembre approche, je me prépare désormais à mon premier NaNoWriMo. Né aux États-Unis, le NaNoWriMo est un défi d'écriture consistant à écrire un roman d'au moins 50000 mots entre le 1er novembre à 0h et le 30 novembre à minuit. Le défi est de taille pour moi, quand on sait par exemple que L'étrange affaire Nottinger, que j'ai commencé à la fin de l'année dernière, n'a pour l'instant que péniblement dépassé les 40000 mots (mais il n'est pas terminé), et que Le Don d'Osiris qui m'a également pris beaucoup de temps n'en contient qu'environ 48000.
Je ne me lance pas les yeux fermés dans le NaNoWriMo : mon roman s'appellera De Charybde en Scylla et racontera les aventures terrifiantes... d'un groupe de jeune ladies dans un pensionnat victorien. Si l'histoire est terrifiante, c'est parce qu'elle flirte (tout comme L'étrange affaire Nottinger) avec les mondes de Lovecraft, et que des monstres millénaires vont très vite faire leur apparition dans cette antichambre de la bonne société polie et ennuyeuse.
De Charybde en Scylla se présentera sous la forme du journal de l'héroïne, journal dont j'ai déjà noté un aperçu du contenu pour 11 jours. Mes notes s'étofferont au fur et à mesure, mais novembre approche à grands pas.
Couverture de De Charybde en Scylla. Cliquez ici pour voir son avancement sur le NaNoWriMo.