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dimanche 5 janvier 2025

2024 en écriture

Comme tous les ans, il est temps de faire le bilan, et je le trouve plus qu'en demi-teinte cette année.

Bien entendu, il s'est passé des choses en 2024. Après la publication d'Agents provocateurs au tout début de l'année, l'Alchimiste a tiré son épingle du jeu avec plusieurs nouveaux épisodes pour la saison 2 de ses aventures : le diptyque La croisière abuse / La planète menace, arrivé rapidement en mars et très important dans l'histoire, suivi par L'horizon d'un voyage en mai puis Les deux faces du bonheur en août. Mais depuis, il semble plus difficile de trouver de nouvelles aventures pour l'Alchimiste.

J'ai pourtant bénéficié de deux Camps NaNoWriMo, bien qu'un peu réduits pour s'adapter au ralentissement de mon rythme, un en avril et un en juillet (mes JO d'écriture à moi), et leur bilan est plutôt bon, mais rien n'y fait : en-dehors de ces défis, je n'arrive pas à reprendre le rythme d'avant. Plusieurs Writever ont aussi jalonné cette année, donnant lieu chacun à un recueil de Micronouvelles, en janvier/février, en mars, en octobre et pour finir en décembre, le dernier qui vient d'être publié.

Il y a aussi des projets inachevés qui s'accumulent, Le chef des gardes fumait trop (une nouvelle aventure de Conan le détective barbare), la saison 2 de Capitaine Quantum, et aussi et surtout La Vierge de métal, toujours au point mort malgré diverses tentatives de le remettre en route. Il a pourtant été au programme des deux Camps NaNoWriMo sus-mentionnés, et je suis même allée jusqu'à passer quelques jours à Avignon et ses environs pour m'imprégner des lieux où se déroule l'histoire. J'ai vu le Palais des Papes, les routes et les fleuves, et même les falaises où pourraient se cacher Adam Lumière et l'Hérésie Électrique, mais je n'ai toujours pas réussi à faire une avancée significative dans l'écriture de La Vierge de métal.

Est-ce qu'il me faudrait une meilleure encre pour écrire ? (Le problème, c'est que sur ordinateur, ça ne fonctionne pas bien...) - Par Eugène Grasset [Domaine public], via Wikimedia Commons
Peut-être que je suis tout simplement freinée par le fait que la publication et le lectorat ne suivent pas. Côté édition, la seule grande nouvelle de l'année 2024 est la publication d'Orgone Tour en e-book sur Vivlio Studio, et encore, elle ne me satisfait qu'à moitié, à cause des circonstances chaotiques dans lesquelles elle a été faite : annoncée au dernier moment, rétractée puis re-confirmée, et accompagnée d'un raté technique puisqu'il a fallu plusieurs jours pour que le livre soit enfin visible sur le site. J'espère que ce sera mieux quand ce sera enfin le tour de Capitaine Quantum de sortir en e-book, mais je n'ai toujours pas de date pour cette sortie.

Je ne suis pas restée inactive cette année vis-à-vis des éditeurs, j'ai même envoyé Celle qui règne sur les crotales à un nouvel éditeur (la nouvelle avait été refusée par ceux pour qui elle avait été écrite) et Moortopia est chez pas moins de deux éditeurs différents. Malheureusement, je ne vais pas pouvoir tenter de faire monter les enchères entre les deux, vu que ni l'un ni l'autre n'a jusque-là manifesté son intérêt.

2024 a aussi vu l'extinction de deux sites sur lesquels je publiais, InLibroVeritas et Muple, ce qui n'a pas aidé à ma visibilité. La suppression de mon compte Twitter non plus, même si je l'ai fait volontairement et pour de très bonnes raisons. J'essaie cependant de renforcer les liens avec les communautés d'auteurs sur Mastodon, mais c'est encore très dispersé et la promotion n'y est pas toujours bien vue. Ça ne me plaît pas plus que cela non plus, mais vu que personne ne semble disposé à me mettre en avant, il faut bien que je le fasse moi-même...

Enfin, m'apitoyer sur mon sort n'y changera rien. Il faut que je reprenne l'écriture de La Vierge de métal, il commence à y avoir urgence, ce projet traîne depuis trop longtemps. S'il entraîne l'Alchimiste ou le Capitaine Quantum dans son sillage, ou s'il se fait traîner par eux, peu importe, il faut que je fasse quelque chose si je ne veux pas que tout cela se tarisse définitivement. Ce serait vraiment dommage de cesser d'être un écrivain alors que je ne suis pas sûre d'avoir vraiment commencé à en être un...

jeudi 4 janvier 2024

2023 en écriture

Après 2022 et la publication de Capitaine Quantum sur Vivlio Stories, 2023 pourrait avoir l'air d'une année calme voire décevante, mais cette année a été l'occasion de quelques défis et de quelques réussites.

Au nombre des défis, il y a d'abord eu le Camp NaNoWriMo en avril, et s'il a été un peu particulier, il m'a permis de bien faire avancer plusieurs textes. Il a été accompagné de deux Writever pendant les mois de juin et de septembre, qui ont été chacun l'occasion de publier un nouveau recueil de Micronouvelles incluant également des HebdoCubes.

Les autres principales publications, c'est l'Alchimiste qui a vu ses aventures se prolonger, d'abord avec la fin de sa première saison dans Les anges du futur et Le démon du passé, puis avec une seconde saison mettant en scène une nouvelle Alchimiste, un nouveau compagnon (et le retour d'anciens) et surtout de nouveaux ennemis. Quatre épisodes de cette nouvelle saison ont vu le jour, et l'élaboration d'un nouveau double épisode, La croisière abuse / La planète menace, est toujours en cours.

Une autre nouvelle est à noter : Celle qui règne sur les crotales, publiée dès janvier et plus appréciée par les lecteurs que par le jury de l'appel à textes à qui je l'avais envoyé. Agents provocateurs, ma nouvelle non-officielle dans l'univers de Doctor Who, est un peu à cheval entre les deux années puisque son écriture a eu lieu en 2023, mais elle n'a finalement été publiée qu'au tout début de 2024.

Pas de nouvelle publication de roman, mais en parallèle de tout cela, le roman La Vierge de métal a bien avancé, pendant le Camp NaNoWriMo et en-dehors, mais sans être encore terminé. L'histoire se prolonge et j'arrive à la dernière partie, mais j'aurais besoin d'un peu de motivation supplémentaire pour terminer. Le Camp NaNoWrimo m'a beaucoup aidée en 2023 et son récapitulatif de fin d'année m'a remplie de fierté. Je compte donc en faire un autre en 2024, et peut-être même deux, sur le même principe que celui d'avril 2023.

Je continue d'écrire, et l'année 2024 commence avec un nouveau Writever en janvier, qui donnera lieu comme les autres à un sixième recueil de Micronouvelles. Les aventures de l'Alchimiste vont aussi continuer avec le double épisode La croisière abuse / La planète menace que j'espère terminer bientôt. Et pourquoi pas réessayer de publier ? Les éditeurs L'Atalante et 1115 rouvrent leurs soumissions en ce début d'année ; L'Atalante a déjà refusé Moortopia il y a quelque temps, mais je pourrais envoyer quelques textes à 1115...

La concentration est de mise pour les Micronouvelles et pour le reste... - Par Coles Phillips [Domaine public], via Wikimedia Commons

samedi 11 novembre 2023

Comment soutenir mon écriture

En tant qu'autrice de science-fiction et de fantastique, je préfère parler des autres mondes, mais nous vivons dans un monde bien réel, où les motifs de satisfaction sont parfois rares. Être écrivain n'est pas facile, surtout dans un monde où on encourage la compétition et où, même inconsciemment, les gens se tournent en priorité vers les best-sellers qui, comme leur nom l'indique, n'ont pourtant pas besoin de se vendre davantage. A côté de cela, il y a les auteurs et les livres que personne ne connaît, et vous le savez sans doute déjà, je fais partie de la seconde catégorie. Je ne pense pas rejoindre un jour la première, mais tout soutien est bon à prendre quand on part quasiment de zéro.

Alors, concrètement, comment pouvez-vous soutenir mon écriture ?

Acheter mes livres en numérique

C'est le moyen le plus simple et le plus logique de soutenir un écrivain : acheter ses livres. Les plus importants sont tous disponibles en numérique, vous n'aurez donc même pas besoin d'attendre qu'on vous les envoie : cliquez, payez, téléchargez, lisez !

Je rappelle les liens ici :

Alva & Eini : https://www.atramenta.net/ebooks/alva-et-eini/86 (3,99€)

Le don d'Osiris : https://www.leslibraires.fr/ebook/9782354089238/le-don-d-osiris-claire-billaud-mnemos (7,99€)

L'étrange affaire Nottinger : https://www.leslibraires.fr/ebook/9782354089351/l-etrange-affaire-nottinger-claire-billaud-mnemos (9,99€)

Acheter L'étrange affaire Nottinger en papier

Officiellement retiré de la circulation, L'étrange affaire Nottinger est officieusement toujours disponible en quelques exemplaires papier chez moi. Si vous le voulez, il vous suffit de me le demander par e-mail (cl.billaud@gmail.com), je vous fais grâce des frais de port, il sera à 19€ et rien de plus. La dédicace pour vous ou vos proches est ajoutée gratuitement sur demande.

Les stocks sont là, n'hésitez pas à demander le vôtre !

S'abonner ou acheter mes séries sur Vivlio Stories (ex-Doors, ex-Rocambole)

C'est par là qu'il faut passer pour lire mes séries Orgone Tour et Capitaine Quantum. Comme sur Netflix et assimilés, un petit abonnement vous sera demandé mais il est résiliable à tout moment (vous pouvez aussi le garder, en attendant de futures nouvelles séries ou pour lire toutes celles qui sont disponibles). Un seul lien pour les trouver toutes : https://www.vivlio.com/stories/

Faire un don libre

Si vous avez déjà tous mes livres, vous pouvez encore me soutenir en faisant un don libre et gagner ainsi ma gratitude éternelle ! C'est très simple, il suffit d'utiliser le lien Paypal qui permet aussi de donner directement par carte bleue : https://www.paypal.com/paypalme/ClaireBillaud

Et si vous n'avez vraiment pas d'argent à dépenser... 

Les choses sont bien faites, il vous est possible de me lire sans dépenser un centime et sans avoir recours à des moyens illégaux. Allez voir du côté de mon BookPack dans les liens à droite. J'apprécierais dans ce cas un commentaire ici même (les commentaires sur ce blog sont rares, les commentaires non-spam encore plus), sur les boutiques en ligne, sur Atramenta ou sur Muple, ou même via mon adresse e-mail plus haut : si c'est pour me remercier ou pour me soutenir, croyez bien que vous ne me dérangerez jamais !

Parler de ce que vous avez lu à vos proches, à vos ami(e)s ou sur les réseaux sociaux est aussi essentiel, ce ne sont que quelques mots mais qui peuvent signifier beaucoup. N'hésitez jamais à le faire, c'est la base du soutien à un auteur, surtout un auteur pas très connu.

Faites passer le mot, tout simplement ! - Par Gdore, CC BY-SA 3.0 [https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0], via Wikimedia Commons

jeudi 5 janvier 2023

Parée pour 2023

Il est encore trop tôt pour savoir ce que 2023 me réserve, mais en attendant, on ne change pas une équipe qui gagne : après 2021 et 2022, c'est encore une fois un agenda de The Happy Planner au thème stellaire qui m'accompagnera pour cette année.

J'ai bien failli manquer au rendez-vous, car les thèmes stellaires n'étaient guère à l'honneur sur la boutique en cette fin d'année 2022. Les rares qui étaient proposés ne me convenaient pas soit par leur organisation intérieure soit par autre chose, et ce n'est qu'en décembre que j'ai enfin pu rencontrer l'agenda qu'il me fallait. Un agenda qui n'est pas réellement pour 2023 puisqu'il s'agit pour une fois d'un agenda non daté, sur lequel j'ai dû compléter moi-même les dates. A la suite d'une imprécision dans les descriptions, les stickers de dates que j'ai achetés à cet effet (auprès d'un autre fournisseur) étaient en fait en quantité suffisante pour 5 ans et non un seul, ce qui me permettra de me procurer 4 autres agendas non datés dans les années à venir sans frais de stickers supplémentaires...

Les couvertures des agendas stellaires de 2021, 2022 et 2023, de gauche à droite.

Autre bizarrerie, la mise en page de cet agenda non daté doit supposer que tous les mois de l'année font 31 jours et commencent un dimanche, car après avoir mis les dates en place, je me suis retrouvée avec plusieurs pages de semaines surnuméraires, quasiment de quoi faire un petit agenda de plus même s'il n'irait pas très loin.

Enfin l'agenda est prêt pour cette année 2023 qui commence, et je suis bien contente d'avoir pu le trouver, je crois qu'il aurait manqué quelque chose sans cet agenda qui invite à "regarder vers les étoiles". Les étoiles, c'est la science-fiction, c'est Capitaine Quantum dont j'espère m'occuper de la saison 2 cette année, c'est The Expanse dont je mélange la lecture et le visionnage depuis l'année dernière, et surtout, ce sont ces petites lumières dans le ciel qu'on aime à contempler quand il fait beau pour rêver d'un monde meilleur. Elles m'accompagneront tout au long des projets de cette année, et il faut pour commencer que j'y inscrive un rendez-vous important en février avec une autre étoile, qui m'a inspiré Orgone Tour et d'autres textes : Lewis Capaldi.

Une page intercalaire choisie pour chaque agenda. J'aime particulièrement certains intercalaires pour 2023.

mardi 21 décembre 2021

Préparatifs pour 2022

L'année 2021 se termine et je pars bientôt en vacances de fin d'année, encore une fois dans une drôle d'ambiance à cause de la pandémie : mon chéri insiste pour qu'on prenne nos ordinateurs professionnels avec nous, au cas où un nouveau confinement ou un cas positif nous obligerait à ne pas rentrer tout de suite chez nous.

Cela n'empêche pas que 2022 arrive, et comme pour 2021, je me suis déjà procuré un agenda de The Happy Planner sur le thème des étoiles, avec des paillettes partout et un texte de couverture qui annonce la couleur : "Follow the stars", c'est-à-dire "Suivre les étoiles".

L'agenda fermé, avec "Follow the stars" en couverture.

L'agenda ouvert, avec des décorations et un slogan plein d'optimisme : "Plan a happy life".

"Suivre les étoiles", ce sera un peu ma devise pour le début de 2022 au moins, avec la publication de ma nouvelle série de science-fiction Capitaine Quantum sur Doors le 18 janvier. Je travaille déjà à une deuxième saison dont le synopsis est déjà bien avancé : la seule chose qui manque, et évidemment la seule que je ne peux absolument pas contrôler, c'est un succès suffisant pour la saison 1. J'ai été invitée à un podcast de lecture le 13 février, l'occasion idéale pour lire un ou deux épisodes de Capitaine Quantum et attirer un peu l'attention sur la série, à condition d'arriver à me persuader que ma voix n'est pas horrible... ou de trouver quelqu'un qui ait fait un peu de théâtre et qui arrive à faire la lecture à ma place.

Ensuite, qui sait ce qui arrivera. Même en suivant les étoiles, c'est difficile de faire des plans sur la comète pour cette année 2022, avec en guise de cadeau de bienvenue une nouvelle vague épidémique et un nouveau variant nommé Omicron, dont le nom rappelle beaucoup trop celui de l'ennemi de l'Alchimiste...

En attendant, joyeuses fêtes à tout le monde, et rendez-vous en 2022 pour la suite !

mercredi 21 juillet 2021

Encore une histoire de Wikipédia (et d'argent)

Après les salariés/stagiaires qui écrivent sur leur entreprise et les étudiants qui font leurs devoirs, Wikipédia est la cible d'une nouvelle catégorie de population cherchant à l'utiliser à des fins n'ayant rien à voir avec ce pour quoi elle a été conçue : les influenceurs qui veulent certifier leur compte.

En effet, il est possible notamment sur Twitter de "certifier" son compte, c'est-à-dire de faire marquer par le réseau social que le profil correspond bien à la personne identifiée. Cette certification est normalement réservée aux personnes physiques et morales connues, comme les grandes entreprises ou les célébrités, notamment pour éviter que leur identité soit usurpée par des "fans" plus ou moins bien intentionnés. Pour cela, il faut entre autres confirmer que les médias parlent bien de la personne concernée, et l'un des moyens de le faire est d'indiquer au réseau social la présence de son article sur Wikipédia. Jusqu'ici tout va bien, puisque cela rejoint les principes de Wikipédia : on ne peut y avoir un article que si la presse ou des ouvrages ont déjà fait le travail.

Sauf que la notion de célébrité est différente pour tout le monde, et que pour voir leur compte certifié et donc leur crédibilité sur les réseaux sociaux augmenter, certains influenceurs tentent d'avoir leur article Wikipédia à tout prix, y compris en n'ayant rien d'autre que leur nombre de followers à avancer comme critère de notoriété. Et quand l'article est logiquement supprimé car il ne suffit pas d'avoir des followers pour être célèbre (d'autant plus que leur nombre peut être facilement gonflé à coups de bots ou de fermes à clics), le "à tout prix" est parfois pris au pied de la lettre, avec ici une tentative de corruption d'un administrateur, alors que ces derniers luttent (entre autres) contre les abus des contributions rémunérées.

Il est parfaitement inutile de tenter ce type de manoeuvre, ne serait-ce que parce que la corruption est illégale et immorale. Si cela ne suffit pas pour vous arrêter, le risque de perdre de l'argent le fera peut-être : même en supposant que l'administrateur ait été corruptible et accepte de laisser l'article tranquille pour 10000€, rien n'aurait empêché une autre personne pas du tout au courant de la transaction de le supprimer immédiatement après. Difficile dans ce cas de faire une réclamation en expliquant que la somme versée avait pour but de contourner les règles de Wikipédia...

Faut-il le rappeler, ne payez jamais pour avoir votre article sur Wikipédia. Que ce soit un administrateur qui risquerait sa place en cédant à ce genre de manoeuvre, ou une agence de communication qui vous prendra des mille et des cents en vous promettant un article de qualité et un bon référencement, mais qu'on retrouve régulièrement sur le Forum des nouveaux demandant l'avis de personnes expérimentées sur des articles ne répondant ni sur le fond ni sur la forme aux critères.

Si vous n'êtes pas dans les critères, quelle que soit la somme que vous mettrez en jeu, vous n'aurez pas d'article. Si l'absence d'un article vous empêche d'obtenir la certification de votre compte Twitter ou Facebook... eh bien, vous avez vécu sans jusque-là, vous pouvez continuer de le faire un peu plus longtemps.

Notez que Wikipédia ne dépend pas de revenus publicitaires (et c'est une des raisons pour lesquelles les contributions rémunérées ou "sponsorisées" y sont mal vues), et qu'il est toujours possible, et de bon ton, d'y faire un don. Cependant un don est par définition désintéressé, et ne fait donc pas de vous un "client" à qui Wikipédia devrait un "service" en retour : inutile d'essayer d'utiliser un don comme argument pour avoir votre article. Faites quelque chose dont on parle, gagnez de l'influence hors des réseaux sociaux proprement dits, et peut-être qu'un jour, quelqu'un créera votre article sans que vous n'ayez besoin de le faire vous-même. Bon courage !

Donnez à Wikipédia si vous voulez, mais donner, c'est donner ! - Par Kasuga~enwiki, CC BY-SA 3.0 [http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/], via Wikimedia Commons

mardi 20 octobre 2020

Préparatifs pour 2021

Moi et les agendas, c'est une histoire compliquée. J'avais essayé d'en utiliser un pour l'année 2016, avec au final des résultats assez mitigés malgré mon enthousiasme initial.

Mais est-ce parce qu'on termine une année difficile avec l'envie que la prochaine soit mieux (quoiqu'il y a aussi eu au moins une bonne nouvelle pour moi en 2020), parce que je n'ai pas envie de rester sur un échec dans ce domaine, ou tout simplement parce que je suis tombée raide dingue des agendas et stickers de The Happy Planner ? Toujours est-il que j'ai décidé de retenter le coup en 2021.

Découverts au hasard d'une recherche de stickers pour mon courrier sur Amazon, les produits made in California de The Happy Planner m'ont donc tapé dans l'oeil, en particulier quand je suis tombée sur leur collection intitulée The Stargazer. Traduite par "L'idéaliste" (les emballages incluent une description en français, qui n'est pas toujours d'une qualité exceptionnelle mais qui a le mérite d'exister venant d'un produit américain), The Stargazer signifie littéralement "celle qui contemple les étoiles", ce qui me correspond parfaitement. Et quand on voit la mise en page colorée et brillante à base d'astres et de constellations, difficile de ne pas craquer !


Afin d'avoir tout ce qu'il me faut et d'éviter de multiplier les expéditions depuis l'étranger, j'ai commandé non seulement l'agenda mais aussi un gros carnet de stickers assortis permettant de le décorer et de marquer les jours importants, ainsi qu'un pack d'accessoires, avec des autocollants supplémentaires mais aussi une pochette pour ranger d'autres affaires, un marque-page rigide et des pages supplémentaires à inclure dans l'agenda pour écrire des notes ou tout ce qu'on veut.

En plus de tout cela, j'ai aussi acheté ce pourquoi j'avais découvert The Happy Planner à l'origine : d'autres stickers n'ayant rien à voir avec l'agenda, uniquement destinés à décorer mes futurs courriers (non photographiés ici).

Je suis donc prête pour l'année 2021 en espérant qu'elle sera bonne. J'ai l'agenda et son contenu pour me mettre des étoiles et des couleurs dans les yeux et pour m'inspirer des pensées positives. Maintenant c'est à moi de trouver de quoi le remplir : des nouveaux projets de séries comme Orgone Tour Galactic, des concerts, festivals et autres sorties quand la fin de la pandémie nous le permettra, ou d'autres choses encore ?

Il est peut-être encore un peu tôt pour se souhaiter une bonne année 2021, croisons au moins les doigts pour qu'elle soit meilleure que celle qui se termine. En attendant, je vous laisse admirer quelques petites illustrations étoilées et citations positives qui m'accompagneront tout au long de cette prochaine année.

Et pour être vraiment optimiste : si j'utilise bien mon agenda en 2021 et que j'ai envie de le prolonger, The Happy Planner propose aussi des "packs d'extension" pour y ajouter 6 mois à 1 an supplémentaires... Rendez-vous en décembre 2021 pour le savoir.

lundi 17 août 2020

Attention au "compte d'auteur déguisé" !

J'avais publié en mai dernier un article sur la nécessité de fuir les "maisons d'édition" à compte d'auteur, c'est-à-dire celles qui demandent des frais d'édition (parfois très élevés) à l'auteur, pour un résultat généralement décevant car une fois l'argent encaissé, elles ont eu ce qu'elles voulaient et ne font pas plus d'investissement sur la promotion ou la diffusion du livre.

Même s'il y a toujours des gens pour se faire prendre à ce type de piège, généralement tendu avec pour appât une bonne dose de flatterie sur le livre (quelle que soit sa qualité réelle) et la promesse d'un succès facile, je pense qu'avec toute l'information désormais disponible en ligne, il y a quand même un peu plus de circonspection, et beaucoup d'auteurs, échaudés ou simplement prévenus, y regardent désormais à deux fois. Les maisons ont donc adapté leur stratégie, et certaines pratiquent désormais ce qu'on appelle le compte d'auteur déguisé.

La maison se présente comme à compte d'éditeur, en insistant tellement sur ce point que cela en devient suspect, un peu comme la "République démocratique et populaire de Corée du Nord" : s'il faut le préciser avec autant d'insistance, il y a un loup !

Ce n'est pas le seul élément qui peut vous mettre la puce à l'oreille. Généralement, le compte d'auteur déguisé s'adresse davantage aux auteurs qu'aux lecteurs (ce sont ceux qui leur procurent leurs revenus), leur site regorgera donc d'informations pour publier son manuscrit mais aussi le mettre en page et d'autres conseils, en revanche, on cherchera la rubrique qui présente les livres déjà publiés et pourquoi ils devraient susciter l'intérêt du lecteur. Chez un véritable éditeur à compte d'éditeur, c'est l'inverse : on met en avant les livres publiés, et une rubrique annexe indique comment et sous quelles conditions soumettre son manuscrit.

Ce qui tente de faire passer le compte d'auteur déguisé pour du compte d'éditeur, c'est que contrairement au compte d'auteur qui ne se cache pas, on ne demande pas de frais d'édition à l'auteur. En revanche, au moment de l'établissement du contrat et dans le cadre de la "participation de l'auteur à la promotion de son ouvrage", on demande à l'auteur d'acheter un nombre non négligeable (et non négociable) d'exemplaires, et ce à plein tarif !

La manoeuvre est finalement identique au compte d'auteur, même si le procédé est différent : à travers l'achat de ces exemplaires, qui sont sûrement les seuls réellement imprimés, c'est l'auteur qui paye l'édition. Quant à "l'éditeur", une fois cette formalité acquise, il est rentré dans ses frais et n'a plus aucun intérêt à investir davantage dans le livre pour des résultats incertains. Livre qui n'apparaîtra donc nulle part (parfois même pas sur le site de "l'éditeur") et sera introuvable à part pour les quelques personnes qui le cherchent vraiment ; si du moins elles le cherchent, car il y aura de grandes chances qu'elles fassent partie des destinataires des fameux 50 exemplaires. Pour information, et a contrario, les maisons à compte d'éditeur proposent généralement à l'auteur quelques exemplaires gratuits (le nombre varie selon les moyens et la politique de la maison, le minimum est 1), ainsi que la possibilité d'acheter son ouvrage à un prix réduit exonéré des droits d'auteur.

Une autre variante dont on m'a informée est de demander une "avance" sur les frais d'édition, en promettant qu'elle sera remboursée dès que les ventes du livre l'auront couverte, ce qui ne sera évidemment jamais le cas. Pour information, en compte d'éditeur, l'avance (qui s'appelle "à-valoir") se fait dans l'autre sens : l'éditeur verse à l'auteur une somme fixe convenue dans le contrat au moment de la publication, puis si les droits d'auteur issus de la vente du livre sont supérieurs à cette somme, le reste sera versé au fur et à mesure par la suite. Cet à-valoir est facultatif, et selon leurs moyens ou les risques associés à la publication, tous les éditeurs ne le font pas, mais ce n'est jamais à l'auteur de "prêter" ses futurs revenus.

Dans tous les cas, et quelle que soit la manière de le faire, ne payez pas pour faire éditer votre livre, à moins d'être absolument certains de ce que vous faites. Vous enrichiriez des "éditeurs" douteux à votre détriment et celui de votre livre.

Si vous reconnaissez un compte d'auteur déguisé, fuyez ! - Par Wiki-vr [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], via Wikimedia Commons


mardi 5 mai 2020

Considérer le bien comme "normal" ?

Il ne sera pas question d'écriture aujourd'hui, bien que cet article pourrait donner des idées sur la manière de décrire des comportements.
C'est une tendance que j'ai pu constater à de nombreuses reprises : on a tendance à minimiser les bonnes choses qui nous arrivent ou arrivent plus ou moins autour de nous, à se dire "mais pourquoi dire que c'est bien, c'est quand même le minimum, ce que tout être humain normal devrait faire", voire à considérer les bonnes actions ou les efforts des autres comme suspects ou montés en épingle, avec cette phrase assez typique "il/elle ne veut pas une médaille pendant qu'on y est ?"
Quand bien même certaines bonnes actions seraient intéressées (il est rare d'être totalement désintéressé, même si l'action contient parfois sa propre récompense comme on va le voir plus loin), je pense qu'il ne faut pas considérer systématiquement les choses bien comme "normales". C'est une tendance qu'on nous inculque souvent dès l'enfance à faire remarquer les erreurs et considérer ce qui est bien fait comme "normal", et dont j'essaie de me débarrasser.

D'abord, parce qu'objectivement, non, ce n'est pas normal. On ne vit (malheureusement) pas dans un monde parfait, et tant que ce sera le cas, le bien n'y sera pas plus "normal" que le mal. On espère bien évidemment qu'il est plus répandu, mais cela n'en fait pas la "valeur par défaut".

Ensuite, parce que chacun.e a son propre vécu et sa propre définition du "normal" (et du "parfait" aussi...), ce qui signifie que ce qui est (ou devrait être) normal pour vous ne l'est pas forcément pour quelqu'un d'autre. Cela peut lui demander des efforts que vous ne soupçonnez pas, de se remettre en question ou de sortir de sa zone de confort. Si le seul résultat des efforts en question est de se heurter à des remarques du genre "c'est le minimum quand même", "ce n'est pas assez" ou encore "tu veux une médaille ?", il est fort possible que la prochaine fois, il/elle ne fasse pas tant d'efforts : le résultat sera le même mais en dépensant moins d'énergie. Ce qui, n'en déplaise à quiconque, fait aussi partie du comportement "normal" d'un être humain.
Il ne s'agit pas forcément de demander une médaille pour reprendre l'expression si chère à certain.e.s, mais il y a tout un nuancier entre reconnaître que quelqu'un va dans le bon sens et lui décerner la Légion d'honneur. Dire simplement "c'est bien" participe à ce que les psychologues appellent le renforcement positif : un stimulus positif, agréable, même léger ou symbolique, augmente fortement les chances de répéter un comportement. A l'inverse, un stimulus désagréable ou pas de stimulus du tout ne va pas encourager ce comportement, et peut-être stopper net un effort qui, pour insuffisant qu'il soit, aurait pu être la première étape de quelque chose de plus important. Plutôt que dire "ce n'est pas assez", "c'est la base", essayez de dire "c'est bien, maintenant tu peux aussi essayer de faire ça ou ça, ce sera encore mieux". Aucune médaille à la clé, juste un encouragement à répéter et amplifier un mouvement qui tend à ce qu'au fond, on souhaite, et qu'on ne doit donc pas décourager !

En plus d'être bon pour les autres, ne pas minimiser le bien est bon pour vous aussi. Car à force de ne remarquer ou faire remarquer que le mal et ignorer le bien parce qu'il serait "normal", on finit par tomber dans un biais cognitif où on remarque de plus en plus le mal et où on ignore de plus en plus le bien, et à force, on risque de ne plus voir que le mal, voire de le chercher partout en continuant d'ignorer le bien, dont on n'arrive plus à profiter sans le trouver insuffisant, voire suspect, quand on ne se contente pas de le balayer complètement pour une mauvaise chose qui en contrebalancerait plusieurs bonnes.

Il ne faut jamais oublier que rien dans ce monde n'est complètement bon ni complètement mauvais, et que ne voir que le mal est tout autant une erreur que ne voir que le bien. Les deux doivent être remarqués et utilisés comme des moyens de progresser, chacun à leur manière.
Merci Docteur : "Toute vie est une somme de bonnes choses et de mauvaises choses. Les bonnes choses n'adoucissent pas toujours les mauvaises, mais vice et versa, les mauvaises ne gâchent pas toujours les bonnes, et ne les rendent pas sans importance."

vendredi 25 octobre 2019

Les personnages méchants

J'avais envie d'en parler depuis quelque temps, voici donc un petit billet sans prétention sur les personnages méchants et ce que j'en pense.

Un personnage méchant, c'est problématique ?

Derrière ce titre volontairement provocateur, il y a une discussion bien réelle qui a eu lieu il y a peu de temps sur Twitter sur le fait de reprocher à un auteur de mettre en scène un personnage "pas safe". En mettant de côté le fait que chacun a une sensibilité différente et que tout le monde n'estimera pas forcément de la même manière si un personnage est "safe" ou pas, faut-il se poser la question de savoir si c'est "bien" d'avoir des personnages méchants dans l'histoire, et si on peut reprocher à un auteur de mettre en scène des êtres peu recommandables ?
Pour moi, il n'y a pas à balancer : il faut des personnages méchants dans l'histoire, justement pour l'histoire. "Les gens heureux n'ont pas d'histoire" dit le proverbe, et de même, les personnages qui n'ont pas d'obstacles à vaincre, qui ne font pas face à l'adversité, ne vivent pas une histoire intéressante. Bien sûr, il reste possible de faire une histoire sans méchants, en particulier dans les livres destinés aux jeunes enfants, mais passé un certain âge, on a vite fait le tour de la question. Les adversaires sont les principaux producteurs de péripéties, de rebondissements, de tout ce qui fait le rythme d'une histoire, et pour moi il n'y a pas plus de sens à reprocher à un auteur de créer des méchants, qu'à lui reprocher de créer une histoire.
Il faut peut-être le redire à ceux qui ont tendance à confondre fiction et réalité, mais de même qu'un acteur qui joue un immonde connard à l'écran peut être une personne adorable dans la vraie vie, un auteur qui met en scène des personnages meurtriers, racistes, agressifs, pervers, malhonnêtes ou autres n'est pas forcément tout cela pour autant.
Pour une raison très simple : c'est particulièrement vrai dans les littératures de l'imaginaire, mais c'est aussi le cas ailleurs, un auteur n'écrit pas seulement sur ce qu'il connaît, mais sur ce qu'il peut imaginer, et même en étant quelqu'un de bien, il est extrêmement facile d'imaginer un méchant, en extrapolant à partir d'adversaires qu'on a soi-même rencontrés, ou à partir de divers personnages dont les médias nous abreuvent (je vous laisse insérer ici le nom de n'importe quel polémiste / politicien / autre qui correspondrait à cette définition et pourrait faire un bon méchant).
Qu'il soit caricatural ou plus subtil, le méchant est souvent un élément indispensable à l'intérêt du récit ! - Par J.J. de en.wikipedia.org [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], via Wikimedia Commons

Qu'est-ce qui rend un méchant intéressant ?

La première question étant réglée, penchons-nous sur la suite. Il ne suffit pas d'avoir un méchant pour avoir une histoire, il faut encore que le méchant s'inscrive bien dedans.
Le méchant est un antagoniste du héros. Généralement, les deux ne s'opposent pas par hasard, il y a quelque chose qui les lie. Ils peuvent être en compétition pour quelque chose (ou quelqu'un), le méchant peut désirer quelque chose que possède le héros, ou vouloir se venger du héros ou le punir pour un tort qu'il considère comme dû au héros. Cette liste n'est bien évidemment pas exhaustive, et les éléments peuvent se combiner : un méchant peut à la fois, par exemple, être en compétition avec le héros, désirer ce qu'il possède (son statut de vedette) et le punir (parce qu'il estime que le héros ne mérite pas sa première place). Oui, je parle de Dernière Course ici.
Cependant, un méchant ne se définit pas seulement par rapport au héros. En tant que personnage principal, il se doit d'avoir un passé, des faiblesses, des désirs et des motivations qui lui sont propres. S'il n'est pas forcément nécessaire de les détailler, ils peuvent néanmoins apparaître "en creux" dans ses actions.
Ici, il est intéressant de noter qu'à moins de mettre en scène le diable (et encore...) ou un "seigneur du mal", il est finalement plutôt rare qu'un méchant se définisse lui-même explicitement comme méchant. Il a plutôt sa propre conception de la justice ou de son devoir : par exemple, il peut vouloir prendre le pouvoir parce que l'ordre a besoin d'être rétabli, ou parce qu'il serait dangereux à ses yeux de le laisser dans d'autres mains. Dans certains cas, il peut même inverser les rôles et se présenter lui-même comme victime d'une injustice, voire comme un justicier incompris. Dans Dôme de Stephen King, "Big Jim" Rennie affirme être le seul capable de gérer la crise que traverse la ville et faire face aux mensonges du gouvernement. Dans certains scénarios du jeu vidéo Batman: The Telltale Series, le Joker décide de lutter contre la corruption qui règne à Gotham et se présente comme un justicier équivalent à Batman (mais discrédité par ses méthodes extrêmes). Ce peut être ainsi le héros qui crée (en général involontairement) le méchant qui devient un reflet déformé de lui-même, ce qu'il serait devenu si les choses avaient mal tourné.
Les choses sont d'ailleurs rarement toutes blanches ou toutes noires, et de même qu'un héros peut avoir une part sombre qui peut donner lieu ou non à un "arc de rédemption", un méchant peut également avoir une part plus lumineuse, qui peut aussi laisser entrevoir une possibilité de rédemption, ou au moins d'alliance provisoire avec le héros contre un autre méchant. Point n'est besoin d'aller très loin pour trouver des exemples, il suffit de voir le très controversé Severus Snape/Rogue, tour à tour allié et adversaire de Harry Potter et Albus Dumbledore, et très remarqué par la plupart des lecteurs et spectateurs, que ce soit en bien ou en mal.
Ce qui nous amène à une expression bien connue, celle du méchant "qu'on adore détester". Derrière ce paradoxe se trouve un personnage peu recommandable, mais qui possède un charisme certain qui lui permet d'attirer la sympathie du lecteur ou du spectateur, alors même que ce dernier n'est pas dupe et sait très bien de quel côté se situe le personnage. Cela rappelle que comme un bon héros, un bon méchant ne laisse pas indifférent et inspire au lecteur des sentiments parfois ambivalents, qui permettent aussi de capter l'attention et d'inciter à continuer de suivre le destin de ce personnage si impressionnant. Mais attention, comme dit dans la série The Thick Of It, dont le "héros" Malcolm Tucker est un parfait exemple du méchant qu'on adore détester :
"Il ne faut pas grand-chose pour passer du statut de "celui que tout le monde adore détester" au statut de "celui que tout le monde déteste".

Peter Capaldi a interprété plusieurs méchants "que tout le monde adore détester", notamment Malcolm Tucker dans The Thick Of It. - Par Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

Expliquer le méchant, est-ce l'excuser ?

C'est une question qui rejoint un peu la première : au fond, ce qu'on peut reprocher à un auteur, ce n'est peut-être pas d'avoir créé un personnage méchant, mais plutôt de le créer de telle manière qu'on comprenne ses motivations, et donc qu'on l'excuse.
Sauf que comprendre et excuser, c'est loin d'être la même chose. Pour prendre un exemple extrême, on peut savoir qu'un raciste croit que les Chinois vont envahir le monde, mais ce n'est pas pour autant qu'on va valider son raisonnement. De même, ce n'est pas parce qu'une histoire explique qu'un personnage est motivé par sa propre idée tordue de la justice que le lecteur va forcément l'approuver.
Bien sûr, à ce niveau, cela va dépendre du lecteur et de ses propres opinions, et il est tout à fait possible que certains d'entre eux tombent d'accord avec un personnage méchant alors que ce n'était pas le but de l'auteur. Mais comme dit un autre proverbe, "l'auteur propose et le lecteur dispose". Autrement dit, chaque lecteur a sa propre interprétation de l'histoire et des personnages, et l'auteur ne peut pas être tenu responsable de chacune d'entre elles.
Choisir d'expliquer ou non les motivations du méchant reste le choix de l'auteur, et à mon avis c'est préférable pour éviter le cliché du méchant qui s'oppose au héros ou détruit le monde "juste parce que c'est un méchant". Exactement comme les héros, les méchants agissent pour des raisons qui leur semblent bonnes, et les exposer permet de les rendre plus réalistes, voire de dénoncer à travers eux les dangers de se reposer sur des positions extrêmes ou des jugements biaisés.
Toutes ces personnes lisent le même livre, mais imaginent-elles pour autant les mêmes personnages ? - Par Louis Léopold Boilly [Domaine public], via Wikimedia Commons

En conclusion, les personnages méchants sont un élément important d'un récit, et leur présence s'inscrit dans un rôle bien défini dont il est difficile de se passer. Tout comme celle des héros, leur origine et leur personnalité doivent être mûrement réfléchies et constituent un travail à ne pas négliger pour rendre son opposition au héros inoubliable.
L'important reste le contexte dans lequel cette opposition s'inscrit et le point de vue avec lequel elle est traitée. On peut mettre en scène des personnages parfaitement détestables et leur donner de l'importance, sans pour autant donner l'air de cautionner leurs actions ou leur motivation. Le fait que le héros gagne à la fin, ou si ce n'est pas le cas, que sa défaite ait un goût amer, est un bon indicateur du point de vue de l'auteur.
Tout comme une histoire, un personnage, a fortiori un méchant, ne peut pas plaire à tout le monde. Les lecteurs sont en droit de ne pas aimer le méchant, il n'est pas là pour ça. En revanche, chaque lecteur doit comprendre que si son point de vue est légitime, il y en a d'autres qui sont différents et qui le sont probablement tout autant, et qu'il est malvenu de reprocher à l'auteur quelque chose qui n'était sûrement pas du tout dans ses intentions.
Et surtout, ne pas oublier que la fiction reste de la fiction, et n'est pas quelque chose qu'on souhaite forcément transposer dans la réalité. Décrire un méchant ne signifie pas cautionner leur existence, pas plus que dire qu'il pleut signifie qu'on est pour la pluie.

lundi 15 juillet 2019

Pourquoi je ne continue plus l'édition à compte d'éditeur

Ceux qui me connaissent le savent, je suis éditée à compte d'éditeur pour deux de mes romans, Le don d'Osiris et L'étrange affaire Nottinger. L'édition à compte d'éditeur, c'est une chose dont beaucoup d'écrivains rêvent, et qui dans mon cas, est arrivée un peu par hasard, au gré des rencontres sur Twitter qui ont fini par me mettre en contact avec quelqu'un qui cherchait des manuscrits. C'est ainsi qu'a été publié en 2015 Le don d'Osiris, et trois ans plus tard, L'étrange affaire Nottinger.

Autant le dire tout de suite, je ne regrette absolument pas de m'être engagée là-dedans. Il y a eu des hauts et des bas, de longues périodes d'attente, des moments d'angoisse et de doute, mais aussi beaucoup de bons moments, des rencontres sympathiques, des brunchs improvisés en parlant de films très particuliers et des défis sur des coins de table pour savoir si la poésie de SF est possible.
Tout cela est bien, mais il n'y a pas que du bien et il arrive parfois un moment où le bon ne parvient plus à contrebalancer le mauvais. Ce moment, on croit toujours qu'il n'arrivera jamais, puis le refus de Moortopia le fait soudain apparaître à l'horizon et rappeler son existence, puis au fil du temps, lentement mais sûrement, l'enthousiasme s'étiole, les mauvaises choses que j'avais jusque-là réussi à ignorer reviennent, jusqu'à ce que je parvienne à cette conclusion triste mais malheureusement sans appel :
Quand je propose un livre à la publication, ça se termine soit par un refus, soit par un livre qui ne se vend pas.
Dans les deux cas, le résultat ne vaut pas les efforts investis.

Je n'ai pas de meilleurs mots pour résumer cela que ceux de Tegan Jowanka au Cinquième Docteur dans Doctor Who : "It has stopped being fun." C'est une belle aventure et je ne la regretterai sûrement jamais, mais je ne me sens pas capable de continuer. L'enthousiasme des débuts est retombé et fait place à la lassitude. Je suis lasse de voir qu'un ouvrage chasse l'autre et qu'au bout de quelques mois plus personne ne parle du mien (surtout qu'on n'en parlait déjà pas beaucoup à ses débuts), lasse des salons où j'attends des heures derrière un stand désert, lasse de ne pas me sentir à ma place dans le milieu de l'édition où je ne connais pratiquement personne, lasse de sourire à des journalistes qui vont se moquer de mon livre dans leur prochain numéro.

C'est pourquoi, et jusqu'à nouvel ordre, je ne proposerai plus de nouveau livre à des éditeurs. Mes contrats en cours continuent évidemment d'être effectifs, mais il n'y en aura pas d'autres. J'ai proposé Moortopia à un autre éditeur en début d'année, mais je ne me fais pas d'illusions, maintenant je connais le métier : s'il n'y a pas eu de réponse au bout de trois ou quatre mois, il n'y en aura jamais.

Cela ne signifie pas que je vais m'arrêter d'écrire. Je vais peut-être, tout simplement, me recentrer sur InLibroVeritas et Atramenta, où Alva & Eini est toujours en vente (sous forme numérique uniquement). Je suis consciente que je ne vais pas y gagner, voire que selon mes options je vais y perdre, de l'argent, mais ce que j'ai gagné jusque-là était de toute façon trop faible pour avoir une quelconque importance. Il est possible que Moortopia, puis peut-être Dernière Course, soit bientôt publié là-bas de manière payante ou gratuite.

Cette annonce n'appelle pas forcément de réactions, et je sais bien que le départ d'une autrice que personne ne lit ne va pas déclencher de mouvements de foule. Cependant cela avait besoin d'être dit, pour pouvoir enfin mettre des mots sur ce que je ressens et tourner la page, en attendant d'écrire un nouveau chapitre, suivi peut-être par d'autres plus tard.
La fin du voyage... ou une pause en attendant le prochain ? - Par Caspar David Friedrich [Domaine public], via Wikimedia Commons

mardi 4 juin 2019

Stagiaires, attention au piège Wikipédia !

L'année scolaire se termine et l'été arrive, c'est le moment des stages et autres petits jobs d'été. Et comme tous les ans, des stagiaires débarquent sur Wikipédia, généralement dans de mauvaises conditions.
Personnellement, je serais d'avis de dire aux stagiaires : si on vous demande d'écrire l'article de "votre" entreprise sur Wikipédia, dites non et demandez poliment qu'on vous attribue une autre mission. Sinon, vous allez vous retrouver dans ce drame en quelques actes :

Acte I : Le texte
Si votre entreprise a décidé de vous "faciliter" les choses, elle vous procurera un texte comme base de travail (mais en vous suggérant de ne pas trop vous en éloigner), texte évidemment préparé par l'équipe marketing et approuvé par la direction, faisant l'éloge de votre entreprise "leader dans son domaine" (elles sont toutes leaders, à tel point qu'on cherche même où sont les N°2). Sinon, on vous suggérera de vous inspirer du site web de l'entreprise, il y a tout ce qu'il faut et la direction connaît bien le contenu.
Si vous vous êtes un peu renseigné sur Wikipédia, vous proposerez le texte au forum de relecture qui est spécialement destiné à jeter un coup d’œil aux brouillons d'articles en devenir. Vous attendrez la relecture en vous disant que ce ne sera qu'une formalité, jusqu'au moment où le couperet tombera : texte pas neutre, absence de sources externes sur l'entreprise, voire violation de copyright du site (sur Wikipédia, le pseudonymat est de rigueur et on ne peut pas savoir si vous êtes bien un stagiaire autorisé à recopier le site, ou si vous vous faites passer pour tel !), bref, votre texte n'est absolument pas publiable tel quel. On vous indiquera sûrement quoi faire pour l'améliorer, mais cela impliquera presque toujours de tout jeter et de refaire complètement l'article.

Acte II : La disparition
Vous signalez le problème à votre responsable mais il/elle insiste pour que le texte approuvé par la direction soit publié. Ou, ne voulant pas d'ennuis, vous voudrez faire ce qu'on vous demande et publier le texte quand même. Ou tout simplement, l'acte I n'a pas lieu, vous ne passez pas par le forum de relecture et vous créez l'article directement.
Chose promise, chose due : l'article est supprimé, et quand vous le chercherez, vous trouverez une mention de la suppression avec la raison. Ce sera probablement "promotion ou publicité manifeste", "ne répond pas aux critères d'admissibilité", voire les deux. Si vous avez copié le site, vous aurez en prime "violation de copyright", et si vous avez fait un copier-coller d'un pavé sans utiliser le formatage propre à Wikipédia, il y aura aussi "test de débutant", "bac à sable" ou encore "texte incompréhensible".
Panique à bord : non seulement votre entreprise n'aura pas d'article, mais il est désormais possible qu'en la cherchant sur Internet, on trouve ces mentions de suppression !

Acte III : Le négociateur
Il vous faut restaurer l'article sous peine de voir votre stage tourner en eau de boudin. Pas de panique, il est possible de demander sa restauration. Si vous ne connaissez pas cette page et que vous essayez de republier l'article en vous disant qu'au bout de la 4e ou 5e fois ça passera, on vous y dirigera, si on ne vous bloque pas avant.
Mais restaurer un article ne se fait pas n'importe comment. Pour que votre demande ait une chance d'aboutir, il vous faudra présenter des articles de presse parlant de votre entreprise et prouvant ainsi qu'elle a déjà une notoriété suffisante pour respecter les critères. Si vous travaillez dans une PME d'emballage lambda à Trifouilly-les-Oies dont aucun journal autre que local n'a jugé bon de parler, qu'importe qu'elle fasse bien ses emballages, elle n'est pas dans les critères...
N'oubliez pas que les administrateurs de Wikipédia voient passer des dizaines de demandes par semaine et ne sont pas nés de la dernière pluie. Vous donner des airs d'autorité, déclarer que cet article est URGENT ou menacer de faire intervenir un avocat qui n'existe pas est le meilleur moyen de vous faire bloquer et de faire bloquer la création de l'article pendant longtemps. La seule trace qui restera de l'entreprise dans Wikipédia sera votre demande ridicule, qui fera encore plus de mal à l'entreprise. Elle pourra toujours dire que c'est l'initiative d'un stagiaire, le prétexte a tellement été utilisé que plus personne n'y croit.
Inutile également de jouer la carte de la pitié et de dire que votre stage ne sera pas validé si l'article ne passe pas. Même si c'est vrai, les règles d'admissibilité de Wikipédia ont été établies depuis longtemps, et elles ne vont pas changer à chaque fois qu'un stagiaire (ou même un salarié) est sur la sellette. Tout ce qu'on pourra vous conseiller, c'est d'essayer d'expliquer à vos responsables pourquoi ce n'est pas possible, et de leur demander encore une fois une autre mission pour votre stage.

Acte IV : La dernière croisade
Tout a échoué. La demande de restauration a été refusée, vos responsables ne comprennent pas le fonctionnement de Wikipédia et insistent pour que l'article soit publié, ou ils ne sont pas au courant parce que vous n'osez pas le leur dire. Vendredi matin sans faute, aura lieu la présentation de votre rapport de stage et vous devrez montrer l'article sur Wikipédia.
Mais vous savez qu'il y a des modifications de Wikipédia toutes les secondes et qu'il n'est pas possible de toutes les vérifier. Vous décidez donc de tenter un dernier coup de bluff.
Jeudi soir, ou plutôt vendredi vers quatre heures du matin, une heure où il y a peu de trafic et où les contributeurs sérieux sont couchés, vous remettez l'article en douce, en priant pour qu'il tienne jusqu'au moment de votre présentation. Après, ce ne sera plus votre problème.
Vous ferez donc votre présentation en essayant de ne pas montrer que vous n'avez pas beaucoup dormi, puis en conclusion, vous montrerez à la direction "votre" article...
Hélas, quelqu'un aura fini par le repérer, et l'aura supprimé, avec la mention "énième recréation d'un article non admissible". Ou alors, en aura retiré une partie mais n'aura pas oublié d'ajouter les avertissements "l'admissibilité est à vérifier" ou "l'article n'est pas rédigé dans un style encyclopédique".
Hurlements de la direction demandant ce que fait cette horreur à la place de "leur" texte. Excuses plates de votre responsable affirmant (sincèrement ou non...) ne pas être au courant de "vos" bêtises. Votre stage ne sera pas validé.

Alors, si vous voulez éviter cette tragédie, dès qu'on vous demande de créer l'article de "votre" entreprise sur Wikipédia, renseignez-vous au préalable, et s'il semble évident qu'elle n'entre pas dans les critères, prenez les devants et expliquez à votre responsable que l'article ne passera pas, et qu'aucune loi ni aucun contrat n'oblige Wikipédia à accepter un article qui ne respecte pas ses règles. C'est difficile puisque vous n'êtes "que" stagiaire, mais en ne le faisant pas, vous ne ferez que repousser l'échéance, et rendre l'échec encore plus difficile à supporter après avoir travaillé pendant tout votre stage : mieux vaut prendre les devants.

dimanche 7 avril 2019

Un PEGI des livres ?

J'ai vu passer un tweet demandant s'il était souhaitable de mettre des "TW" sur les livres numériques. Un "TW" alias "trigger warning", courant sur Twitter, consiste à indiquer au début d'un tweet s'il inclut certains types de contenus susceptibles de choquer les personnes sensibles, par exemple si cela a trait au viol, à la maltraitance animale ou d'autres formes de violence.
Plus généralement, il pourrait être possible d'envisager un classement comme celui du PEGI (Pan-European Game Information) qui existe déjà sur les jeux vidéo, où sont indiqués non seulement un âge minimal recommandé, mais aussi différents types de contenus sensibles présents dans le jeu. Si on oublie les contenus liés au jeu en ligne qui ne sont pas franchement pertinents pour un livre, PEGI recense les types suivants :
  • Violence - inclut toutes sortes de scènes de violence physique ou verbale, modérée ou non-réaliste pour les jeux destinés aux enfants, explicite voire gore pour les jeux déconseillés au moins de 16 ans ou aux moins de 18 ans.
  • Langage grossier - contient des insultes ou des grossièretés modérées à crues, avec possibilités d'insultes à caractère sexuel dans les jeux déconseillés aux moins de 16 ans ou au moins de 18 ans.
  • Peur / Horreur - inclut des scènes considérées comme effrayantes ou perturbantes, sans nécessairement être violentes, cela peut être la présence de monstres voire d'animaux effrayants comme l'araignée représentée sur l'icône.
  • Nudité / Sexe - inclut des scènes de nudité partielle ou totale, ou des scènes sexuelles, soit de simples allusions, soit explicites pour les jeux déconseillés aux moins de 16 ans ou au moins de 18 ans.
  • Drogues - inclut des scènes montrant l'usage de drogues ou de produits stupéfiants.
  • Jeux de hasard - inclut des scènes montrant voire enseignant des jeux de hasard.
  • Discrimination - inclut des scènes de discrimination basées sur le genre, l'ethnie, la sexualité etc. Réservé aux jeux déconseillés aux moins de 18 ans.
Les icônes PEGI telles qu'elles apparaissent sur les jeux vidéos.

Si je parle de PEGI, c'est pour plusieurs raisons : d'abord parce que vivant en Europe, c'est le système que je connais le mieux, ensuite parce que ces différents types de contenus sensibles ont des points communs avec la notion de TW, et enfin parce qu'InLibroVeritas  où je publie certains textes a fait le choix d'inclure un système "PEGI-like" pour classer ses œuvres. En créant un nouveau livre sur le site, l'auteur est invité à choisir un âge minimal recommandé et à cocher, le cas échéant, la présence de différents types de contenus correspondant aux catégories indiquées ci-dessus. L'âge et les contenus sensibles apparaissent alors à côté du texte sous forme d'icônes similaires à celles de PEGI, libre aux lecteurs et lectrices de poursuivre la lecture en fonction des avertissements : par exemple "horreur + 18" contiendra des scènes gore explicites qui peuvent être difficilement supportables, "sexe + violence" aura des chances de contenir des scènes de viol, a fortiori si l'âge indiqué est 16 voire 18, etc.)

Jusque-là, on a appliqué ces classements aux jeux vidéos ainsi qu'aux films et aux séries (avec seulement l'âge pour ces derniers) mais pas aux livres, ce qui ne signifie pas forcément qu'on ne devrait pas le faire. Après tout, les livres sont déjà plus ou moins classés en catégories selon les tranches d'âge, même si cette catégorie a tendance à être considérée comme, au contraire, l'âge maximal recommandé ("quoi, tu as 35 ans et tu lis du YA ?")
Les contenus sensibles sont sans doute considérés comme moins perturbants dans les livres car (à condition qu'il n'y ait pas d'images) ils y sont souvent racontés plus que montrés, et l'impact réel dépend aussi de la capacité du lecteur à restituer les images dans sa tête. Cependant les sensibilités sont multiples, et il peut arriver qu'un passage, a priori innocent mais ressemblant un peu trop à une situation traumatisante déjà vécue, fasse remonter cette dernière à la surface.
Il me semble donc qu'on ne peut pas mettre des TW précis sur tout, justement de par la multiplicité des sensibilités et des types de traumas. Si on prend deux types de contenu sensible, une personne 1 pourra fortement réagir à l'un et n'avoir qu'une vague indifférence pour l'autre, alors que ce sera complètement l'inverse pour une personne 2. Passe encore s'il n'y a que deux types, mais s'il faut détailler tous les traumas possibles, on arrive rapidement à des dizaines de combinaisons, et même avec la meilleure volonté du monde, on ne pourra pas penser à tous les lister.
Cependant des catégories plus générales comme celles de PEGI ne me semblent pas ingérables, et permettent déjà d'offrir des avertissements permettant aux personnes sensibles, ou tout simplement ne souhaitant pas s'infliger des scènes qu'elles considèrent comme désagréables, d'éviter une situation inconfortable voire pire. Lire doit rester un plaisir, et il n'est pas non plus agréable pour un auteur (sauf peut-être pour le Marquis de Sade, donc toutes les œuvres sont classées d'office "Sexe + Violence + Langage grossier + 18") de découvrir que son dernier livre a envoyé un lecteur en thérapie.
De toute façon, ce type d'avertissement ne sera jamais qu'une recommandation, et tout vendeur de jeux vidéo a une histoire à raconter avec un parent achetant un jeu comme GTA pour son fils de 6 ans. Auteurs et éditeurs peuvent avertir du mieux qu'ils peuvent, à la fin ce sont les lecteurs qui décident, si possible en pleine connaissance de cause.

mercredi 27 mars 2019

Camp NaNoWriMo et Dernière Course : c'est reparti pour 2019

Rappelez-vous : ma dernière (qui était aussi ma première) participation au Camp NaNoWriMo, c'était en avril dernier, pour donner un coup de boost à l'écriture de Dernière Course. Une tentative qui s'était soldée par un succès puisque j'étais même allée au-delà de l'objectif initial et que quelques mois plus tard, je mettais enfin le point final à Dernière Course.
Cependant, je savais que ce n'était qu'un premier jet avec des imperfections, et malgré ma satisfaction d'avoir réussi à écrire mon plus long roman en ce jour, je savais dès juillet dernier que Dernière Course, comme une des voitures de course dont il parle, allait avoir besoin d'un bon coup de polish, et avant cela, d'un petit examen du moteur et de la carrosserie pour réparer tout ce qui pourrait aller de travers. J'aime énormément Dernière Course, et c'est justement pour cela que je voulais le retravailler, pour être sûre que cette histoire aille au maximum de son potentiel, ou du moins au maximum où je peux l'emmener avec mes compétences d'autrice actuelles.
Beaucoup de choses m'ont empêchée de commencer ce travail jusque-là : ma répugnance naturelle pour la réécriture qui peut très vite me faire détester ce que j'ai adoré écrire, ma baisse de moral l'été dernier suite à la non-publication de Moortopia, la nécessité de terminer La Légende de Thaalia puis Le plan des hommes-métal, autant de choses qui ne m'ont pas aidée à me remettre à Dernière Course. Je gardais pourtant tout cela dans un coin de ma tête, notant des pistes d'amélioration parfois contradictoires ou trop détaillées, mais sans jamais perdre tout à fait de vue l'idée globale.
L'arrivée du mois d'avril et du Camp NaNoWriMo 2019 m'ont suggéré l'idée de boucler la boucle (ce genre de symbole a de l'importance pour la motivation) et de lancer enfin en 2019 la réécriture de ce que j'avais terminé en partie grâce à l'édition de 2018.
Je me suis d'ores et déjà installée dans une cabane avec des gens que je connais un peu grâce à Twitter, et pour la première fois dans un projet de type NaNoWriMo, je me fixe un objectif non pas en mots (Dernière Course est déjà globalement écrit et je n'ai pas pour but de l'étendre à l'infini) mais en heures, pour me forcer à passer du temps sur cette réécriture. En prévoyant un rythme d'1 heure par jour ouvré et 3 heures par jour de week-end ou jour férié (Lundi de Pâques inclus), c'est donc un objectif initial de 47 heures que j'ai choisi. Si je passe plus de temps, tant mieux. Si j'ai besoin de moins d'heures pour amener Dernière Course au niveau que je souhaite, tant mieux aussi, mais j'y crois moins.
Mes principaux axes de travail sont les suivants :
  1. Éliminer toutes les incohérences et les répétitions scénaristiques (entre autres, il y a une double amnésie qui me semble redondante, une seule perte de mémoire suffit et aura plus d'impact). C'est sûrement cette partie qui va m'occuper le plus.
  2. Accentuer le côté cyborg et connecté de Saïba, ainsi que l'intrusion dans son cerveau que cela implique.
  3. Donner un peu plus d'importance aux personnages de May et Uru, et éventuellement au "Chico de Cuba" qui est actuellement le moins présent de tous.
S'ajoutera évidemment à cela tout problème ou idée d'amélioration qui pourrait me venir en cours de "route"...
J'appréhende cette réécriture, et en même temps j'ai hâte de m'y remettre. Depuis juillet dernier, Dernière Course et ses personnages ne m'ont jamais totalement quittée, et il suffit parfois d'une image ou d'une musique pour que je me sente repartir sur la Transcontinental 50 avec William "Shadow" Chaser, Saïba et les autres. Après tout, il n'y a que les routes qui sont belles, et peu importe où elles nous mènent...
On the road again... - Par Regulator78 sur English Wikipedia [Domaine public]

samedi 19 janvier 2019

Message pour le futur

C'est un article assez particulier puisque plutôt qu'annoncer ce qui vient d'arriver ou ce qui va bientôt arriver, je laisse ici un message à mon moi du futur, mais qui peut aussi concerner d'autres auteurs et autrices, ce qui me pousse à le publier ici.
Le contexte : après avoir essuyé un refus de Moortopia de la part de mon éditeur, je me suis posé beaucoup de questions et j'en suis finalement arrivée à la conclusion que je ne voulais pas faire un retravail en profondeur sur ce roman, surtout sans aucune assurance que ça allait passer la prochaine fois. Mon intention initiale était de me concentrer plutôt sur la réécriture de Dernière Course, ce qui n'a pas été fait pour l'instant mais ce n'est que partie remise. Quant à Moortopia, j'envisageais de le mettre à plus ou moins long terme sur Atramenta au même titre qu'Alva & Eini, cependant sans être tout à fait sûre de ce que j'allais faire au préalable : plus de corrections externes ou pas, ou éventuellement chercher un autre éditeur.
Justement, début janvier, je suis tombée sur un tweet des éditions L'Atalante annonçant l'ouverture des soumissions de manuscrits pendant le mois. L'Atalante, c'est une maison nantaise (ma région d'origine) spécialisée dans le policier, le fantastique et la science-fiction, qui édite entre autres deux de mes idoles, Pierre Bordage et le regretté Terry Pratchett. Un must !
J'ai donc décidé de prendre mon courage à deux mains et de leur envoyer Moortopia pour voir. Après tout, tous les éditeurs se basent sur des critères subjectifs : ce qui est refusé par l'un sera peut-être accepté par d'autres.
Évidemment, ce message n'est pas seulement là pour annoncer l'envoi de Moortopia, bien que si cela intéresse quelqu'un, c'est déjà une bonne chose. Je connais mon caractère et je sais ce qu'un refus d'éditeur peut me faire. Je laisse donc un mot à mon moi du futur dans l'espoir de ne pas trop mal encaisser le choc d'un éventuel refus (il est également possible que Moortopia soit accepté, mais dans le doute, mieux vaut se préparer à toutes les éventualités).
Je ne vais pas trop m'attarder sur les consolations un peu éculées comme "JK Rowling a essuyé 8 refus avant de réussir à publier Harry Potter" ou autres "même les meilleurs ont été refusés à leurs débuts". Dans ce genre de moments, le reste du monde n'a de toute façon pas de grande importance, et quels que soient les faits, j'aurai toujours tendance à penser que tout le monde est publié sauf moi.
Je vais faire beaucoup plus simple : me dire qu'il ne peut rien arriver de mal. Si Moortopia est accepté (restons optimistes, si je pensais qu'il n'a aucune chance, je n'essaierais même pas de l'envoyer), alors j'aurai tout gagné. Et s'il est refusé... ça ne change rien. Je reprends simplement mon plan de l'auto-publier sur Atramenta, éventuellement en faisant appel à quelqu'un pour le corriger, sans aucun doute en faisant appel à quelqu'un pour la couverture. A moins qu'un autre éditeur ne s'y intéresse finalement, on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve.
Quelle que soit l'issue, l'exigence d'envoi du manuscrit de préférence au format EPUB m'aura également permis d'apprendre quelque chose : qu'on peut modifier ces fichiers facilement avec quelques connaissances en HTML et un outil comme l'éditeur d'e-book de l'excellent logiciel calibre.
J'attends donc de voir ce que cela donnera. D'ici là, j'ai encore du pain sur la planche. Il faut encore terminer une histoire de voyage dans le temps, rectifier un NaNoWriMo où j'ai repéré une incohérence scénaristique, mettre au format numérique une histoire de fantasy humoristique griffonnée sur mon moleskine, et encore et toujours (je me répète mais tant pis) me mettre enfin à réécrire Dernière Course !
Des nouvelles à suivre dans les mois à venir, et j'espère qu'elles seront bonnes... Souhaitez-moi bonne chance.
Croisons les doigts ! - Par Evan-Amos [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

jeudi 27 décembre 2018

Retour sur 2018 en écriture

2018 n'a pas été une année simple en écriture. Il y a eu du très bon, et aussi du moins bon. En cette période de fêtes de fin d'année propice au bilan de l'année écoulée et des bonnes résolutions pour la prochaine (mais je me méfie des bonnes résolutions, tout le monde en prend mais presque personne ne les tient, et moi pas plus que les autres...) il est temps de faire un petit récapitulatif de ce que j'ai écrit en 2018.

L'étrange affaire Nottinger : la grande victoire de 2018

L'étrange affaire Nottinger reste ma grande victoire pour cette année : après de (trop) longs échanges, beaucoup de contretemps et pas mal de travail acharné, c'est finalement le 14 mars 2018 qu'est sorti mon troisième roman publié et mon second chez Mü éditions. Malgré une campagne de précommandes qui offrait en cadeau les Chroniques Nottinger, une série de nouvelles inédites sur le passé de la famille Nottinger, il n'a pas bénéficié d'une grande hype, mais sa sortie a été rapidement suivie du salon Livre Paris 2019 auquel j'ai participé avec d'autres auteurs de Mü. Depuis, les retours des lecteurs sont plutôt rares, mais tous bons, il a même eu droit à son commentaire 5 étoiles sur Amazon grâce à Fred Marty (un autre auteur qui le trouve bon, c'est un gage supplémentaire de qualité) en attendant peut-être que d'autres suivent. Pour l'instant, c'est mon dernier roman en date chez Mü, je ne sais pas encore ce que 2019 me réserve.

Ex Machina : un revenant

Comme L'étrange affaire Nottinger, Ex Machina est fortement lié à Mü éditions : écrit à l'origine en 2015-2016 pour une anthologie qui n'a jamais vu le jour, ce texte d'anticipation gentiment chaotique a été mis à disposition gratuitement sur Atramenta pour pouvoir trouver un peu de son public, en attendant que le projet d'anthologie sorte de son hyper-sommeil. Profitez-en, d'ici là, c'est gratuit !

Moortopia : la déception

Tout ne peut pas être rose dans une année, et Moortopia a été ma déception de 2018 : présenté à Mü éditions en espérant embrayer plus rapidement après la publication de L'étrange affaire Nottinger, il a finalement essuyé un refus. Triste destin pour un roman que j'avais eu tant de mal à écrire au point que j'avais dû le recommencer depuis le début, mais que j'avais fait en sorte de mener jusqu'au bout parce que je croyais à son histoire. Essuyer mon premier refus de Mü éditions a été un coup dur, mais je n'en ai pas encore fini avec Moortopia et je n'ai pas l'intention de le laisser dans un tiroir après avoir travaillé dessus si longtemps. Actuellement, mon intention est de le publier sur Atramenta comme je l'avais fait à l'époque pour Alva & Eini, mais peut-être après l'avoir fait passer par une petite phase de corrections. A moins que je ne trouve un éditeur qui serait d'accord pour publier un roman steampunk inspiré de la folie du radium au début du XXe siècle ? Moortopia est peut-être la grande inconnue de 2019.


En attendant demain : la petite surprise

S'il faut une preuve qu'en écriture, les projets n'arrivent vraiment pas toujours quand on les attend, En attendant demain est à coup sûr cette preuve. Alors que le Ray's Day 2018 approchait et que je ne pensais pas y participer cette année, il a suffi d'un tweet pour que je trouve l'inspiration sortie de nulle part, et que je me lance en à peine plus d'un jour dans l'écriture de cette nouvelle entre romance douce-amère et science-fiction subtilement cachée en arrière-plan. Très chargé en émotions, En attendant demain a trouvé un certain public, et il a même été question de l'adapter en court-métrage ; cela aurait été une première pour l'un de mes textes, mais l'intéressée n'a finalement pas pu mener le projet à bien. Peut-être n'est-ce que partie remise, en attendant, la version texte reste bel et bien disponible.

La Légende de Thaalia : la grande surprise

Encore un projet d'écriture qui n'a pas évolué exactement comme je l'avais prévu au départ : il a commencé petit et il s'est finalement révélé plus long et plus dense que mes estimations initiales. Simple conte fantasy que j'avais conçu comme un moyen d'attendre des nouvelles de Moortopia sans perdre la main en matière d'écriture, devenu par la force des choses une tentative de me remettre du refus de Moortopia, au fil de l'écriture et des inspirations, La Légende de Thaalia est devenue une véritable novella avec plus d'événements et de détails que prévu, notamment sur des personnages secondaires qui ne devaient faire que de rapides apparitions. Moi qui commence à m'habituer à faire mes propres couvertures pour ce que je publie sur Atramenta (y compris la couverture d'Alva & Eini en 2013), je suis aussi particulièrement fière de ce que j'ai réussi à faire pour La Légende de Thaalia en réalisant une fusion très réussie entre une photo d'aigle de Bonelli et un montage photo sur le thème du Douzième Docteur de Doctor Who réalisé par le talentueux twitto @wickedfox13.

Hello! Mister Crowley : le NaNoWriMo

Comme pour le Ray's Day, je n'étais pas sûre du tout de participer au NaNoWriMo en 2018, et c'est au dernier moment que je me suis décidée à le faire cette année. En m'appuyant, comme pour plusieurs NaNoWriMo précédents, sur un scénario Lycéenne RPG déjà existant, j'ai réussi à mener à bien assez facilement Hello! Mister Crowley. Cette histoire inclassable, mêlant échange de correspondantes entre un lycée anglais et un lycée japonais et magie étrange venue tout droit du passé dans une ville qui s'avère être le lieu de naissance du célèbre occultiste Aleister Crowley, a surtout été le prétexte idéal pour me laisser un peu aller à écrire ce que je voulais sans trop me soucier de la suite ni de la quantité de délires personnels que j'allais y mettre ; je suis même allée jusqu'à me moquer de mon propre côté "fangirl" à travers mon personnage préféré de Hello! Mister Crowley, Maggie May, sans oublier quelques allusions plus ou moins discrètes à Doctor Who ou à d'autres choses (quel autre auteur non-japonisant peut se vanter d'avoir écrit "yamete kudasai" dans une scène qui n'a absolument rien à voir avec du hentai ?)...

Dernière Course : la prochaine étape ?

On ne s'éloigne pas encore tout de suite du NaNoWriMo, puisque l'année 2018 a été la première où j'ai également tenté, en avril, le Camp NaNoWriMo dans le principal but de donner un coup d'accélérateur à Dernière Course que j'avais déjà commencé plus tôt, mais que je devais me motiver un peu pour terminer. Grâce à la motivation supplémentaire apportée par le Camp NaNoWriMo, j'ai finalement terminé Dernière Course en juillet... ou plutôt son premier jet. A la lumière du refus de Moortopia (qui a décidément influencé beaucoup de choses dans la seconde partie de l'année 2018), je me suis ensuite dit que j'allais devoir passer par une réécriture assez poussée pour faire de Dernière Course quelque chose de meilleur : même si je pense qu'il y a d'ores et déjà d'excellents morceaux, Dernière Course ne va pas encore assez jusqu'au bout de son potentiel. Je devrais notamment envisager un peu sous un autre angle la maladie de l'un des personnages principaux, ou mettre davantage en avant le côté cyborg d'un autre, sans parler d'autres améliorations qui ne devraient pas avoir trop d'influence sur l'histoire principale (bien qu'on ne soit pas à l'abri de surprises : après avoir reçu les retours de l'éditeur sur Le don d'Osiris, j'avais fini par en changer complètement la fin...) mais qui devraient rendre Dernière Course plus abouti et intéressant.

L'horizon pour 2019 est vaste, il y a encore des choses à faire (sans compter Le plan des hommes-métal, une nouvelle de science-fiction dans la continuité d'une autre œuvre qui date de 2014, Les miroirs sur la colline... mais j'en reparlerai plus tard), et sûrement de nouvelles surprises qui arriveront. Et vous, en lecture ou en écriture, quel est votre bilan pour 2018 et qu'envisagez-vous de faire en 2019 ?