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mardi 9 mars 2021

Un reboot pour Dernière Course ?

Après en avoir beaucoup parlé et avoir même usé pour la première fois du Camp NaNoWriMo, comme vous l'avez peut-être constaté, Dernière Course n'est pas sorti. Pour une raison toute simple : si j'ai beaucoup aimé en écrire et suivre l'histoire, je sais aussi qu'il y a toujours énormément de choses qui ne vont pas dedans et je ne peux pas envisager de le montrer dans cet état.

Je me suis plusieurs fois demandé quoi en faire (et ne rien faire faisait partie des options), et je pense tenir une réponse maintenant : tout comme "tout cramer et repartir de zéro" est une option valable en jeu de rôle, il est possible d'obtenir un meilleur résultat en recommençant tout. La nouvelle mouture de Dernière Course s'éloignera un peu de la course proprement dite et se tiendra dans un monde parallèle ou futur par rapport à l'original. Pas de panique, l'essentiel restera là : William "Shadow" Chaser, le "Vieux aux tripes d'acier", et sa complice Saïba seront bien entendu de la partie, et au volant de voitures qui iront toujours très vite voire trop vite ; mais sans trop en dévoiler, le tout se déroulera loin des "sentiers battus" d'une course bien organisée. J'en profiterai aussi pour rectifier quelques personnages trop caricaturaux, notamment les méchants : Cyclope Systems avancera beaucoup plus masqué cette fois, et Saïba sera bien plus surprise par ce qui l'attend...

Chaser est de retour, peut-être ! - Par Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0 [https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0], via Wikimedia Commons


Reste à savoir quand je m'occuperai de cette réécriture, alors que j'ai d'autres projets en cours, et a fortiori si Capitaine Quantum est accepté par Rocambole (je n'ai aucune nouvelle pour le moment, il va peut-être falloir que je le rappelle pour éviter qu'on m'oublie). Peut-être que pour ne pas déroger à la tradition qui a commencé à s'installer, je devrais profiter d'un nouveau Camp NaNoWriMo en 2021 ? Après tout, les Camps NaNoWriMo sont les seuls camps qui ne ferment pas à cause du coronavirus... Selon les nouvelles de Capitaine Quantum, ce pourrait être en avril ou en juillet, ou les deux. Cela dit, je pourrais faire les deux en parallèle, Chaser et Quantum ayant des points communs...

De toute façon, on partira à minuit, l'heure où l'on doute que demain revienne encore, loin des villes soumises, on suivra l'autoroute, ensuite on perdra tous les nords...

Et évidemment, cette réplique culte apparaîtra, d'une manière ou d'une autre, dans la nouvelle version. On ne change pas une équipe qui gagne !

samedi 4 janvier 2020

2019 en écriture

Après avoir fait le bilan des lectures de 2019, il est temps de se tourner vers l'écriture. 2019 ne semble pas très productive au premier abord, mais c'est quand même l'année où j'ai terminé la réécriture de Dernière Course à l'occasion du Camp NaNoWriMo d'avril. Je ne sais pas encore ce que je vais en faire, ayant décidé pendant l'été 2019 d'arrêter pour le moment l'édition à compte d'éditeur, et pour le moment je m'y tiens même si on ne sait pas encore ce que 2020 me réserve.

2019 a été l'année de l'Alchimiste, cette Dame du Temps qui ne dit pas son nom. D'abord héroïne d'une unique nouvelle initialement publiée en 2014, l'Alchimiste a fait son retour dans Le plan des hommes-métal en mars 2019, suivi par Les graines des rêves en octobre 2019. L'aventure se poursuit d'ailleurs en 2020, avec la publication imminente d'une nouvelle version du premier épisode, rebaptisé La machine dans le miroir, qui devrait bientôt être suivi du quatrième épisode toujours en cours d'écriture, Le temps restera. Je compte aussi modifier un peu la présentation de mon BookPack pour mettre davantage en valeur cette mini-série qui commence à se mettre en place.

D'autres projets de science-fiction sont également sortis en 2019 : Selkie en mai et Derniers biscuits avant la fin du monde en août ; ce dernier ayant eu un petit succès sur Atramenta (où il a reçu un "coup de cœur des lecteurs") et sur InLibroVeritas. N'oublions pas non plus le recueil de Micronouvelles sur le thème du fantastique, écrites sur Twitter entre le 15 septembre et le 15 octobre. Ce n'est peut-être pas le dernier défi de ce type que je réaliserai.

Il faut aussi noter un autre projet dont je n'ai pas beaucoup parlé jusque-là et dont je ne suis pas encore certaine de ce que je vais en faire : Conan le détective barbare, au titre inspiré à la fois de Conan le barbare et du manga Détective Conan. Une chose est certaine, c'est que cette histoire de barbare devenu détective sur un malentendu va faire parler d'elle en 2020. 2019 n'était qu'un début, il va y avoir du nouveau en cette nouvelle année.
Il est temps de bien m'installer pour écrire, il y a du pain sur la planche ! - Par Albert Edelfelt [Domaine public], via Wikimedia Commons

lundi 15 juillet 2019

Pourquoi je ne continue plus l'édition à compte d'éditeur

Ceux qui me connaissent le savent, je suis éditée à compte d'éditeur pour deux de mes romans, Le don d'Osiris et L'étrange affaire Nottinger. L'édition à compte d'éditeur, c'est une chose dont beaucoup d'écrivains rêvent, et qui dans mon cas, est arrivée un peu par hasard, au gré des rencontres sur Twitter qui ont fini par me mettre en contact avec quelqu'un qui cherchait des manuscrits. C'est ainsi qu'a été publié en 2015 Le don d'Osiris, et trois ans plus tard, L'étrange affaire Nottinger.

Autant le dire tout de suite, je ne regrette absolument pas de m'être engagée là-dedans. Il y a eu des hauts et des bas, de longues périodes d'attente, des moments d'angoisse et de doute, mais aussi beaucoup de bons moments, des rencontres sympathiques, des brunchs improvisés en parlant de films très particuliers et des défis sur des coins de table pour savoir si la poésie de SF est possible.
Tout cela est bien, mais il n'y a pas que du bien et il arrive parfois un moment où le bon ne parvient plus à contrebalancer le mauvais. Ce moment, on croit toujours qu'il n'arrivera jamais, puis le refus de Moortopia le fait soudain apparaître à l'horizon et rappeler son existence, puis au fil du temps, lentement mais sûrement, l'enthousiasme s'étiole, les mauvaises choses que j'avais jusque-là réussi à ignorer reviennent, jusqu'à ce que je parvienne à cette conclusion triste mais malheureusement sans appel :
Quand je propose un livre à la publication, ça se termine soit par un refus, soit par un livre qui ne se vend pas.
Dans les deux cas, le résultat ne vaut pas les efforts investis.

Je n'ai pas de meilleurs mots pour résumer cela que ceux de Tegan Jowanka au Cinquième Docteur dans Doctor Who : "It has stopped being fun." C'est une belle aventure et je ne la regretterai sûrement jamais, mais je ne me sens pas capable de continuer. L'enthousiasme des débuts est retombé et fait place à la lassitude. Je suis lasse de voir qu'un ouvrage chasse l'autre et qu'au bout de quelques mois plus personne ne parle du mien (surtout qu'on n'en parlait déjà pas beaucoup à ses débuts), lasse des salons où j'attends des heures derrière un stand désert, lasse de ne pas me sentir à ma place dans le milieu de l'édition où je ne connais pratiquement personne, lasse de sourire à des journalistes qui vont se moquer de mon livre dans leur prochain numéro.

C'est pourquoi, et jusqu'à nouvel ordre, je ne proposerai plus de nouveau livre à des éditeurs. Mes contrats en cours continuent évidemment d'être effectifs, mais il n'y en aura pas d'autres. J'ai proposé Moortopia à un autre éditeur en début d'année, mais je ne me fais pas d'illusions, maintenant je connais le métier : s'il n'y a pas eu de réponse au bout de trois ou quatre mois, il n'y en aura jamais.

Cela ne signifie pas que je vais m'arrêter d'écrire. Je vais peut-être, tout simplement, me recentrer sur InLibroVeritas et Atramenta, où Alva & Eini est toujours en vente (sous forme numérique uniquement). Je suis consciente que je ne vais pas y gagner, voire que selon mes options je vais y perdre, de l'argent, mais ce que j'ai gagné jusque-là était de toute façon trop faible pour avoir une quelconque importance. Il est possible que Moortopia, puis peut-être Dernière Course, soit bientôt publié là-bas de manière payante ou gratuite.

Cette annonce n'appelle pas forcément de réactions, et je sais bien que le départ d'une autrice que personne ne lit ne va pas déclencher de mouvements de foule. Cependant cela avait besoin d'être dit, pour pouvoir enfin mettre des mots sur ce que je ressens et tourner la page, en attendant d'écrire un nouveau chapitre, suivi peut-être par d'autres plus tard.
La fin du voyage... ou une pause en attendant le prochain ? - Par Caspar David Friedrich [Domaine public], via Wikimedia Commons

samedi 18 mai 2019

Selkie

Coïncidence, nous sommes en mai, mois qui est associé par certains artistes au défi Mermay, ou "une sirène par jour". Certes, il ne s'agit pas d'un dessin, je ne renouvellerai pas l'exploit tous les jours et ma sirène ou selkie est un peu particulière (une créature extra-terrestre), mais quelque part, les thèmes se rejoignent même si c'est de manière complètement fortuite.
Selkie est la première nouvelle que j'écris depuis la fin des nouvelles aventures de l'Alchimiste, et encore une dont l'idée m'est venue assez vite. Pour l'écriture, c'était un peu moins évident : après m'être lancée pendant quelques jours dans l'histoire, j'ai commencé à me rendre compte que le déroulement de l'histoire commençait à devenir forcé, tordu, et que le narrateur devenait une vraie girouette qui pensait tout et son contraire : bref, je n'arrivais plus à continuer. J'avais le choix entre tout arrêter et sabrer la moitié de ce que j'avais déjà écrit pour faire repartir l'histoire dans une autre direction plus droite, plus cohérente et plus dynamique.
Si je peux écrire cet article aujourd'hui, c'est que j'ai choisi la seconde option et que j'ai réussi à m'y tenir. Je considère que c'est la preuve que j'ai fait ce qu'il fallait : avec une idée plus claire de la direction à prendre, l'écriture était plus facile que dans la première version. Cela a également facilité la relecture : ayant déjà fait un premier examen du texte qui avait conduit à d'importantes modifications, je n'avais plus que quelques finitions à y apporter.
L'histoire n'est peut-être pas très originale, mais c'était un excellent exercice, et j'espère que le résultat plaira à quelques lecteurs et lectrices. Je vous laisse en juger en allant le lire sur Atramenta ou sur InLibroVeritas.
Je vais peut-être maintenant faire avancer une éventuelle publication de Dernière Course qui a subi une première beta-lecture avec succès (j'aimerais maintenant le faire passer par une sensitivity reader pour ne pas me rater avec les personnages de May et Uru).
Couverture de "Selkie" ("A Sea Maiden Resting on a Rocky Shore" par Alfred Glendening Jr. [Domaine public])

mercredi 27 mars 2019

Camp NaNoWriMo et Dernière Course : c'est reparti pour 2019

Rappelez-vous : ma dernière (qui était aussi ma première) participation au Camp NaNoWriMo, c'était en avril dernier, pour donner un coup de boost à l'écriture de Dernière Course. Une tentative qui s'était soldée par un succès puisque j'étais même allée au-delà de l'objectif initial et que quelques mois plus tard, je mettais enfin le point final à Dernière Course.
Cependant, je savais que ce n'était qu'un premier jet avec des imperfections, et malgré ma satisfaction d'avoir réussi à écrire mon plus long roman en ce jour, je savais dès juillet dernier que Dernière Course, comme une des voitures de course dont il parle, allait avoir besoin d'un bon coup de polish, et avant cela, d'un petit examen du moteur et de la carrosserie pour réparer tout ce qui pourrait aller de travers. J'aime énormément Dernière Course, et c'est justement pour cela que je voulais le retravailler, pour être sûre que cette histoire aille au maximum de son potentiel, ou du moins au maximum où je peux l'emmener avec mes compétences d'autrice actuelles.
Beaucoup de choses m'ont empêchée de commencer ce travail jusque-là : ma répugnance naturelle pour la réécriture qui peut très vite me faire détester ce que j'ai adoré écrire, ma baisse de moral l'été dernier suite à la non-publication de Moortopia, la nécessité de terminer La Légende de Thaalia puis Le plan des hommes-métal, autant de choses qui ne m'ont pas aidée à me remettre à Dernière Course. Je gardais pourtant tout cela dans un coin de ma tête, notant des pistes d'amélioration parfois contradictoires ou trop détaillées, mais sans jamais perdre tout à fait de vue l'idée globale.
L'arrivée du mois d'avril et du Camp NaNoWriMo 2019 m'ont suggéré l'idée de boucler la boucle (ce genre de symbole a de l'importance pour la motivation) et de lancer enfin en 2019 la réécriture de ce que j'avais terminé en partie grâce à l'édition de 2018.
Je me suis d'ores et déjà installée dans une cabane avec des gens que je connais un peu grâce à Twitter, et pour la première fois dans un projet de type NaNoWriMo, je me fixe un objectif non pas en mots (Dernière Course est déjà globalement écrit et je n'ai pas pour but de l'étendre à l'infini) mais en heures, pour me forcer à passer du temps sur cette réécriture. En prévoyant un rythme d'1 heure par jour ouvré et 3 heures par jour de week-end ou jour férié (Lundi de Pâques inclus), c'est donc un objectif initial de 47 heures que j'ai choisi. Si je passe plus de temps, tant mieux. Si j'ai besoin de moins d'heures pour amener Dernière Course au niveau que je souhaite, tant mieux aussi, mais j'y crois moins.
Mes principaux axes de travail sont les suivants :
  1. Éliminer toutes les incohérences et les répétitions scénaristiques (entre autres, il y a une double amnésie qui me semble redondante, une seule perte de mémoire suffit et aura plus d'impact). C'est sûrement cette partie qui va m'occuper le plus.
  2. Accentuer le côté cyborg et connecté de Saïba, ainsi que l'intrusion dans son cerveau que cela implique.
  3. Donner un peu plus d'importance aux personnages de May et Uru, et éventuellement au "Chico de Cuba" qui est actuellement le moins présent de tous.
S'ajoutera évidemment à cela tout problème ou idée d'amélioration qui pourrait me venir en cours de "route"...
J'appréhende cette réécriture, et en même temps j'ai hâte de m'y remettre. Depuis juillet dernier, Dernière Course et ses personnages ne m'ont jamais totalement quittée, et il suffit parfois d'une image ou d'une musique pour que je me sente repartir sur la Transcontinental 50 avec William "Shadow" Chaser, Saïba et les autres. Après tout, il n'y a que les routes qui sont belles, et peu importe où elles nous mènent...
On the road again... - Par Regulator78 sur English Wikipedia [Domaine public]

samedi 29 septembre 2018

De mon travail "officiel" et de l'écriture

Je mène depuis que j'ai 21 ans (date à laquelle j'ai eu mon diplôme d'ingénieur et que j'ai commencé à travailler) une double carrière d'ingénieur en informatique et d'autrice de science-fiction et de fantastique. Même si on pourrait dire que cette seconde "carrière" n'a réellement commencé qu'en 2013 quand j'ai publié Alva & Eini sur Atramenta, je n'ai pas attendu ce moment pour écrire, et déjà en école d'ingénieurs, je passais du temps les soirs et week-ends à écrire Cyber-Arena, Les Anges maudits et même le premier jet du Don d'Osiris.
Pour l'anecdote, quand j'ai commencé à travailler, je mettais un point d'honneur à séparer travail et vie privée en allant jusqu'à porter un "uniforme", c'est-à-dire un tailleur que je retirais quand je rentrais à la maison pour bien marquer que je n'étais plus au travail. La stratégie n'a fonctionné qu'un temps et j'ai fini par comprendre que je ne pourrais pas empêcher mon travail de s'inviter dans le reste de mon temps... ni le reste de mon temps de s'inviter dans mon travail.
Un environnement dans lequel je reste immergée pendant une quarantaine d'heures par semaine, en plus d'être indispensable pour payer les repas et les factures parce que ce n'est pas avec mes pauvres gains d'autrice que je vais y arriver, a forcément une influence non négligeable sur ce que j'écris. Elle est plus perceptible quand je me lance dans des univers contemporains ou futuristes, bien entendu.
Un des exemples les plus marquants est Duncan Blackthorne et l'Ange écarlate où une entreprise nommée TrendLearning.com est directement inspirée d'un de mes anciens employeurs, tout en se conformant aux codes des années 90 et du début de la vague des surfingnet.com. J'avoue qu'il n'était pas bien difficile d'en faire une entreprise servant de couverture aux activités d'un Arcane Mineur, quand l'original faisait tout pour convaincre qu'il était lui-même noyauté par une secte, notamment avec d'étonnants séminaires obligatoires à base de tests de personnalité sans guère de fondement scientifique. J'ai quitté cette entreprise peu avant de terminer l'écriture de Duncan Blackthorne et l'Ange écarlate, je vous laisse imaginer pourquoi.
Plus près de nous, Dernière Course emprunte également à mon emploi actuel : sans donner trop de détails, je travaille pour une grosse entreprise américaine, dont la maison-mère a eu maille à partir avec des lois antitrust et des attaques en justice d'autres grandes entreprises, et nous a concocté à ces occasions une communication millimétrée où les disclaimers  à base de "ces propos n'engagent que la personne qui les a écrits et ne constituent pas un communiqué officiel de l'entreprise" devenaient plus longs que les messages eux-mêmes. Du pain béni pour imaginer la communication de Cyclope Systems et de leurs avocats.
Mais dans le monde du travail, il n'y a pas que les entreprises elles-mêmes, il y a aussi les collègues. Dans un milieu geek comme l'informatique, on croise des personnages dans tous les sens du terme (et j'en suis probablement un à ma manière) et il est facile de s'inspirer d'eux pour peupler un roman ou une nouvelle. Un collègue a particulièrement la tête de l'emploi ? Il fera un excellent spécialiste de la programmation des cyborgs dans Dernière Course. Un autre a une manière particulière de parler ? Je m'arrête un instant sur une réplique en me demandant si elle rendrait bien en étant prononcée par lui. Un chef m'embête d'une manière ou d'une autre ? Pas de problème, un rôle de méchant ridicule sera taillé sur mesure pour lui.
Parfois, plus simplement, quand j'ai du mal à cerner l'apparence physique d'un personnage, je n'ai qu'à chercher parmi mes collègues pour en trouver une et en faire ressortir facilement les traits principaux, et il n'y a pas besoin d'aller très loin pour trouver des exemples : c'est de cette manière que j'ai défini le gros de l'apparence d'Oliver Lloyd dans L'étrange affaire Nottinger. Il y a également gagné son prénom définitif, ayant commencé sa carrière avec celui de Cole.
Malgré cela, la relation entre mon travail "officiel" et mon activité d'autrice est assez compliquée car avant tout, le premier prend du temps à la seconde, et surtout, pour reprendre une expression bien connue, du "temps de cerveau disponible", avec un très pénible effet de persistance : quand mon travail m'a bien pris la tête, il devient très difficile voire impossible de me remettre à l'écriture même avec la meilleure volonté du monde. Un grand nombre de séances d'écriture potentielles, ou parfois même d'idées dont le seul tort était de venir au mauvais moment, a fini dans le néant à cause d'un enchaînement de réunions trop pénibles ou d'une prise de tête d'un autre genre pendant la journée. Ne nous voilons pas la face, je m'en suis aussi vengée plus d'une fois en empruntant un peu de temps inoccupé à l'écriture d'un paragraphe de Dernière Course ou de La Légende de Thaalia. Mon activité d'écriture a aussi eu une influence un peu plus anecdotique et un peu plus étonnante sur mon travail : mes mots de passe sont inspirés (évidemment avec quelques ajustements) des titres de mes livres ou de mes projets en cours. Mes collègues n'étant pas très au courant de ces derniers, il leur est virtuellement impossible de deviner le mot de passe, et comme il est assez long, la méthode brute force n'est pas très efficace non plus.
En conclusion, n'en déplaise à mon "moi" de mes débuts sur le "marché" du travail, mon emploi "officiel" et mon activité d'autrice sont intimement liés pour le meilleur et pour le pire, chacun des deux gagne quelque chose de l'autre et aucun des deux n'aurait tout à fait le même aspect sans l'autre. Sans écriture, mon travail serait d'un ennui mortel. Sans travail, mon écriture raterait quelques inspirations. Le tout est de savoir les faire cohabiter intelligemment et avec l'esprit ouvert.

lundi 9 juillet 2018

"Dernière Course" passe la ligne d'arrivée !

C'est arrivé ce week-end, ce dimanche plus précisément, à peu près en même temps que l'arrivée de la 2e étape du Tour de France (qui passait près de chez mes parents, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je regardais) : j'ai enfin écrit le dernier mot de Dernière Course, après plusieurs mois d'écriture plus ou moins intensive et un bon coup d'accélérateur en avril pendant le Camp NaNoWriMo, suivi d'une petite baisse de régime en mai et en juin mais qui ne m'ont pas empêchée de mettre le point final au récit, avec le mot "liberté" qui implique bien plus de choses qu'on ne pourrait le croire avec un simple mot.
Je sais cependant que ce n'est qu'un premier jet, et que sans même avoir commencé à le relire (je laisse "décanter" pour l'instant pour y revenir plus tard), j'ai déjà remarqué qu'il y a des incohérences auxquelles il va falloir remédier, et peut-être même en profiter pour enrichir le récit, même s'il fait déjà plus de 77000 mots, ce qui en fait peut-être le roman le plus long que j'ai écrit jusque-là (à titre de comparaison, L'étrange affaire Nottinger fait environ 60000 mots, Alva & Eini environ 67000). Je sais que la longueur ne fait pas forcément la qualité, mais Dernière Course porte bien son nom : son écriture s'apparente à une véritable course d'endurance qui m'a donné l'impression de traverser une bonne partie des États-Unis avec ses héros.
Maintenant, il est temps de souffler un peu et de me pencher sur Moortopia, dont j'attendais des nouvelles pour fin juin mais l'éditeur est un peu en retard. Si Moortopia ne revient pas tout de suite sur le devant de la scène, je pourrai toujours terminer le conte fantasy que j'avais entamé et dont je ne sais pas exactement où il va aller, La Légende de Thaalia.
En attendant d'autres nouvelles de Dernière Course, voici quelques citations éditées via Quozio juste pour le plaisir des yeux :



lundi 30 avril 2018

Fin du Camp NaNoWriMo

Mon premier Camp NaNoWriMo se termine aujourd'hui, mais comme je l'avais prévu à mi-parcours, pas l'écriture de Dernière Course. Avec 63400 mots au compteur de mon LibreOffice et 63898 au compteur officiel du Camp NaNoWriMo (au moment où j'écris cet article ; le Camp NaNoWriMo se termine officiellement à minuit, mais je ne compte pas rester debout jusque-là même si le 1er mai est férié), Dernière Course est cependant assuré de battre un record puisqu'il est d'ores et déjà plus long que L'étrange affaire Nottinger.
Il ne reste plus grand-chose à écrire, ce sont les dernières étapes de la course et les personnages eux-mêmes en sont conscients. Pourtant, malgré un événement aussi inattendu qu'éprouvant (la mort d'un pilote en pleine course, et même si c'était un raciste qui votait Trump, le voir mourir en quasi-direct reste traumatisant), ils ne sont pas encore tout à fait au bout de leurs surprises ni de leurs épreuves. Le fait que le héros soit habitué à la compétition et aux défis, et surtout à les gagner, pourrait autant être un atout qu'un handicap dans les derniers rebondissements qui s'annoncent...
Je ne suis pas encore tout à fait certaine de l'aspect exact de la fin de Dernière Course. Il est d'ailleurs possible que je fasse une petite pause dans son écriture au mois de mai, d'abord pour essayer de voir ce que je peux faire d'une idée de conte fantasy qui me tourne dans la tête comme un fauve en cage, La Légende de Thaalia (titre provisoire), ensuite parce que les premiers retours sur Moortopia sont annoncés à peu près au moment des Imaginales, et même si mon éditeur a parfois tendance à être en retard, je dois quand même m'attendre à devoir bientôt retravailler sur Moortopia. Une intense activité d'écriture en perspective !
Gagné ! Cliquez ici pour voir les statistiques complètes du Camp NaNoWriMo et de "Dernière Course".

dimanche 15 avril 2018

A mi-parcours du Camp NaNoWriMo

Ce mois d'avril est marqué par ma participation au Camp NaNoWriMo, une première pour moi car si j'avais déjà participé au NaNoWriMo "classique" en 2014, 2015 et 2016, ayant produit respectivement De Charybde en Scylla, Dead End City et La Passion et l'Opéra, je n'avais encore jamais essayé le Camp.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, commençons par un petit aperçu des spécificités du Camp par rapport au NaNoWriMo : les deux ont pour principe de compléter un projet d'écriture en un mois, mais là où le NaNoWriMo "classique" a pour objectif immuable d'écrire 50000 mots, le Camp est plus décontracté et permet de choisir soi-même son objectif. Le NaNoWrimo se déroule toujours en novembre tandis que le Camp offre plusieurs sessions, en avril et en juillet. Autre différence : malgré la présence de forums, le NaNoWriMo est une aventure plutôt solitaire, tandis que le Camp inclut un système de "cabanes" (cabin en anglais), des mini-groupes de discussion permettant de visualiser l'avancement des projets de chacun et de se parler (et s'encourager) mutuellement. Lorsqu'on n'écrit pas en anglais, il est conseillé de rejoindre une cabane privée ou de créer la sienne, les chances de tomber sur une cabane publique avec des non-anglophones (a fortiori avec des francophones) étant assez minces.
Je me suis inscrite au Camp NaNoWriMo pour tenter de terminer l'écriture de Dernière Course, qui était déjà bien avancée mais dont la fin n'était pas encore là. Je me suis donné pour objectif, un peu au hasard, d'atteindre 60000 mots (la longueur approximative que, selon moi, Dernière Course devrait avoir une fois terminé), en commençant à 48292, soit très exactement 11708 mots à écrire pendant le mois. Mais ce n'était pas tellement le nombre de mots qui m'intéressait quand je me suis inscrite, c'était surtout de faire avancer l'intrigue et de donner un petit coup de boost à une écriture qui ralentissait (un comble pour une histoire de course !), et aussi, bien entendu, d'essayer le Camp NaNoWriMo et de voir à quoi cela ressemble.
Après m'être retrouvée dans une cabine publique avec 19 anglophones (que j'ai quittée avant le début du Camp) et avoir raté une invitation, j'ai créé ma propre cabine nommée "Galériens de l'écriture, bonjour", et au fil des invitations, je me suis retrouvée à la partager avec 4 camarades campeurs chacun avec son projet, dont beaucoup de fantasy ou de fantastique young adult. C'est intéressant, cela permet de découvrir d'autres projets et de s'encourager mutuellement, et parfois on en a besoin, surtout quand on a du travail ou des révisions d'examen en parallèle et qu'il est difficile de se remettre à l'écriture...
Me relancer à fond dans l'écriture de Dernière Course m'a au moins fait prendre conscience de quelque chose : Dernière Course, c'est l'héritier spirituel direct de Cyber-Arena. Au-delà de Cyclope / Cyclope Systems qui domine le jeu dans les deux, nous avons aussi affaire à un cyborg (certes pas du même type et pas créé dans les mêmes circonstances), des personnages principaux qui hésitent entre une obéissance censée les maintenir plus longtemps en vie et une prise de risque énorme pour gagner leur liberté, et une histoire d'amour difficile à avouer. Auto-plagiat ? Je n'en suis pas sûre, même s'il est plus commode de se plagier soi-même parce que c'est plus facile de s'expliquer entre plagiaire et plagié. Pour rappel, Cyber-Arena a été publié sur Atramenta en 2011 (et écrit au début des années 2000, quand j'étais encore en école d'ingénieurs), et depuis, il y a eu beaucoup d'écriture et de gain d'expérience qui va avec, surtout avec l'intervention de mon éditeur. Dernière Course est donc à tout le moins la forme évoluée de Cyber-Arena, et au-delà du fait qu'en matière d'affrontement, la course automobile a remplacé les arènes de combat à la Unreal Tournament, l'histoire et le message sont quand même différents, les personnages plus aboutis (du moins je l'espère) et enrichis de diverses influences.

Bilan de cette moitié de Camp NaNoWriMo donc :
En ce dimanche 15 avril, j'ai écrit 57424 mots sur Dernière Course, soit 9132 depuis le début du Camp NaNoWriMo. Il me reste donc 2576 mots pour atteindre mon objectif.
Compte tenu de mon avancement actuel, j'ai maintenant la quasi-certitude que je ne serai pas encore arrivée à la fin une fois les 60000 mots atteints (à moins de vraiment bâcler la fin, ce que je ne veux pas).
Selon l'évolution du projet dans la seconde partie du mois, je n'exclus pas de relever un peu l'objectif, mon but essentiel étant d'arriver le plus près possible de la fin de Dernière Course. Si je n'y suis pas arrivée au 30 avril, il me restera le mois de mai (modulo mes vacances de mai et les Imaginales) ainsi que les mois suivants, à moins que Moortopia ne revienne de chez l'éditeur avec des modifications à la clé : priorité aux livres qui sont en bonne voie d'édition.
Globalement, je pense que je suis bien partie. Je ne me donne pas à fond comme j'ai pu le faire pour les NaNoWriMo, mais c'est pour éviter de me stresser ou de remettre en cause le plaisir d'écrire, et pour privilégier la qualité à la quantité. Dernière Course a vocation à être présenté à mon éditeur une fois terminé, si du moins j'en trouve le courage une fois qu'il sera terminé (on ne sait jamais, je pourrais aussi finir par conclure que ce n'est pas mon meilleur roman et qu'il vaut mieux que je reparte sur autre chose).
Un petit bisou au passage à Peter Capaldi, qui m'a inspiré William Chaser et qui a fêté ses 60 ans hier.
Fière participante au Camp NaNoWriMo 2018 ! Cliquez ici pour voir les statistiques de "Dernière Course" (accès public, l'inscription n'est pas nécessaire).

jeudi 22 mars 2018

"Dernière Course" : coup d'œil dans les paddocks

Maintenant que L'étrange affaire Nottinger est sorti et que Moortopia est entre les mains de mon éditeur (croisons les doigts pour que la réponse soit positive, et surtout pour qu'il y ait moins de rebondissements et de pannes de communication cette fois), il est temps de parler de mon dernier projet d'écriture en cours, intitulé Dernière Course.
A l'image des voitures de course qui peuplent l'histoire, l'idée de Dernière Course est arrivée extrêmement vite alors que je ne l'attendais pas du tout. J'ai pris les premières notes de son scénario quasiment d'un trait, comme une évidence, à ceci près que le premier titre qui m'était venu à l'esprit était La Dernière Course, mais le "la" a sauté presque aussitôt après pour rendre le titre plus percutant. Et l'écriture a été rapide, elle aussi, malgré des hauts et des bas : j'affiche actuellement 40000 mots au compteur.

Pourquoi écrire sur une course de voitures ? Bonne question. Ce n'était pas le genre de sujet sur lequel je pensais écrire en temps normal. Peut-être que c'est mon passé qui me rattrape, celui où j'habitais chez mes parents et en me levant le dimanche matin, j'étais quasiment sûre de trouver la télé allumée sur Turbo ou la Formule 1 ? Je n'aimais pas spécialement ça, mais quelque chose avec lequel j'ai été "élevée" fait aussi partie de moi.
Les westerns aussi font partie de mon enfance,  d'où sûrement le nom particulier donné aux ennemis récurrents de l'histoire, "Butch" Cassady et son copilote le "Kid". Même si le nom de Cassady évoque aussi Sur la route de Jack Kerouac (dont la philosophie sera invoquée à plusieurs reprises dans Dernière Course), l'homme affiche fièrement son surnom de "Cow-boy de la route", il n'est d'ailleurs pas le seul puisque tous les concurrents en vue arborent des gimmicks de vedettes de catch. Mais le monde étant ce qu'il est de nos jours et dans le futur très proche dans lequel Dernière Course se déroule, les roadsters (dont certains sont électriques) ont remplacé les chevaux, et les duels se règlent à coups d'avocats, de déclarations assassines aux médias et de gros sous.
Cheval futuriste électrique, alias Tesla Roadster II - Par Maddmackmurph [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

Face au "Cow-boy de la route", l'autre vedette de la course est le "Vieux aux tripes d'acier" William Chaser. Ceux qui suivent mon blog et qui savent que j'adore Doctor Who ne s'étonneront pas qu'après Matt Smith dans L'étrange affaire Nottinger, c'est le "Douzième Docteur" Peter Capaldi qui s'invite dans Dernière Course pour le rôle de ce "Vieux aux tripes d'acier" qui semble s'accrocher sans faillir à la course et à l'état d'esprit qu'elle représente pour lui, même si tous ses concurrents ne respectent pas les mêmes principes. "La route, c'est la vie", et celui qui grince toujours un peu des dents quand on l'appelle le "Vieux" laisse entendre qu'il n'arrêtera la course que dans la tombe, même si la suite de l'histoire dévoilera une réalité un peu différente...
Chaser est dans la place ! - Par Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America (Peter Capaldi) [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

Comme le Docteur, Chaser a son assistante, qui est d'ailleurs la narratrice de Dernière Course et qui devient malgré elle le catalyseur de la plupart des tensions entre concurrents : en effet, Saïba (du japonais サイバ qui n'est autre que la retranscription de l'anglais cyber) est un prototype de cyborg, et donc la première participante cybernétique de la course. Et même si sa participation se fait à la demande même du principal sponsor de la course, les objections vont bon train sur l'avantage injuste qu'elle pourrait procurer à Chaser par rapport à un copilote "normal", tandis que Saïba hésite entre cacher et révéler quelles sont ses véritables relations avec le susdit sponsor.

Le sponsor en question, c'est Cyclope Systems. Déjà utilisé dans Cyber-Arena (où il y avait aussi un cyborg, mais pas du même type) sous le nom de Cyclope tout court, c'est l'archétype de la grosse entreprise ultra-technologique mais à la gestion inhumaine, pour qui une vie ne pèse pas lourd dans la balance, fût-ce celle de l'un de leurs prototypes, surtout que le prototype en question a été créé dans des circonstances assez particulières. Depuis Cyber-Arena, Cyclope Systems a évolué en s'inspirant de toutes sortes d'histoires d'actualité récente plus ou moins remaniées, qui seront à chercher et à découvrir pour les plus curieux.

Pour que le mélange détonnant soit le plus efficace possible, il ne reste plus qu'à ajouter que j'ai aussi incorporé à Dernière Course de l'alt-right américaine (malheureusement d'actualité) qui s'étrangle devant la présence de pilotes étrangères et homosexuelles dans la course, des avocats américains évidemment véreux, sans oublier un soupçon de bipolarité pour rendre le tout exceptionnellement explosif... Une histoire dont vous aurez bientôt des nouvelles puisque j'ai décidé de profiter du Camp NaNoWriMo d'avril 2018 (il fallait bien que je m'y intéresse un peu après avoir raté le NaNoWriMo de 2017) pour en effectuer les derniers tours.