samedi 13 février 2016

Bientôt la fin de l'affaire Nottinger ?

En tout cas, je n'en ai jamais été aussi proche, car je viens enfin de finir la première phase de relecture de L'étrange affaire Nottinger !
Mais tout n'est pas terminé pour autant. Maintenant c'est le tour de Benoît de "travailler" un peu, en lisant ce que j'ai écrit et en me disant ce qu'il en pense. Il essaie actuellement de lire les oeuvres complètes de H.P. Lovecraft, et j'espère que L'étrange affaire Nottinger s'inscrira bien dans la continuité, même si je vois plutôt l'histoire comme inspirée des oeuvres plus tardives du  Mythe de Cthulhu ainsi que du jeu de rôle L'Appel de Cthulhu.
Parallèlement, je me suis remises aux Chroniques Nottinger, l'histoire des différents membres de la famille Nottinger d'Edward Percy à Edward Roger. Je suis actuellement dans celle de la troisième génération représentée par Edward Charles, et qui est devenue un pivot dans l'histoire, puisqu'elle va finalement expliquer l'échec d'Edward Roger deux générations plus tard, qui va déclencher les événements de L'étrange affaire Nottinger elle-même.
Je ne sais pas encore comment les Chroniques Nottinger pourraient être intégrées à L'étrange affaire Nottinger, s'il serait meilleur de les mettre à l'intérieur du livre ou d'en faire une sorte de "DLC" pour les acheteurs du livre. Le Don d'Osiris contient un QR Code qui permet d'accéder à la version numérique du livre, j'aimerais quelque chose de similaire dans L'étrange affaire Nottinger permettant de retrouver les Chroniques Nottinger. Enfin, ce sera un choix de l'éditeur, et vu comme il est occupé avec ses problèmes de distributeur en ce moment, je pense attendre de toute façon un peu de temps avant de lui proposer L'étrange affaire Nottinger.

mercredi 3 février 2016

Rupture de la chaîne du livre

La chaîne du livre, c'est comme la chaîne du froid des aliments : la rompre peut être dangereux.
Et comme pour la chaîne du froid, c'est le magasin ou le distributeur qui la rompt, et ce n'est pas sur lui que retombent les conséquences (pas les plus directes en tout cas).
En l'occurrence, c'est le distributeur/diffuseur qui l'a rompue. Et les conséquences concernent tous ceux (à l'exception notable du distributeur/diffuseur lui-même) qui ont travaillé sur Le Don d'Osiris, à savoir essentiellement moi, mon éditeur, mon correcteur (lui aussi auteur chez Le Peuple de Mü), sans oublier les lecteurs potentiels, qui ne verront peut-être plus Le Don d'Osiris en magasin.
Je dois faire un petit flash-back pour expliquer comment tout a commencé.
Suite à la publication du Don d'Osiris en janvier 2015, j'ai pu participer au Salon du Livre avec mon éditeur et deux autres auteurs. Sur un minuscule stand que certains prenaient pour la réception ou le bar, mais nous y étions. Et à cette occasion, l'éditeur a entamé des négociations avec le distributeur/diffuseur SoBook afin d'améliorer la visibilité de son catalogue en pleine expansion.
Peu de temps après, la nouvelle est tombée à la satisfaction générale : l'accord avec SoBook était signé ! Quelques informations encourageantes sont aussi arrivées par la suite : du travail sur les couvertures et la mise en page en collaboration avec SoBook, une mise en avant du Peuple de Mü dans le catalogue fantasy, une grosse commande chez Auchan... Bref, on ne se voyait pas en haut de l'affiche, mais déjà avec plus de visibilité.
Et à la fin de l'année 2015, ça a été le retour à la réalité. L'éditeur nous annonce de mauvais résultats dus à "l'incompétence du diffuseur". Pas plus de détails, mais la météo est houleuse, l'éditeur parle de grosses pertes sur le dernier quadrimestre.
Puis est arrivé le communiqué de presse officiel aujourd'hui, où nous apprenons que le diffuseur/distributeur semble avoir traité le catalogue du Peuple de Mü par-dessus la jambe, c'est-à-dire en le confiant tout simplement à d'autres sociétés, sans doute pour diminuer les coûts et sans vraiment surveiller la qualité. Résultat, un référencement incomplet, une visibilité quasi-nulle des livres papier, et une grosse perte financière pour l'éditeur comme pour les auteurs qui espéraient vraiment avoir une meilleure chance de faire connaître leurs ouvrages.
J'ai l'impression de voir les centaines de Don d'Osiris et d'autres livres dormant dans un coin alors que personne ne se donne la peine de les distribuer. Du gâchis.
Mais surtout, je suis triste pour mon éditeur qui est quelqu'un de très sympathique, très sincère et qui s'est donné du mal pour donner le meilleur de tous les livres qu'il a édités, et dont les efforts ont été ruinés parce que le maillon suivant de la chaîne du livre n'a pas fait son travail.
La seule bonne nouvelle dans tous cela, c'est qu'il ne compte pas rester sans réagir et qu'il porte plainte contre SoBook. Apparemment d'autres petits éditeurs sont aussi concernés, j'espère qu'ils se porteront partie civile pour donner plus de poids à la plainte.
Et il ne renonce pas. Il compte continuer, quitte à assurer le distribution autrement. En attendant, il nous pose la question à tous : continuer avec lui ou pas malgré l'actualité difficile ?
Je ne me vois pas arrêter maintenant. Heureusement je n'ai pas besoin de mes droits d'auteur pour bien vivre, mais c'est plutôt la question de la visibilité qui me ferait m'arrêter. Même des gens qui voulaient acheter Le Don d'Osiris ont eu des difficultés pour le trouver en librairie, alors il est probable que personne ou presque ne l'ait trouvé par hasard.
Mais il n'y a pas que la visibilité : j'ai quand même eu la chance (et même, je crois, beaucoup de chance) d'avoir trouvé un éditeur à taille humaine et qui se soucie vraiment de ses auteurs. Parce que c'est important pour moi, je ne me vois pas laisser tomber. Sauf s'il s'avère que Le Don d'Osiris lui coûte plus d'argent qu'il n'en rapporte et qu'il serait meilleur pour sa santé financière que j'arrête.
Alors si les petits éditeurs sont importants pour vous, allez voir le catalogue du Peuple de Mü : pas besoin de diffuseur, soutenez-le directement.

Pour en savoir plus:

Chaîne du livre à protéger... - Par Biblioteca Centrală a BM "B.P.Hasdeu" from Chisinau, Moldova (Desfășurarea experimentului pas cu pas...) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

lundi 25 janvier 2016

Chaos organisé

Ce terme pourrait s'appliquer à bien des choses en ce moment, mais il s'agit du titre de la première anthologie de mon éditeur Le Peuple de Mü prévue pour décembre 2016.
Plusieurs auteurs apportent leur participation à l’œuvre, j'ai envoyé il y a peu de temps mon propre texte, une nouvelle intitulée Ex Machina. L'histoire en quelques mots : dans un futur assez proche, un "plombier de l'extrême", spécialisé dans les réparations des stations spatiales creusées dans des astéroïdes, est abattu apparemment sans raison par l'un de ses collègues. S'ensuivent, dans les parties suivantes (pas toujours classées par ordre chronologique), différentes mini-catastrophes comme l'évasion inexpliquée d'une activiste ou la réhabilitation en hôpital psychiatrique d'un jeune homme doté d'une "créativité excessive" (plus proche de nous, le DSM-V classerait déjà la créativité supérieure à la normale comme une maladie mentale, les artistes ont du souci à se faire...).
En le lisant, Benoît a qualifié l'ambiance de "chaos latent". D'autres auteurs ont d'ores et déjà envoyé leurs textes et j'espère que cela sera suffisant. La prochaine étape, dans les mois qui suivent, sera que l'éditeur contacte ses illustrateurs habituels, pour donner un aspect un peu plus visuel à cette future anthologie dont je suivrai la progression.

samedi 9 janvier 2016

"Nana" d'Emile Zola

J'ai décidé de faire un petit retour aux classiques dans mes lectures, entre deux StoryBundles de science-fiction et de fantasy. Attention, depuis quelques années, Nana a un peu perdu de sa visibilité à cause d'un manga homonyme, donc je précise pour ceux qui auraient confondu que l'on parle bien ici du roman d’Émile Zola : pas de Nana Ozaki ni de Nana Komatsu à l'horizon.
Publié en 1880, Nana fait directement suite à L'Assommoir, autre roman du cycle des Rougon-Macquart. Nana (son véritable nom, comme on l'apprend dans L'Assommoir, est Anna Coupeau, mais il n'est jamais mentionné dans Nana) est une jeune fille issue des milieux ouvriers, dont les deux parents sont morts d'alcoolisme et de maladie. La seule famille qui lui reste est une tante, Madame Lerat ; mais sans argent, son seul moyen de s'en sortir est la prostitution, qui lui a déjà apporté un fils né de père inconnu, Louis dit Louiset. Sa beauté plantureuse lui permet cependant de faire son chemin chez les "demi-mondaines", ces célèbres prostituées de luxe de la fin du XIXème siècle qui prennent leur clientèle chez les riches et les aristocrates.
C'est d'abord en se produisant au théâtre que Nana se fait remarquer. Elle joue atrocement mal et chante "comme une seringue" de l'aveu même du directeur, qui sait malgré tout que la beauté de la jeune fille et son déhanchement provocateur sous de simples voiles de tulle assureront son succès et celui de la pièce, un navet intitulé Blonde Vénus.
"A l'Aube" par Charles Hermans, 1875 [Public domain], via Wikimedia Commons
Le roman suit alors la vie de Nana à partir de ce premier succès. Une vie dominée par le chaos, car cette vie dépend tous les jours des revenus que lui apportent ses amants, mais aussi des propres caprices de Nana. Enivrée par son succès, elle agit sans cesse sur des coups de tête, décidant même, vers le début du roman, de laisser tomber le théâtre et le bel appartement que lui payait un de ses "protecteurs" pour se mettre en ménage avec l'acteur Fontan, qui se lasse vite d'elle et finit par la battre, puis par la mettre à la porte dès qu'il lui a trouvé une "remplaçante". Nana jette alors son dévolu sur le riche et très catholique comte Muffat à qui elle fait complètement perdre la tête, notamment en lui révélant crûment que la comtesse Muffat, de son côté, trompe son ennui et son mari avec le journaliste et auteur Fauchery. Le comte accepte tout pour l'avoir : lui payer un hôtel particulier, financer sa domesticité qui la vole et des cadeaux qu'elle brise en mille morceaux par pur caprice... Il n'espérait en retour que la fidélité de Nana, mais après avoir eu l'air un temps fidèle, elle reprend vite de nouveaux amants, et ne dédaigne pas non plus les amours homosexuelles avec son "amie" Satin, qu'elle entretient aussi avec l'argent du comte. Le coup de grâce est donné au malheureux quand il découvre le lit hors de prix qu'il a accepté de payer... et son propre beau-père en compagnie de Nana dedans.
Si Nana se complait dans le luxe clinquant (on dirait le "bling-bling" de nos jours), l'auteur parle régulièrement de "pourriture" issue du caniveau qui est restée en elle et qui détruit tout ce qu'elle touche. Les hommes qui l'approchent tombent comme des mouches : quand ils ne sont pas conduits à la ruine comme le comte Muffat ou le banquier Steiner, ils se suicident comme le jeune Georges Hugon qui caressait le rêve impossible d'épouser Nana, mais qui se fait chasser et traiter de "bébé" quand il ose l'évoquer devant elle. On peut voir là une revanche de la jeune fille, issue des milieux les plus défavorisés, sur la haute société qu'elle qualifie de "tous aussi cochons" après avoir pu voir leurs secrets et leur intimité. Mais tout cela ne la rend pas heureuse pour autant, car elle se lasse de tout : des cadeaux précieux qu'elle préfère briser pour se défouler, des robes valant des milliers de francs qu'elle laisse à sa femme de chambre après les avoir portées deux fois, et bien entendu de ses amants. Elle ne semble capable d'aucun sentiment durable, même pas envers son fils, qu'elle fait venir à Paris au début du roman, mais pour mieux le confier ensuite à sa tante, le considérant généralement au mieux comme un joli poupon à montrer, au pire comme un boulet à son pied.
Après un dernier grand triomphe au champ de courses, quand une pouliche nommée d'après elle remporte la course contre toute attente (ce qui cause la ruine et le suicide de son propriétaire, accusé d'avoir truqué les paris), Nana décide de tout plaquer, revend tout ce qui lui reste, et part pour une destination inconnue, les rumeurs évoquant la Russie ou parfois l’Égypte. Un départ qui fait d'elle une légende.
L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais Zola, fidèle à son idée du naturalisme, s'applique à déconstruire la légende en ne racontant que la vérité crue : dans le dernier chapitre du roman, on apprend que Nana est revenue à Paris. Une ultime erreur de sa part, car en rendant visite à son fils malade, elle attrape la variole, qui lui est fatale. A la fin du roman, la "pourriture" qui la poursuit a fait son œuvre : la belle demi-mondaine n'est plus qu'un cadavre au visage enflé et noirci par les pustules, mort quasiment dans l'indifférence générale, à l'image de sa mère dont la mort, à la fin de L'Assommoir, n'est remarquée par les voisins que quand l'odeur de décomposition commence à empuantir les couloirs. A part quelques-unes de ses consœurs, Paris l'a déjà oubliée et s'enflamme pour un tout autre sujet : la guerre de 1870 qui commence.
"Nana" par Édouard Manet, 1877 [Domaine public], via Wikimedia Commons.
Nana a été jugé à sa sortie comme extrêmement choquant. Si notre époque en a vu d'autres et ne se laisse plus impressionner aussi facilement, il reste que le roman dresse un portrait sans fard de la face cachée de la bonne société française de la fin du Second Empire, et des femmes "légères" qui y passent de l'ombre à la lumière. On aurait pu l'intituler Splendeur et misère des courtisanes si Balzac n'en avait pas déjà eu l'idée, tant le luxe ostentatoire et les malheurs du vice s'y côtoient de près, non pas dans une "tranche de vie", mais plutôt dans un "tourbillon de vie", qui comme les tempêtes, finit par tout détruire sur son passage. L'entrée en guerre à la fin du roman le suggère : pour faire plus de dégâts (y compris sur elle-même) que Nana, il n'y a que la guerre.

samedi 26 décembre 2015

Bonnes fêtes de fin d'année !

L'année 2015 se termine, avec son cortège de repas de famille, de cadeaux et de sapins pleins de guirlandes, et il est bientôt temps de laisser la place à l'année 2016.
2016 sera pour moi tout d'abord l'année de la première anthologie de mon éditeur, intitulée Chaos organisé, et pour laquelle je viens de terminer ma nouvelle Ex Machina, ou le chaos essayant de refaire sa place dans un monde où l'humain n'est plus guère qu'un outil plus ou moins bien considéré, et ce par un moyen assez inattendu : les machines.
Ensuite, il me faudra me remettre à L'étrange affaire Nottinger, je l'ai laissé de côté il y a déjà deux mois et je commence à me demander si je vais bien reconnaître ce que j'ai écrit... Il va être temps d'agir un peu, si je veux que ça avance.
Meilleurs voeux à tous !
Miaou-lleurs voeux ! Quoi, vous n'avez jamais vu un chapin de Noël ? Par Scott Wylie from UK (Arla  Uploaded by Jacopo Werther) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

mardi 1 décembre 2015

Travaux manuels

Pour préparer l'année 2016, j'ai fait quelques travaux manuels sur un sujet dans lequel j'avoue que je n'ai pas beaucoup d'expérience : customiser un agenda.
L'agenda en question est un coup de coeur que j'ai eu sur Ulule : Eloge de la douceur, également disponible sur le blog de la créatrice : http://www.feuillesdevelours.fr/
Il était livré avec une mini-planche de stickers, que j'ai d'ailleurs failli perdre plusieurs fois, jusqu'au moment où je me suis décidée à faire quelque chose : d'abord, en utiliser tout de suite un pour le coller à la page de mon anniversaire...





Ensuite, mettre les autres dans une enveloppe venue tout droit du Japon, et dont les couleurs et les petits motifs de sakura no hana s'accordent parfaitement avec la présentation globale de l'agenda. Collée sur le rabat de l'agenda, l'enveloppe devient un espace de rangement supplémentaire pour les stickers et autres petits papiers !
Et puisqu'on en est à ajouter des gadgets importés du Japon, je glisse sous le rabat ce lot de Post-it colorés et illustrés qui pourront servir de signets ou d'espaces de notes supplémentaires.
Dernier petit accessoire ajouté à l'agenda : le marque-page, rose lui aussi et offert par l'institut Curie en échange d'un don pour Octobre Rose.
Et c'est parti pour affronter l'année 2016. Un peu de douceur ne sera pas de trop pour cette année prochaine, si elle est comme la fin de l'année 2015 (je précise : pas de politique là-dedans, je parle uniquement du point de vue de mon travail ici)...

samedi 28 novembre 2015

BookPack 2.1

Une petite annonce rapide après le NaNoWriMo pour vous signaler que mon BookPack a été remis à jour avec l'ajout de Dead End City ainsi que quelques corrections sur De Charybde en Scylla. Les liens à droite vous mèneront directement à la version 2.1.