samedi 30 novembre 2019

Lectures de novembre 2019

Contrairement à ce que j'avais annoncé en octobre, je n'ai pas fait le NaNoWriMo en novembre, préférant me concentrer sur d'autres projets comme les nouvelles aventures de l'Alchimiste. Ce qui m'a aussi laissé du temps pour lire tout cela :
  • Bug-Jargal - Victor Hugo
    • Français
    • Numérique
L'histoire d'une révolte d'esclaves à Saint-Domingue (futur Haïti) à la fin du XVIIIe siècle, vue par un colon blanc qui croit perdre dans l'affrontement la seule chose qui compte pour lui, sa fiancée Marie. Au cœur du conflit, il parvient à se lier d'amitié avec l'un des chefs de la révolte, Bug-Jargal, son ancien esclave que les autres meneurs n'apprécient guère. Le ton condescendant envers les noirs trahit le point de vue de l'auteur qui s'exprime par des notes de bas de page, mais des questions toujours d'actualité se posent quand même : faut-il faire preuve d'autant de cruauté que les oppresseurs au risque d'être vu comme ne valant pas mieux qu'eux, ou être modéré au risque d'être écrasé à la fois par ses adversaires et les radicaux ? Un individu peut-il être tenu responsable des agissements d'un peuple ("ce n'est pas moi qui t'ai fait ça, ce sont les miens" disent-ils tous les deux) et jusqu'à quel point l'ignorance peut-elle être une excuse ?
  • Shamanka, la magie est partout - Jeanne Willis
    • Français (traduit de l'anglais par Eric Chevreau)
    • Papier - Reçu via la box OnceUponABook d'octobre 2019
Sam est une orpheline pas comme les autres. Elle vit chez sa tante maltraitante et alcoolique telle une Cendrillon, sa meilleure amie est un orang-outan et son père, apparu dans une hallucination, serait le fils d'un sorcier africain en voyage initiatique. Ayant découvert les notes de ce père absent, Sam part à sa recherche, et croisera en route toutes sortes de personnages très particuliers, qui tenteront de lui démontrer que la magie existe, ou l'inverse. L'univers est onirique voire absurde, la narration très particulière rend l'immersion assez difficile et destine plutôt le livre aux adolescents voire aux enfants, qui apprécieront sans doute aussi l'explication de quelques "trucs" de magicien et autres astuces plus ou moins liées à la magie et à l'illusion.
  • American Gods - Neil Gaiman
    • Français (traduit de l'anglais par Michel Pagel)
    • Papier
Nouveau carton plein pour une œuvre de l'excellent Neil Gaiman, adaptée en série sur Amazon Prime. Plus de détails sur l'article dédié.
  • Revelation of the Daleks - Eric Saward
    • Anglais
    • Papier
Le Docteur et sa compagne Peri débarquent sur Necros, une petite planète dont la principale activité est le complexe funéraire "Tranquil Repose", qui se targue d'organiser les enterrements les plus prestigieux de l'univers, mais aussi de conserver les mourants en hibernation en attendant que l'on découvre un moyen de guérir leur maladie. Tout semble pour le mieux jusqu'à ce qu'on découvre que le "Grand Guérisseur" (Great Healer) qui dirige le complexe n'est autre que Davros, et qu'il a insidieusement transformé le complexe en une gigantesque usine de production de nouveaux Daleks plus forts et plus intelligents (?) que les précédents. Cependant les jours de Davros semblent comptés : les autres têtes pensantes du complexe voudraient éliminer leur trop encombrant dirigeant, et même certains Daleks le considèrent comme un criminel. Le Docteur et Peri se retrouvent au milieu des assassins et des pilleurs de tombes, et devront empêcher le réveil des Daleks pour survivre. Toutes sortes de personnages secondaires assez caricaturaux, et dont les motivations ne sont pas toujours bien définies, les aideront ou leur feront obstacle, pour une aventure riche en suspense et qui tente de renouveler les méchants les plus "classiques" de Doctor Who.
  • Waylander - David Gemmell
    • Français (traduit de l'anglais par Alain Névant)
    • Papier
Le roi de Drenaï est mort et le royaume fragilisé est la proie de ses ennemis Vagrians. Les derniers officiers et soldats se battent en essayant de garder la foi dans leurs divinités et dans leurs héros, mais il faudrait un miracle pour leur accorder la victoire. Ce miracle, c'est peut-être Waylander, l'assassin errant, qui le réalisera en retrouvant l'armure légendaire du roi Orien, le symbole qui redonnerait l'espoir à tous. Sauf que Waylander est aussi celui qui a tué le roi et déclenché toute cette guerre. De son côté, lui qui se voyait comme un tueur froid sauve un prêtre, une femme et des enfants, et se rappelle qu'il a été autrefois un homme qui n'aspirait qu'à vivre en paix. L'évolution des personnages est intéressante bien que pas toujours cohérente, mais il y a énormément de clichés de fantasy trop évidents, et certains personnages s'intègrent mal à l'histoire principale.

vendredi 22 novembre 2019

"American Gods" de Neil Gaiman

A quoi reconnaît-on un grand auteur ? Au fait que ses livres ne laissent pas indifférent. On peut dire beaucoup de choses sur les œuvres de Neil Gaiman, mais jamais "passez votre chemin, aucun intérêt".
American Gods est l'une de ses œuvres phares, qui a eu le privilège d'être adaptée en série sur Amazon Prime tout comme Good Omens qu'il avait co-écrit avec le regretté Terry Pratchett. Et là, contrairement à Good Omens, la série ne divulgâche pas le roman : les histoires sont basées sur le même principe et commencent de la même manière, mais évoluent différemment.

Revenons à ce principe. Les États-Unis sont une terre d'immigrants (quoi que puissent en dire certains politiciens) et ces gens venus plus ou moins volontairement de différents pays d'Europe, d'Asie ou d'Afrique ont apporté avec eux leurs coutumes, leurs croyances, leurs dieux et leurs créatures mythologiques ou folkloriques. Mais toutes les civilisations évoluent, et les Américains ont désormais de nouveaux dieux modernes comme la technologie, les médias, les automobiles... Les anciens dieux en sont souvent réduits à vivoter, tenaillés entre l'envie de ne pas se faire oublier (car un dieu qui n'a plus d'adorateurs est condamné) et celle de rester discrets car la rumeur dit que les nouveaux dieux ont l'intention d'en finir avec eux une bonne fois pour toutes.
C'est à ce moment qu'intervient Ombre (Shadow en version originale), un colosse récemment libéré de prison et qui ne retrouve le monde extérieur que pour faire le deuil de sa femme Laura. N'ayant plus d'attache, il accepte de travailler pour "M. Voyageur" (ou "Mr Wednesday" en version originale), un escroc borgne qui prétend être le dieu nordique Odin et rassembler les dieux éparpillés aux États-Unis pour faire face à la menace des nouvelles divinités. Le croyant d'abord fou, Ombre est rapidement amené à rencontrer d'autres dieux et autres créatures de différentes mythologies, et à douter de tout. D'autant plus que les nouveaux dieux connaissent son existence et estiment qu'il représente une terrible menace, et vont tenter de l'écarter du chemin. Même sa femme Laura n'a pas pu trouver le repos éternel, et erre désormais comme un zombie à sa recherche.

Comme dans sa série graphique Sandman, Neil Gaiman joue avec différentes mythologies et différents folklores et fait interagir le monde "réel" et les créatures fantastiques qui s'y cachent, d'une manière qui rappelle aussi Neverwhere mais aussi le jeu de rôle Nephilim. Le tout donne un mélange étonnant, mêlant narration très contemporaine et onirique, où les personnages (et le lecteur avec eux) ont du mal à distinguer où finit la réalité et où commence le rêve ou même la folie. On est tout à la fois dans une ancienne saga nordique, dans un road-movie désabusé et imbibé de drogues comme chez Jack Kerouac, et parfois dans une histoire à la Stephen King, où une petite ville tranquille où tout le monde est gentil cache un redoutable monstre.
C'est peut-être le but de ce point de vue à la fois à ras de terre, où ni le sexe ni la violence ne sont édulcorées, et au firmament des dieux encore en quête de gloire : se plonger dans une autre dimension et se rappeler que les contes ou les légendes peuvent avoir l'air de simples histoires pour enfants, mais qu'ils constituent souvent le fondement d'une vie ou d'une civilisation.
Comme dans certains récits mythologiques nordiques, Odin se déguise en vagabond pour arriver à ses fins dans "American Gods" - Artiste inconnu, vers 1914 [Domaine public], via Wikimedia Commons

jeudi 31 octobre 2019

Lectures d'octobre 2019

  • Shirley - Charlotte Brontë
    • Français (traduit de l'anglais par Joseph Vilar)
    • Papier
En guerre contre Napoléon, l'Angleterre ferme ses frontières et tout le monde y est perdant : les industriels qui font faillite et les ouvriers qui ne retrouvent pas de travail. Sur fond de révolte des seconds contre les premiers, on suit les péripéties de Robert Moore, jeune fabricant de drap au bord de la ruine, qui a le choix entre deux femmes : son ingénue et tendre cousine Caroline Helstone, et la riche héritière de la région, Shirley Keeldar, jeune femme indépendante tiraillée entre son éducation presque masculine (Shirley était un prénom d'homme à l'époque) et les attentes de sa famille vis-à-vis d'une jeune fille bien. Cerise sur le gâteau, les deux jeunes femmes deviennent vite amies, et il y a d'étranges non-dits entre Shirley et le frère de Robert, Louis Moore. A travers ce carré amoureux, c'est toute une société qui est dépeinte, parfois avec beaucoup de sarcasmes, comme des femmes et des jeunes filles qui ont "une éducation et des principes excellents mais rien d'autre", et on notera même l'apparition d'un personnage nommé Agnès Grey comme l'héroïne d'Anne Brontë, peut-être la tentative de créer un Brontë Cinematic Universe avant l'heure ? En tout cas, ce roman a beau être un pavé, il se lit très bien sans aucun temps mort, même si on peut regretter quelques très longues difficultés des personnages à avouer leurs sentiments (c'était l'usage de l'époque, mais qui reste un peu incongru pour un lecteur d'aujourd'hui).
  • Le Tour d'écrou - Henry James
    • Français (traduit de l'anglais par Janine Lévy)
    • Papier - Reçu via la box OnceUponABook de septembre 2019
L'histoire d'une gouvernante envoyée dans un manoir isolé pour s'occuper de deux enfants, Flora et Miles, à la demande d'un mystérieux oncle qui veut qu'on les éduque mais pas qu'on le dérange. Elle se trouve alors seule avec quelques domestiques, les deux enfants... et les fantômes de Peter Quint et Miss Jessel, deux anciens domestiques décédés, réputés "ignobles" sans que leur passé exact ne soit jamais révélé. La tension monte et la gouvernante se pose de plus en plus de questions : est-elle la seule à voir ces fantômes, et si les enfants sont au courant, quelle influence ont-ils sur eux ? Si le surnaturel est bien amené, l'histoire traîne un peu malgré sa faible longueur, et on ne peut pas s'empêcher de se dire que les personnages devraient se parler un peu plus clairement pour ne pas rester dans le doute pendant des jours et des jours (même si là aussi, les conventions de l'époque interdisaient d'en parler ouvertement) ; et parallèlement, la fin est quant à elle abrupte et laisse beaucoup de questions sans réponses.
  • Cristal qui songe - Theodore Sturgeon
    • Français (traduit de l'anglais par Alain Glatigny et Pierre-Paul Durastanti)
    • Papier - Reçu via la box OnceUponABook de septembre 2019
Horton dit "Horty", martyrisé par ses parents adoptifs, s'enfuit avec sa seule richesse, un diable à ressort aux étranges yeux de cristal, et trouve refuge dans un cirque qui présente toutes sortes de phénomènes et dont le propriétaire est un ex-scientifique qui s'intéresse de près à ces cristaux et leurs pouvoirs. Dans cet endroit particulier et pas forcément rassurant, Horty parvient cependant à s'épanouir, mais il apparaît très rapidement qu'il possède le pouvoir de se régénérer et de changer d'apparence à volonté, ignorant au début que ce n'est pas possible pour un être humain normal. Les frontières entre rêve et réalité s'estompent dans un milieu aussi propice au rêve et au cauchemar qu'un cirque, au point parfois de brouiller un peu trop les pistes, mais on se laisse attendrir par ces étranges créatures qui nous font se demander ce qui définit les plus "humains".
  • Vous ne tuerez pas le printemps - Béatrice Nicodème
    • Français
    • Papier - Reçu via la box OnceUponABook de septembre 2019
Née d'un père français et d'une mère britannique, Elaine refuse de laisser ses deux patries sous le joug nazi et s'engage dans le SOE, le service de sabotage britannique qui soutient la Résistance française. Sa première mission est difficile car elle devra assurer la liaison radio d'un réseau dont le taux d'arrestations est anormalement élevé. Il y a un traître mais personne ne sait où ; en réalité, entre les manœuvres du commandant nazi Wagner, les agents doubles plus ou moins convaincus, et surtout le plan du MI6 qui compte utiliser le réseau condamné pour passer de fausses informations en sacrifiant les résistants, c'est plutôt trouver des personnes fiables qui relève de l'exploit. Elaine (et les lecteurs avec elle) sortira profondément marquée de ce combat où la fin justifie les moyens dans les deux camps, et qui rappelle qu'on n'est pas forcément tout blanc même si on se bat pour une cause juste.
  • Le Songe d'une nuit d'été - William Shakespeare
    • Français (traduit de l'anglais par François-Victor Hugo, traduction revue par Yves Florence et Elisabeth Duret)
    • Papier - Reçu via la box OnceUponABook d'octobre 2019
Lors du mariage de Thésée et Hippolyte, Hermia doit épouser Démétrius, qu'elle hait, et qui est aimé d'Héléna. Ce pourrait être une tragédie, mais cela tourne à la comédie quand s'en mêlent le roi et la reine des fées en pleine querelle conjugale. La comédie se joue à plusieurs niveaux entre le carré amoureux de Démétrius, Lysandre, Hermia et Héléna, les interventions des fées et des elfes, et la pièce quelque peu ratée que jouent les ouvriers d'Athènes pour le triple mariage. Il y a même un niveau de plus, Le Songe d'une nuit d'été étant selon les sources une pièce de commande pour un mariage royal ou princier. La pièce est courte, mais le temps d'un songe, elle entraîne à travers une Grèce de fantaisie et un folklore féérique immortalisé par Shakespeare.
  • Les Animaux fantastiques, le texte du film - J.K. Rowling
    • Français (traduit de l'anglais par Jean-François Ménard, Linda Bruno et Juliette Garon)
    • Papier - Reçu via la box OnceUponABook d'octobre 2019
Dialogues et scènes du film sont présentés en intégralité pour se rejouer les aventures de Norbert Dragonneau, jeune magicien un peu naïf et maladroit qui débarque à New York avec une valise remplie de créatures fantastiques, et qui se retrouve malgré lui au milieu d'une série de mystères qui pourraient bien déclencher la guerre entre magiciens et moldus. Amené à collaborer avec une magicienne ex-enquêtrice qui aimerait retrouver sa place, et avec un moldu un peu dépassé par la situation mais à la loyauté sans faille, il doit faire face à l'intransigeance des Aurors d'un côté, et des anti-magiciens de la ligue des Fidèles de Salem de l'autre. On sent toute la situation explosive autour de lui et son innocence presque écervelée qui se révèle être la meilleure arme pour s'en sortir, étant la seule qui ne crée pas davantage de tension.
  • Le fauteuil hanté - Gaston Leroux
    • Français
    • Numérique
C'est la panique à l'Académie française : l'un des fauteuils restés vacants ne trouve pas preneur depuis que le magicien Eliphas de Saint-Elme affirme avoir maudit quiconque s'y assiérait avant lui, et surtout depuis que les trois candidats successifs au fauteuil ont trouvé la mort dès leur discours d'intronisation dans des circonstances plus qu'étranges. Mais un simple marchand d'antiquités, qui s'est lancé le défi d'entrer à l'Académie, décide de braver l'interdit et de prétendre au fameux fauteuil hanté, et se retrouve également amené à côtoyer les membres hauts placés de l'Académie, enquêtant sans en avoir l'air sur la véritable cause des décès de ses prédécesseurs. Si l'idée de départ est intéressante, l'intrigue en revanche est assez mal ficelée, et passé les premières inquiétudes bien réelles pour les personnages principaux, la fin est plus décousue, les réactions de certains personnages exagérées, pour amener à une conclusion un peu rapide.

samedi 26 octobre 2019

BookPack 3.11

Il y a eu des périodes où mon BookPack n'évoluait pas beaucoup, mais celle-ci n'en est pas une. Après la version 3.10 et les Graines des rêves plus tôt dans le mois, nous voilà déjà au BookPack 3.11, qui inclut cette fois les Micronouvelles, comme d'habitude en format PDF, EPUB et MOBI (Kindle), et entièrement illustrées.
N'oubliez pas de mettre à jour votre BookPack pour ne rien rater !
De plus en plus de livres sont disponibles dans mon BookPack ! - Par Abhi Sharma from India [CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

vendredi 25 octobre 2019

Les personnages méchants

J'avais envie d'en parler depuis quelque temps, voici donc un petit billet sans prétention sur les personnages méchants et ce que j'en pense.

Un personnage méchant, c'est problématique ?

Derrière ce titre volontairement provocateur, il y a une discussion bien réelle qui a eu lieu il y a peu de temps sur Twitter sur le fait de reprocher à un auteur de mettre en scène un personnage "pas safe". En mettant de côté le fait que chacun a une sensibilité différente et que tout le monde n'estimera pas forcément de la même manière si un personnage est "safe" ou pas, faut-il se poser la question de savoir si c'est "bien" d'avoir des personnages méchants dans l'histoire, et si on peut reprocher à un auteur de mettre en scène des êtres peu recommandables ?
Pour moi, il n'y a pas à balancer : il faut des personnages méchants dans l'histoire, justement pour l'histoire. "Les gens heureux n'ont pas d'histoire" dit le proverbe, et de même, les personnages qui n'ont pas d'obstacles à vaincre, qui ne font pas face à l'adversité, ne vivent pas une histoire intéressante. Bien sûr, il reste possible de faire une histoire sans méchants, en particulier dans les livres destinés aux jeunes enfants, mais passé un certain âge, on a vite fait le tour de la question. Les adversaires sont les principaux producteurs de péripéties, de rebondissements, de tout ce qui fait le rythme d'une histoire, et pour moi il n'y a pas plus de sens à reprocher à un auteur de créer des méchants, qu'à lui reprocher de créer une histoire.
Il faut peut-être le redire à ceux qui ont tendance à confondre fiction et réalité, mais de même qu'un acteur qui joue un immonde connard à l'écran peut être une personne adorable dans la vraie vie, un auteur qui met en scène des personnages meurtriers, racistes, agressifs, pervers, malhonnêtes ou autres n'est pas forcément tout cela pour autant.
Pour une raison très simple : c'est particulièrement vrai dans les littératures de l'imaginaire, mais c'est aussi le cas ailleurs, un auteur n'écrit pas seulement sur ce qu'il connaît, mais sur ce qu'il peut imaginer, et même en étant quelqu'un de bien, il est extrêmement facile d'imaginer un méchant, en extrapolant à partir d'adversaires qu'on a soi-même rencontrés, ou à partir de divers personnages dont les médias nous abreuvent (je vous laisse insérer ici le nom de n'importe quel polémiste / politicien / autre qui correspondrait à cette définition et pourrait faire un bon méchant).
Qu'il soit caricatural ou plus subtil, le méchant est souvent un élément indispensable à l'intérêt du récit ! - Par J.J. de en.wikipedia.org [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], via Wikimedia Commons

Qu'est-ce qui rend un méchant intéressant ?

La première question étant réglée, penchons-nous sur la suite. Il ne suffit pas d'avoir un méchant pour avoir une histoire, il faut encore que le méchant s'inscrive bien dedans.
Le méchant est un antagoniste du héros. Généralement, les deux ne s'opposent pas par hasard, il y a quelque chose qui les lie. Ils peuvent être en compétition pour quelque chose (ou quelqu'un), le méchant peut désirer quelque chose que possède le héros, ou vouloir se venger du héros ou le punir pour un tort qu'il considère comme dû au héros. Cette liste n'est bien évidemment pas exhaustive, et les éléments peuvent se combiner : un méchant peut à la fois, par exemple, être en compétition avec le héros, désirer ce qu'il possède (son statut de vedette) et le punir (parce qu'il estime que le héros ne mérite pas sa première place). Oui, je parle de Dernière Course ici.
Cependant, un méchant ne se définit pas seulement par rapport au héros. En tant que personnage principal, il se doit d'avoir un passé, des faiblesses, des désirs et des motivations qui lui sont propres. S'il n'est pas forcément nécessaire de les détailler, ils peuvent néanmoins apparaître "en creux" dans ses actions.
Ici, il est intéressant de noter qu'à moins de mettre en scène le diable (et encore...) ou un "seigneur du mal", il est finalement plutôt rare qu'un méchant se définisse lui-même explicitement comme méchant. Il a plutôt sa propre conception de la justice ou de son devoir : par exemple, il peut vouloir prendre le pouvoir parce que l'ordre a besoin d'être rétabli, ou parce qu'il serait dangereux à ses yeux de le laisser dans d'autres mains. Dans certains cas, il peut même inverser les rôles et se présenter lui-même comme victime d'une injustice, voire comme un justicier incompris. Dans Dôme de Stephen King, "Big Jim" Rennie affirme être le seul capable de gérer la crise que traverse la ville et faire face aux mensonges du gouvernement. Dans certains scénarios du jeu vidéo Batman: The Telltale Series, le Joker décide de lutter contre la corruption qui règne à Gotham et se présente comme un justicier équivalent à Batman (mais discrédité par ses méthodes extrêmes). Ce peut être ainsi le héros qui crée (en général involontairement) le méchant qui devient un reflet déformé de lui-même, ce qu'il serait devenu si les choses avaient mal tourné.
Les choses sont d'ailleurs rarement toutes blanches ou toutes noires, et de même qu'un héros peut avoir une part sombre qui peut donner lieu ou non à un "arc de rédemption", un méchant peut également avoir une part plus lumineuse, qui peut aussi laisser entrevoir une possibilité de rédemption, ou au moins d'alliance provisoire avec le héros contre un autre méchant. Point n'est besoin d'aller très loin pour trouver des exemples, il suffit de voir le très controversé Severus Snape/Rogue, tour à tour allié et adversaire de Harry Potter et Albus Dumbledore, et très remarqué par la plupart des lecteurs et spectateurs, que ce soit en bien ou en mal.
Ce qui nous amène à une expression bien connue, celle du méchant "qu'on adore détester". Derrière ce paradoxe se trouve un personnage peu recommandable, mais qui possède un charisme certain qui lui permet d'attirer la sympathie du lecteur ou du spectateur, alors même que ce dernier n'est pas dupe et sait très bien de quel côté se situe le personnage. Cela rappelle que comme un bon héros, un bon méchant ne laisse pas indifférent et inspire au lecteur des sentiments parfois ambivalents, qui permettent aussi de capter l'attention et d'inciter à continuer de suivre le destin de ce personnage si impressionnant. Mais attention, comme dit dans la série The Thick Of It, dont le "héros" Malcolm Tucker est un parfait exemple du méchant qu'on adore détester :
"Il ne faut pas grand-chose pour passer du statut de "celui que tout le monde adore détester" au statut de "celui que tout le monde déteste".

Peter Capaldi a interprété plusieurs méchants "que tout le monde adore détester", notamment Malcolm Tucker dans The Thick Of It. - Par Gage Skidmore from Peoria, AZ, United States of America [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

Expliquer le méchant, est-ce l'excuser ?

C'est une question qui rejoint un peu la première : au fond, ce qu'on peut reprocher à un auteur, ce n'est peut-être pas d'avoir créé un personnage méchant, mais plutôt de le créer de telle manière qu'on comprenne ses motivations, et donc qu'on l'excuse.
Sauf que comprendre et excuser, c'est loin d'être la même chose. Pour prendre un exemple extrême, on peut savoir qu'un raciste croit que les Chinois vont envahir le monde, mais ce n'est pas pour autant qu'on va valider son raisonnement. De même, ce n'est pas parce qu'une histoire explique qu'un personnage est motivé par sa propre idée tordue de la justice que le lecteur va forcément l'approuver.
Bien sûr, à ce niveau, cela va dépendre du lecteur et de ses propres opinions, et il est tout à fait possible que certains d'entre eux tombent d'accord avec un personnage méchant alors que ce n'était pas le but de l'auteur. Mais comme dit un autre proverbe, "l'auteur propose et le lecteur dispose". Autrement dit, chaque lecteur a sa propre interprétation de l'histoire et des personnages, et l'auteur ne peut pas être tenu responsable de chacune d'entre elles.
Choisir d'expliquer ou non les motivations du méchant reste le choix de l'auteur, et à mon avis c'est préférable pour éviter le cliché du méchant qui s'oppose au héros ou détruit le monde "juste parce que c'est un méchant". Exactement comme les héros, les méchants agissent pour des raisons qui leur semblent bonnes, et les exposer permet de les rendre plus réalistes, voire de dénoncer à travers eux les dangers de se reposer sur des positions extrêmes ou des jugements biaisés.
Toutes ces personnes lisent le même livre, mais imaginent-elles pour autant les mêmes personnages ? - Par Louis Léopold Boilly [Domaine public], via Wikimedia Commons

En conclusion, les personnages méchants sont un élément important d'un récit, et leur présence s'inscrit dans un rôle bien défini dont il est difficile de se passer. Tout comme celle des héros, leur origine et leur personnalité doivent être mûrement réfléchies et constituent un travail à ne pas négliger pour rendre son opposition au héros inoubliable.
L'important reste le contexte dans lequel cette opposition s'inscrit et le point de vue avec lequel elle est traitée. On peut mettre en scène des personnages parfaitement détestables et leur donner de l'importance, sans pour autant donner l'air de cautionner leurs actions ou leur motivation. Le fait que le héros gagne à la fin, ou si ce n'est pas le cas, que sa défaite ait un goût amer, est un bon indicateur du point de vue de l'auteur.
Tout comme une histoire, un personnage, a fortiori un méchant, ne peut pas plaire à tout le monde. Les lecteurs sont en droit de ne pas aimer le méchant, il n'est pas là pour ça. En revanche, chaque lecteur doit comprendre que si son point de vue est légitime, il y en a d'autres qui sont différents et qui le sont probablement tout autant, et qu'il est malvenu de reprocher à l'auteur quelque chose qui n'était sûrement pas du tout dans ses intentions.
Et surtout, ne pas oublier que la fiction reste de la fiction, et n'est pas quelque chose qu'on souhaite forcément transposer dans la réalité. Décrire un méchant ne signifie pas cautionner leur existence, pas plus que dire qu'il pleut signifie qu'on est pour la pluie.

samedi 19 octobre 2019

Micronouvelles et NaNoWriMo

Entre le 15 septembre et le 15 octobre, j'ai participé au défi Micronouvelles par @KeoTauteur sur Twitter, plus précisément à la saison 3 sur le thème du fantastique. Je l'ai découvert en participant occasionnellement pendant l'été à une autre saison des défis.
Dans toutes les saisons, le principe est le même : chaque jour, une image est postée, et il faut écrire une "micronouvelle" tenant en un tweet (280 caractères) ou un nombre limité de tweets inspirée par cette image.
Pour celle-ci, j'ai fait en sorte de participer chaque jour, et si possible peu de temps après la publication de l'image afin que la nouvelle soit la plus "spontanée" possible. Le résultat a été compilé en un seul fichier regroupant les images et les textes, que je peux maintenant présenter sur Atramenta et sur InLibroVeritas (où j'ai reçu il y a peu de temps un second commentaire sur Derniers biscuits avant la fin du monde, fait assez rare pour être signalé, car j'ai très peu de commentaires sur InLibroVeritas).
Couverture des Micronouvelles.
Des nouvelles du NaNoWriMo à présent. Étant donné le timing et les nouvelles idées qui me viennent, j'ai finalement décidé de ne pas me lancer dans Duncan Blackthorne et l'Ombre du Rex Ka tout de suite. Ce n'est que partie remise, je pourrais m'y remettre dans un futur Camp NaNoWriMo, avec une meilleure préparation.
Je vais plutôt me lancer dans une nouvelle aventure de l'Alchimiste qui va se dérouler juste après Les graines des rêves. Son titre provisoire (mais chez moi, les titres provisoires ont tendance à devenir définitifs) est Le temps restera, et elle va introduire des éléments importants du passé de l'Alchimiste, ainsi qu'une nemesis à sa hauteur.
Alors que l'Alchimiste ne devait apparaître au départ que dans une nouvelle de concours, Les miroirs sur la colline, elle est en train de devenir un personnage récurrent de plus en plus présent, sans oublier ses compagnons, la sagace Crystaléa et le gentil Sean. Ses aventures pourraient bien devenir une série à part entière, qui mérite réflexion.

dimanche 13 octobre 2019

BookPack 3.10

Ayant terminé Les graines des rêves peu de temps après Derniers biscuits avant le fin du monde, je devais logiquement mettre à jour mon BookPack assez vite également. C'est désormais chose faite avec cette version 3.10 disponible dès maintenant.
Attention, ne vous laissez pas enivrer trop longtemps par leur parfum... - Par Zyance [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)] via Wikimedia Commons

samedi 5 octobre 2019

Les graines des rêves

L'Alchimiste commence à devenir un personnage récurrent dans mes écrits. Cette "Dame du Temps" qui ne dit pas son nom (pas plus que celui de TARDIS ou autres, pour des raisons évidentes de licence) et que je ne pensais pas retrouver aussi vite après Le plan des hommes-métal refait son apparition dans une troisième aventure, cette fois dans un monde hors de l'espace et du temps contrôlé par un "Gardien des rêves" inspiré de l'excellent Sandman de Neil Gaiman. Plus que la notion de rêve, c'est la question de savoir ce que les gens désirent vraiment qui est le point central de l'histoire.
Il va maintenant falloir très vite me préparer si je veux faire le NaNoWriMo cette année avec la troisième aventure d'un autre personnage récurrent, Duncan Blackthorne. Commencée il y a beaucoup trop longtemps à mes yeux, Duncan Blackthorne et l'Ombre du Rex Ka comporte actuellement 8 chapitres et une ébauche d'un 9e, pour actuellement 14088 mots (qui ne pourront évidemment pas être inclus dans le décompte du NaNoWriMo), et place le Selenim au cœur d'une lutte entre plusieurs factions d'humains et d'Immortels, dont l'une est directement contrôlée par le "Rex Ka", créature quasi-légendaire réputée être l'Immortel le plus ancien et le plus puissant du monde. Même l'Alchimiste n'oserait pas l'affronter...
En attendant le NaNoWriMo, retrouvez Les graines des rêves sur Atramenta et sur InLibroVeritas, et bientôt dans mon prochain BookPack...
Couverture des "Graines des rêves".

mardi 1 octobre 2019

Lectures de septembre 2019

Septembre, l'heure de la rentrée, pour moi celle de vacances un peu tardives. Le retour à un rythme normal est aussi celui de lectures plus fréquentes dans les transports en commun, et voici donc ce que j'ai lu :
  • Arcana - Paul Kane
    • Anglais
    • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
Personne ne s'attendait à ce que l'Inquisition espagnole existe encore... Pourtant, dans ce Londres alternatif, la "Nouvelle église de la bénédiction", avec l'accord du roi d'Angleterre, fait la chasse aux sorciers et autres utilisateurs de magie. Callum McGuire vient de faire son entrée dans le corps des policiers spécialisés dans la chasse aux sorcières, une promotion qu'il attendait depuis la mort de ses parents tués dans un attentat par un terroriste magicien. Mais quand les "M-forcers" se mettent à employer des méthodes aussi brutales et riches en dommages collatéraux que ceux qu'ils prétendent combattre, puis quand l'alliance des magiciens, l'Arcana, révèle un visage bien différent de ce qu'il imaginait, celui de la belle infirmière Ferne, Callum commence à se demander s'il est bien du "bon" côté, d'autant plus qu'une vieille prophétie controversée fait de lui l'élu qui protégera Arcana. Au-delà de la question de détruire ce qui est différent parce qu'on ne le comprend pas, l'histoire met aussi en lumière une guerre de propagande, visant à accuser un certain groupe de tous les maux quitte à les inventer, pour mieux se présenter comme le seul remède.
  • La Machine à désintégrer - Sir Arthur Conan Doyle
    • Français (traducteur inconnu)
    • Numérique
Le professeur Challenger est un des plus grands savants du Royaume-Uni, mais pour obtenir sa collaboration, il faut supporter son orgueil et son caractère irascible. Le jeune journaliste Malone est heureusement dans ce cas, ce qui lui permet d'amener Challenger à la démonstration d'une arme redoutable dont le créateur n'hésite pas à vendre le secret à une puissance étrangère. Pour empêcher la catastrophe, ils vont devoir réfléchir vite et bien. L'histoire est très courte (on a quand même le temps d'adorer détester Challenger) mais la chute est excellente.
  • The Lost World - Sir Arthur Conan Doyle
    • Anglais
    • Numérique
Le premier roman d'Arthur Conan Doyle mettant en scène le professeur Challenger, savant écossais génial aussi bien qu'incompris, mais qui ne fait pas beaucoup d'efforts pour se faire comprendre... Mis au défi de prouver ses dernières découvertes, il emmène le jeune reporter Edward Malone, le professeur Summerlee et le chasseur Lord John Roxton au cœur de la jungle amazonienne, à la recherche d'un plateau coupé du monde où l'évolution n'a pas eu lieu au même rythme que le reste de la Terre, et où survivent encore des dinosaures et des australopithèques. L'aventure et les dangers sont au rendez-vous, et l’œuvre a beau dater de 1912, elle préfigure tous les films d'aventure modernes d'Indiana Jones à Allan Quatermain. Challenger est un caractère à lui tout seul et le narrateur, Edward Malone, retranscrit très bien la découverte d'un monde perdu difficile à imaginer à une époque où Jurassic Park (qui s'est aussi inspiré du roman) n'existait pas encore.
  • Resurrection of the Daleks - Eric Saward
    • Anglais
    • Papier
Le Docteur arrive sur Terre en 1984 avec ses deux compagnons Tegan et Turlough, et bien entendu les ennuis commencent : ils sont sur le chemin des Daleks, qui ont bien l'intention de retrouver leur créateur Davros enfermé dans un vaisseau-prison. Mais très vite l'affaire se complique, car Davros veut reprendre le contrôle sur sa création, tandis que les nouveaux chefs Daleks n'ont pas envie de partager le pouvoir, et le Docteur et ses compagnons se retrouvent pris entre deux feux. Partagée entre plusieurs lieux reliés par des couloirs temporels, l'action est un peu confuse, mais découvrir en version papier un épisode de Doctor Who emblématique des années 1980, qui avait suscité beaucoup de réactions à son époque, est un plaisir de connaisseur.

    samedi 21 septembre 2019

    BookPack 3.9

    Après la publication de Derniers biscuits avant la fin du monde, il m'avait fallu quelque temps avant de l'inclure dans le nouveau BookPack, à cause de petits soucis d'ordinateur qui devraient bientôt être résolus.
    La version 3.9 est désormais en ligne pour retrouver cette courte histoire de survie basée sur une étonnante histoire de biscuits...
    Les biscuits, c'est comme le reste, ça se consomme avec modération... - Par Natasha [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)], via Wikimedia Commons

    samedi 31 août 2019

    Lectures d'août 2019

    Août a bien mal commencé avec la disparition de mon chat Sushi. Me plonger dans la lecture était un moyen comme un autre d'essayer d'oublier mon chagrin, et voici ce que j'ai lu :
    • Shadowblood Heir - J.S. Morin
      • Anglais
      • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
    Quand la créatrice de la série fantasy la plus populaire du moment, Shadowblood (une sorte de Game of Thrones), est assassinée, les ombres et les monstres apparaissent un peu partout en ville et certains commencent à comprendre que Shadowblood n'était pas tout à fait une fiction. Matthew "Matt" Lee, autrefois accusé d'avoir plagié Shadowblood, reçoit un message posthume de l'autrice faisant apparemment de lui l'héritier de la saga, qu'il doit continuer pour retenir le monde des ombres où elles doivent rester. Une tâche difficile entre son père qui fait partie de la mafia chinoise et qui voudrait contrôler les ombres à son profit, et les tentations obscures de sa propre ombre qui s'anime. Comment être l'héritier de Shadowblood quand on n'y contrôle rien ? Un rythme parfois inégal rattrapé par toutes sortes de références à la pop culture.
    • A Furnace Sealed: The Adventures of Bram Gold Book 1 - Keith R.A. DeCandido
      • Anglais
      • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
    Abraham Goldblume, dit "Bram Gold", est un chasseur de monstres employé pour rattraper les créatures magiques devenues incontrôlables et arrêter les sortilèges non autorisés par les autorités occultes. Justement, quelque chose ne va pas en ville : des créatures emprisonnées depuis des siècles se libèrent, puis un tueur en série semble s'y prendre à ceux qui devraient avoir le moins à craindre en la matière, des immortels. Malgré sa réputation de plus mauvais chasseur de New York, Bram se lance à la poursuite du tueur, pour découvrir qu'ils sont plus proches qu'il ne le croyait. Comme dans plusieurs autres histoires de ce type, on est encore dans le cliché de "l'anti-héros qui sauve le monde mais n'en est pas très bien récompensé", mais l'histoire est bien menée et les personnages sympathiques.
    • A Traitor in the Shadows: Shards of Shadows Book 1 - J.R. Lallo
      • Anglais
      • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
    Alan Fontaine, photographe qui cherche à se faire un nom, devient un soir le témoin involontaire d'une invasion d'ombres, puis l'hôte tout aussi involontaire de Blot, une ombre vivante censée participer à l'invasion de son monde bien qu'elle soit considérée comme une piètre combattante. Là où les choses devraient être toutes blanches ou toutes noires, tous deux découvrent que "l'adversaire" n'est pas forcément le monstre qu'on voudrait leur faire croire. Baladés dans un monde nouveau qu'ils ne soupçonnaient pas et sommés de jouer un rôle qu'ils refusent, ils sont amenés à devenir des électrons libres, des grains de sable pour arrêter l'engrenage qui menace de broyer tout le monde dans la guerre. De l'action, de la philosophie, une histoire qui se suffit à elle-même tout en amenant juste assez pour une suite intéressante.

      samedi 24 août 2019

      Derniers biscuits avant la fin du monde

      J'ai participé plusieurs années de suite au Ray's Day en 2016, 2017 et 2018, en publiant respectivement Les Licornes, Alter Ego et En attendant demain. Mais cette année, perturbée par la mort de mon chat Sushi, et ayant déjà un projet en cours, Les graines des rêves ou la nouvelle aventure de l'Alchimiste, je n'ai rien publié à la date fatidique, et je pensais ne pas le faire du tout.
      Comme les choses ne se passent jamais comme je voudrais qu'elles se passent, le monde et mon cerveau ont conspiré pour que je me retrouve frappée par l'idée d'une nouvelle de science-fiction écrite en seulement quelques jours. Le titre de travail est resté comme le titre définitif, Derniers biscuits avant la fin du monde, inspiré évidemment de Douglas Adams, mais aussi de deux confrères auteurs, Nicolas Cartelet et ses Dernières fleurs avant la fin du monde ainsi que Fred Marty avec La dernière mouche avant la fin du monde.
      Pourquoi des biscuits ? L'idée est tirée d'une histoire vraie qu'il est difficile de croire à première vue, et c'est peut-être parce que j'avais du mal à y croire que j'en ai tiré mes Derniers biscuits. Au moment où j'écris cet article, une enchère est en cours sur eBay pour des biscuits Oreo très particuliers, puisqu'ils ont été léchés par la nouvelle star écossaise de la musique, Lewis Capaldi (photos à l'appui). Et ça fonctionne puisqu'on en est déjà à 1650£ alors qu'il reste encore plus de quatre jours.
      Passée la surprise, mon premier réflexe en tant qu'autrice de science-fiction a été : "Mais s'il les a léchés, alors il y a son ADN partout dessus... Et si..."
      Et très rapidement, de fil en aiguille, s'est mise en place l'histoire de ces Derniers biscuits avant la fin du monde en imaginant le destin des fameux biscuits bien après leur vente, et en même temps le destin de Lewis, rebaptisé pour l'histoire Shawn Bellini, comme son oncle Peter était devenu Gavin Bellini dans Hello! Mister Crowley.
      Je n'ai pas eu de mal à écrire cette histoire, j'ai surtout eu du mal à me retenir d'écrire quand ce n'était pas vraiment le moment (bon, en réalité, je me retenais assez peu...), mais ce qui s'est passé me renvoie à ce que je considère comme les meilleurs moments de l'écriture, où j'ai d'un coup une idée très claire de ce que je veux faire, que tout se déroule sans accroc et que je prends vraiment beaucoup de plaisir à écrire. C'était notamment le cas pour En attendant demain et dans une moindre mesure Hello! Mister Crowley, mais après les quelques déboires que j'ai eus, j'avais peur de ne plus retrouver cette sensation. Je suis rassurée, elle est toujours là et bien intacte, et c'est ce qui me permet de vous présenter aujourd'hui ces Derniers biscuits avant la fin du monde, au destin tout aussi particulier que leur création. Vous pouvez les retrouver sur Atramenta ou sur InLibroVeritas en lecture et téléchargement gratuits.
      Couverture de "Derniers biscuits avant la fin du monde".

      samedi 10 août 2019

      BookPack 3.8 et Duncan Blackthorne

      C'était mon anniversaire il y a quelques jours, mais maintenant c'est mon tour de vous faire un cadeau.
      Après ma décision d'arrêter pour l'instant l'édition à compte d'éditeur, j'ai fait un peu de tri dans mes textes et je suis rapidement tombée sur les aventures de Duncan Blackthorne, Duncan Blackthorne et l'Ange écarlate et Duncan Blackthorne et la Venise des Glaces. Bien que je les aie écrites dans l'univers d'un jeu de rôle connu, Nephilim, je gardais à l'esprit de les faire éditer un jour, mais puisque ce n'est plus dans mes projets immédiats, j'ai décidé d'en faire profiter plus de monde.
      Couverture de "Duncan Blackthorne et l'Ange écarlate".
      Les deux romans sont donc désormais en téléchargement gratuit aux formats PDF, EPUB et MOBI sur Atramenta, ainsi que dans la toute nouvelle version 3.8 de mon BookPack.
      Bonne lecture, en attendant un jour le troisième tome toujours en standby, Duncan Blackthorne et l'Ombre du Rex Ka, mais il y a des chances que d'autres textes sortent avant, comme Conan le détective barbare, ou la troisième aventure de l'Alchimiste, Les graines des rêves (titre provisoire mais qui semble bien parti pour devenir définitif)...
      Couverture de "Duncan Blackthorne et la Venise des Glaces".

      jeudi 1 août 2019

      Lectures de juillet 2019

      Juillet, l'été est bien là, la première vague de chaleur est déjà passée... et les lectures sont aussi au rendez-vous.
      • Cast into Darkness - Janet Tait
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
      Kate Hamilton appartient à une famille de magiciens qui contrôle les présidents et autres gens de pouvoirs, et qui joue depuis longtemps à un "Jeu" de domination avec les autres familles. Étant une "Null", une magicienne sans pouvoirs, elle pensait que tout cela ne la concernait pas, jusqu'au moment où son frère Brian lui remet une pierre magique qui semble lui donner le pouvoir de contrôler l'ancienne magie "primale"... et qu'il meurt dans le processus. Commence alors un combat sans merci de violence et de ruse entre les deux principales familles de magiciens où chacun et chacune cherche le contrôle de Kate et de sa magie. Une idée intéressante mais avec des protagonistes un peu trop prévisibles, une histoire YA un peu convenue et qui laisse sur sa fin (il n'est pourtant pas indiqué que c'est un tome 1).
      • Ghost Garages: A Boston Technowitch Novel Book 1 - Erin M. Hartshorn
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
      Pepper est une "technosorcière" à Boston, elle utilise sa magie avec l'aide de la technologie la plus moderne pour toucher les gens pour le meilleur et pour le pire. Un jour, elle rencontre une muse, puis des fantômes agressifs dans des garages, et une vague de haine et de colère s'abat sur la ville, avec elle pour principal objectif. Essayant de réparer les dégâts alors que pour ne rien arranger, tout le monde l'accuse d'être responsable de tout (et à sa place, je les aurais envoyés se faire voir depuis longtemps...), elle se lance à la recherche des responsables avec les quelques amis qui lui restent, dont une troublante et androgyne muse. Une histoire prenante qui ressemble un peu à une allégorie des réseaux sociaux où il est facile de déclencher une vague de haine et plus difficile de la conjurer.
      • Casse-tête chinois - Frederik Pohl
        • Français (traduit de l'anglais par Gérard Lebec)
        • Papier
      La Troisième Guerre mondiale a bien eu lieu, et les seuls grands pays ayant réussi à garder leur "intégrité", la Chine et l'Inde, se sont chargés de gouverner les survivants et leurs terres. Quand de mystérieux extra-terrestres demandent à parler au président des États-Unis d'Amérique faute de quoi ils tueront tout le monde, les Chinois qui contrôlent le territoire américain décident de leur présenter le premier Yankee qu'ils trouvent comme le président. Au contact avec les extra-terrestres, les Terriens découvrent une civilisation étrange mêlée d'humains et d'animaux intelligents, qui ne savent pas grand-chose de leurs origines mais ont malgré tout une certitude : il faut partir en guerre pour délivrer l'Amérique ! Un futur incertain et des extra-terrestres absurdes mais pas risibles pour autant permettent de faire passer un message pacifiste : sait-on vraiment pourquoi on fait la guerre, et à quel moment décide-t-on qu'on peut se passer de le savoir ?
      • Ancient Magic: Relic Guardians Book One - Meg Cowley & Victoria DeLuis
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
      Zoe Stark (rien à voir avec Iron Man) est une archéologue spécialisée dans la récupération d'artefacts magiques, dangereux de préférence : il faut dire qu'elle est elle-même une magicienne ou "Magicai". Sa nouvelle mission l'envoie au Mexique à la recherche du crâne d'un ancien dieu-serpent qui aurait le pouvoir de la vie et de la mort. Aventures au cœur de la jungle, homme d'affaires corrompu, charmant partenaire et magie incontrôlable, il ne manque aucun ingrédient à l'histoire, sinon celui de l'originalité. Cela tient sans doute à la faible longueur du texte : plus long, il aurait pu développer l'histoire et être plus riche en suspense.
      • Hidden Magic: Relic Guardians Book Two - Meg Cowley & Victoria DeLuis
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
      Nouvelle histoire d'artefacts magiques disparus, cette fois avec Hayley Bevan, autre archéologue spécialisée dans les artefacts, mais "ordinaire"... quoique pas pour longtemps, car en essayant de protéger un ancien artefact surpuissant, elle reçoit des pouvoirs magiques, dont le pouvoir très particulier de voyager entre les mondes, qui lui permet de s'accorder un répit pour apprendre à utiliser ses pouvoirs. Répit dont elle aura bien besoin pour affronter ses adversaires. Encore une fois, une bonne histoire mais convenue faute d'être développée sur une plus grande longueur.
      • Cursed Magic: Relic Guardians Book Three - Meg Cowley & Victoria DeLuis
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
      Zoe Stark et Hayley Bevan, les héroïnes des tomes précédents, font maintenant équipe pour retrouver ce qui est peut-être l'artefact magique le plus dangereux de tous les temps : la Boîte de Pandore. La boîte est entre les mains d'une dangereuse criminelle à la tête d'une mafia occulte, mais Zoe a un allié dans leurs rangs, un amoureux transi assez mal récompensé de son dévouement. Plus de rebondissements que dans les tomes précédents (il faut dire aussi que l'histoire est un peu plus longue) et un scénario qui retient donc mieux l'attention, dommage que la fin soit vraiment trop cliffhanger et qu'il n'y ait que les premiers chapitres du dernier tome pour laisser sur sa faim.
      • Scales - Amity Green
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
      Tessa Conley, une orpheline américaine qui n'a jamais connu que les foyers tenus par des bonnes sœurs, croit pouvoir s'émanciper en allant étudier seule à Londres. En fait d'émancipation, elle se retrouve changée en gargouille par un mystérieux sorcier et, désormais incapable de sortir à la lumière du jour, doit travailler dans sa vieille librairie. Mais a-t-il vraiment de si mauvaises intentions, ou le pire n'est-il pas à venir quand la seule amie de Tessa est kidnappée, et que pour la sauver, elle va devoir se jeter dans la gueule du loup, c'est-à-dire un étrange manoir écossais peuplé de créatures de légendes ? Véritable roman d'apprentissage, l'histoire utilise la transformation en gargouille comme métaphore du passage à l'âge adulte et de la découverte d'un nouveau monde dont il faut apprendre les codes. Un peu de scènes chaotiques, mais la narration est globalement très prenante et les héros sympathiques.

      lundi 15 juillet 2019

      Pourquoi je ne continue plus l'édition à compte d'éditeur

      Ceux qui me connaissent le savent, je suis éditée à compte d'éditeur pour deux de mes romans, Le don d'Osiris et L'étrange affaire Nottinger. L'édition à compte d'éditeur, c'est une chose dont beaucoup d'écrivains rêvent, et qui dans mon cas, est arrivée un peu par hasard, au gré des rencontres sur Twitter qui ont fini par me mettre en contact avec quelqu'un qui cherchait des manuscrits. C'est ainsi qu'a été publié en 2015 Le don d'Osiris, et trois ans plus tard, L'étrange affaire Nottinger.

      Autant le dire tout de suite, je ne regrette absolument pas de m'être engagée là-dedans. Il y a eu des hauts et des bas, de longues périodes d'attente, des moments d'angoisse et de doute, mais aussi beaucoup de bons moments, des rencontres sympathiques, des brunchs improvisés en parlant de films très particuliers et des défis sur des coins de table pour savoir si la poésie de SF est possible.
      Tout cela est bien, mais il n'y a pas que du bien et il arrive parfois un moment où le bon ne parvient plus à contrebalancer le mauvais. Ce moment, on croit toujours qu'il n'arrivera jamais, puis le refus de Moortopia le fait soudain apparaître à l'horizon et rappeler son existence, puis au fil du temps, lentement mais sûrement, l'enthousiasme s'étiole, les mauvaises choses que j'avais jusque-là réussi à ignorer reviennent, jusqu'à ce que je parvienne à cette conclusion triste mais malheureusement sans appel :
      Quand je propose un livre à la publication, ça se termine soit par un refus, soit par un livre qui ne se vend pas.
      Dans les deux cas, le résultat ne vaut pas les efforts investis.

      Je n'ai pas de meilleurs mots pour résumer cela que ceux de Tegan Jowanka au Cinquième Docteur dans Doctor Who : "It has stopped being fun." C'est une belle aventure et je ne la regretterai sûrement jamais, mais je ne me sens pas capable de continuer. L'enthousiasme des débuts est retombé et fait place à la lassitude. Je suis lasse de voir qu'un ouvrage chasse l'autre et qu'au bout de quelques mois plus personne ne parle du mien (surtout qu'on n'en parlait déjà pas beaucoup à ses débuts), lasse des salons où j'attends des heures derrière un stand désert, lasse de ne pas me sentir à ma place dans le milieu de l'édition où je ne connais pratiquement personne, lasse de sourire à des journalistes qui vont se moquer de mon livre dans leur prochain numéro.

      C'est pourquoi, et jusqu'à nouvel ordre, je ne proposerai plus de nouveau livre à des éditeurs. Mes contrats en cours continuent évidemment d'être effectifs, mais il n'y en aura pas d'autres. J'ai proposé Moortopia à un autre éditeur en début d'année, mais je ne me fais pas d'illusions, maintenant je connais le métier : s'il n'y a pas eu de réponse au bout de trois ou quatre mois, il n'y en aura jamais.

      Cela ne signifie pas que je vais m'arrêter d'écrire. Je vais peut-être, tout simplement, me recentrer sur InLibroVeritas et Atramenta, où Alva & Eini est toujours en vente (sous forme numérique uniquement). Je suis consciente que je ne vais pas y gagner, voire que selon mes options je vais y perdre, de l'argent, mais ce que j'ai gagné jusque-là était de toute façon trop faible pour avoir une quelconque importance. Il est possible que Moortopia, puis peut-être Dernière Course, soit bientôt publié là-bas de manière payante ou gratuite.

      Cette annonce n'appelle pas forcément de réactions, et je sais bien que le départ d'une autrice que personne ne lit ne va pas déclencher de mouvements de foule. Cependant cela avait besoin d'être dit, pour pouvoir enfin mettre des mots sur ce que je ressens et tourner la page, en attendant d'écrire un nouveau chapitre, suivi peut-être par d'autres plus tard.
      La fin du voyage... ou une pause en attendant le prochain ? - Par Caspar David Friedrich [Domaine public], via Wikimedia Commons

      jeudi 11 juillet 2019

      BookPack 3.7

      Retiré du BookPack à l'occasion de son envoi pour un appel à textes, Nuit de hasard a finalement été refusé, mais la bonne nouvelle est qu'il revient donc sur Atramenta (ou il a été 2 fois "coup de cœur des lecteurs") et dans mon BookPack. La version 3.7 est à télécharger dès maintenant.
      Heureusement que j'avais tout gardé concernant Nuit de hasard, c'était plus facile à remettre en place...

      dimanche 30 juin 2019

      Lectures de juin 2019

      Juin, c'est l'été qui arrive, c'est la fête de la musique, c'est la période du bac ou du brevet pour les lycéens et collégiens... et toujours autant de lecture pour moi. Voici ce que j'ai lu :
      • Le Château noir - Gaston Leroux
        • Français
        • Numérique
      Finies les énigmes en chambre close pour Rouletabille, qui se lance dans un roman d'aventures en allant réaliser un reportage en Bulgarie en pleine guerre des Balkans. Il n'agit pas juste pour l'amour de l'information, mais aussi pour celui de la belle Ivana Vilitchkov, et quand celle-ci est enlevée avec les documents militaires sur lesquels reposent la victoire ou la défaite de l'armée bulgare, cela fait deux bonnes raisons pour Rouletabille de se jeter dans la gueule du loup en entrant au "Château noir", le repaire d'un Bulgare renégat nommé Gaulow qui s'intéresse de très près à Ivana. L'aventure est présente, plus que dans les précédentes aventures de Rouletabille, mais des personnages souvent caricaturaux n'aident pas à entrer dans l'histoire aussi bien qu'il le faudrait.
      • Les étranges noces de Rouletabille - Gaston Leroux
        • Français
        • Numérique
      Dans cette suite directe du Château noir, Rouletabille et ses amis retournent à la rencontre de l'armée bulgare pour rendre compte de leurs aventures et de l'avancement de la guerre des Balkans. Mais Ivana Vilitchkov disparaît à nouveau, et pour la retrouver, Rouletabille n'a pas d'autre choix que d'aller jusqu'en Turquie, où la chambre aux trésors d'un sultan en exil attire toutes les convoitises. Une intrigue qui s'embrouille, des moments intéressants passés en ellipse au profit de dialogues entre des personnages qui changent d'avis comme de chemise sous prétexte de rebondissements, tout cela rend cette suite un peu décevante.
      • Le crime de Rouletabille - Gaston Leroux
        • Français
        • Numérique
      Après avoir enquêté sur plusieurs meurtres, Rouletabille passe de "l'autre côté de la barrière" : c'est lui qui est accusé d'avoir assassiné son épouse et le supposé amant ce cette dernière, le volage professeur Roland Boulenger. "L'indulgence du jury" (oui, à l'époque on considérait qu'un mari qui tue sa femme infidèle est excusable...) ne lui suffit pas, il veut confondre et arrêter le véritable coupable. Les soupçons se portent sur Théodora Luigi, l'autre maîtresse du professeur Boulenger, mais avec Rouletabille, on peut s'attendre à un coup de théâtre, quitte à ce qu'il le provoque lui-même. Plus court que les précédents, ce roman est également mieux rythmé et remet en scène des personnages secondaires des épisodes précédents avec plus de cohérence.
      • Les Chroniques de Gabriel - Tome 2 : L'envol - Fred Marty
        • Français
        • Papier
      Le temps a passé depuis la dernière visite de Gabriel et ses amis dans le monde mythologique, mais ils espèrent toujours pouvoir soigner l'amnésie d'Aymeric, qui semble être d'origine magique. Le besoin devient urgent quand le passé du jeune homme le rattrape, sous la forme d'assassins magiques bien décidés à lui rappeler le lien de sa famille avec les forces occultes. L'équilibre entre les deux mondes est menacé et le groupe d'amis va devoir rien moins que pactiser avec le diable pour résister à l'ennemi, et leurs pouvoirs magiques ne seront pas non plus de trop. Un peu moins de références geeks et plus de bagarre que le tome 1 pour cet envol du phénix, avec une fin qui fait attendre avec impatience la sortie du tome 3.
      • Le facteur 119 - Lydie Blaizot
        • Français
        • Papier
      Le professeur McComb est un génie qui a créé pour l'Empire Loranys des "I.A.", véritables humains synthétiques dotés d'une intelligence autonome programmée par 118 facteurs. Mais la société pour laquelle il travaille a été corrompue par les Médroviens, les ennemis de l'Empire, et a ajouté un 119e facteur qui poussera ses créations à déclencher la chute de l'Empire. Quatre des I.A. sont soustraites au circuit "normal" pour avertir l'Empire de la menace, mais entre la méfiance vis-à-vis d'elles et les manœuvres des Médroviens, la tâche sera difficile, et il faudra toutes les compétences des I.A., l'intelligence de McComb et l'astuce de son oncle contrebandier au grand cœur pour y parvenir. Un savant mélange d'action, d'humour et de sentiments font de cette histoire une belle aventure qui rappelle un peu les films de science-fiction des années 90.
      • Son Excellence Eugène Rougon - Émile Zola
        • Français
        • Papier
      Monté à Paris pour s'engager en politique, Eugène Rougon y connaît alternativement la gloire et la disgrâce, rappelant que plus haut on s'élève, plus dure est la chute. Les subtilités de la politique se mélangent avec les secrets d'alcôve, et on découvre que le pouvoir est difficile à garder quand on doit à la fois s'attirer les faveurs de l'empereur Napoléon III, se montrer généreux envers ses soutiens tout en se rappelant qu'ils n'attendent que la première occasion favorable pour vous frapper dans le dos, et se méfier des femmes. En effet, la relation tumultueuse entre Eugène Rougon et Clorinde Balbi, la seule femme capable à la fois de lui tenir tête et de lui faire tourner la tête, pourra être décisive pour son avenir quand la belle deviendra la maîtresse de l'Empereur. Peu d'action mais beaucoup de politique, qui a quelque chose de contemporain bien que l'histoire se passe sous le Second Empire : les mécanismes de l'ambition sont les mêmes quelle que soit l'époque.
      • Trials of a Teenage Werevulture - Emily Martha Sorensen
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
      Dans un monde alternatif où la plupart des gens sont des garous et autres créatures de légende, Lisette s'apprête à faire officiellement partie de son clan de faucons-garous, mais elle devient à la place un vautour-garou. Il n'existe aucun clan de vautours-garous dans sa ville, ce qui la condamne à rester seule ou à vivre en marge d'un autre clan. Un mystérieux vampire qui dirige un "clan des raretés" prétend avoir la solution de son problème... à moins que ce ne soit un piège pour contaminer son clan et d'autres et déstabiliser tout le monde des créatures. Au-delà de l'aventure, ce roman YA est toute une métaphore sur l'adolescence, les transformations qui l'accompagnent et la difficulté à trouver sa place dans une société impitoyable avec ceux qui ne "rentrent pas dans les cases".
      • Trifles of a Teenage Werevulture - Emily Martha Sorensen
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantsy Bundle
      Lisette se rend à New Yeti pour y rencontrer le clan de vautours-garous qui s'y trouve, avec l'idée de lancer son propre clan de vautours-garous de son espèce, le vautour fauve. Ce qui, contrairement à ce qu'elle espérait, ne déchaîne pas l'enthousiasme, et le seul qui était prêt à la suivre voit sa métamorphose tourner en eau de boudin. Pire, le vampire qui l'avait déjà piégée la fait tomber dans un nouveau piège qui relâche des vampires temporels dans la nature. L'histoire reprend assez largement les principes du tome précédent, avec une héroïne qui semble encore plus têtue et persuadée d'avoir raison contre le reste du monde (ce qui ne l'empêche pas de sauter à pieds joints dans les pièges...)
      • How to Marry a Werewolf - Gail Carriger
        • Anglais
        • Numérique - Téléchargé via le StoryBundle Urban Fantasy Bundle
      Parce qu'elle a perdu sa réputation dans la bonne société de Boston, Faith se voit laisser pour seul choix d'épouser un loup-garou à Londres. Elle n'aime pas son destin, mais la gentillesse de ses cousins britanniques, et surtout la rencontre avec le troublant Major Channing et sa meute, lui font du bien et lui laissent même entrevoir la possibilité d'un mariage heureux, du moins si son passé, celui du major ou d'autres événements imprévus ne se mettent pas en travers de leur route. Comme toujours avec Gail Carriger, on a affaire à un savant mélange de romance british très distinguée avec une légère touche de steampunk, d'héroïnes qui ne s'en laissent pas conter, de surnaturel et de beaucoup d'humour, le tout dosé comme un blend de thé de haute qualité, quasiment inratable et à consommer sans modération.

      samedi 29 juin 2019

      Concours des 650 followers !

      Après avoir atteint plus vite que prévu les 650 followers sur Twitter, et n'ayant rien fait pour les 600, j'ai décidé de lancer un petit concours.
      Je sais que j'avais dit par le passé que je ne ferais pas de concours "RT+follow", mais je n'avais pas vraiment d'idées pour celui-là, et ça peut être une bonne occasion de voir si ce concours se diffuse bien avec ce nombre de followers.
      Le lot à gagner est un ebook des Chroniques Nottinger, le recueil de nouvelles inédit disponible uniquement en numérique qui lève un peu le voile sur l'histoire familiale des Nottinger, et qui forme un complément aussi indispensable qu'inattendu à L'étrange affaire Nottinger.
      Pour y participer, tout est dans le tweet. Fin du concours le 14 juillet pour notre fête nationale !

      vendredi 21 juin 2019

      Ce que vous n'avez peut-être pas vu dans "Hello! Mister Crowley"...

      A lire avant de commencer : cet article peut divulgâcher des éléments de Hello! Mister Crowley. Si vous n'avez pas encore lu Hello! Mister Crowley et que vous désirez vous préserver la surprise, vous pouvez tout de suite le télécharger via mon BookPack ou le lire directement sur Atramenta ou sur InLibroVeritas, et revenir à cet article plus tard.

      Écrit pour le NaNoWriMo de novembre 2018, Hello! Mister Crowley était avant tout une tentative de me remotiver à l'écriture après la déception de Moortopia. Il y avait eu La légende de Thaalia entre les deux, mais même si j'en étais fière, je sentais qu'il y avait quelque chose qui n'allait toujours pas.
      J'ai donc fait ce qui me semblait le plus sûr pour retrouver le plaisir d'écrire : écrire quelque chose d'absurde voire de délirant, qui m'amuserait. (C'est d'ailleurs dans la même optique que j'essaie actuellement de continuer Conan le détective barbare, mélange improbable de Conan le barbare et de Détective Conan.)
      Comme pour deux de mes NaNoWriMo précédents, De Charybde en Scylla et La Passion et l'Opéra, je suis partie d'un scénario Lycéenne RPG qui me donnait déjà un univers et une trame utilisables, et qui avait l'avantage d'être un de mes scénarios les plus récents, si bien que je me souvenais encore (à peu près) de l'histoire. Comme les deux autres, Hello! Mister Crowley se déroule dans un lycée de filles, mais cette fois de nos jours : exit le XIXe siècle plus ou moins fantasmé, place aux lycéennes contemporaines qui font de la moto et se passionnent pour les films téléchargés ou les stories Instagram.
      Couverture de "Hello! Mister Crowley".
      Le titre Hello! Mister Crowley fait évidemment référence à l'occultiste Aleister Crowley, l'histoire se déroulant sur son lieu de naissance, la ville thermale de Leamington Spa en Angleterre. Le titre est cependant trompeur, puisque "Mister" Crowley n'apparaît jamais que sous la forme... d'une femme, cette incongruité étant apparemment la conséquence d'une erreur dans le rituel destiné à ressusciter l'occultiste. Si le scénario lui-même ne fait pas mention de la bisexualité d'Aleister Crowley, le roman l'évoque assez brièvement.
      Le scénario propose aux joueurs quatre fins différentes (deux "bonnes" et deux "mauvaises" selon les choix des personnages lors de la dernière bataille), celle que j'ai choisie pour le roman est "la moins mauvaise des mauvaises" et pourrait presque passer pour bonne, quand on se rappelle que les héroïnes sont de simples lycéennes, et que c'est beaucoup leur demander qu'espérer qu'elles s'engagent dans un combat qui les dépasse depuis le début.
      Parlons-en, d'ailleurs, des personnages. Commençons par ceux qui se trouvaient déjà dans le scénario de base, c'est-à-dire les PNJ. A part Crowley que j'ai déjà évoqué(e), on peut remarquer Krista Spark, dont le nom et l'apparence sont tirés du jeu vidéo Twisted Metal 2, ainsi que deux allusions à un autre jeu de rôle que j'ai pratiqué, Nephilim, avec Kyle (meilleur ami de Duncan Blackthorne, devenu ici "frère" de Krista) et "L'Homme en noir" qui n'est autre qu'une émanation de Duncan lui-même.
      Le passage du "simple" scénario au roman implique d'ajouter à ces PNJ des héroïnes qui vont moins mener la danse que subir le scénario. La première que j'ai créée était Maggie May Sheller. Son prénom, inspiré d'une chanson de Rod Stewart, était également un moyen commode d'augmenter le nombre de mots avec un prénom double.
      Autour d'elle s'est construite une petite bande appelée les Misfits, principalement en référence au film avec Marilyn Monroe mieux connu en France sous le nom Les Désaxés. Pearl Linton (brièvement surnommée "Black Pearl") emprunte son prénom à l'actrice Pearl Mackie. Quant à Danna O'Neill, c'est encore un autre lien avec Lycéenne RPG, puisqu'elle était une PNJ de ma première campagne sur forum, La Légende de Galrael. On la voit dans Hello! Mister Crowley qui montre l'Instagram d'une jeune fille nommée Alice O'Neill (mais qui n'est pas de sa famille), référence à la PJ de la même campagne, Ailis O'Neill (rien à voir avec le colonel O'Neill, en revanche).
      La narration se place alternativement du point de vue des 4 amies, puis également de celui de leurs correspondantes japonaises quand elles arrivent en Angleterre. Pas d'inspiration particulière pour ces dernières, mis à part que Saki, l'adepte du style sweet lolita, se fournit chez Angelic Pretty dont je me suis amusée à décrire quelques robes...
      Une robe Angelic Pretty du même genre que celles portées par Saki quand elle n'est pas en uniforme scolaire, au grand dam de ses amies anglaises !
      Si chacune des Misfits et de leurs correspondantes japonaises a son petit quelque chose qui la rend unique, Maggie May reste celle qui prend le plus d'importance dans l'histoire, et j'avoue avoir pris un malin plaisir à décrire son obsession pour un certain Gavin Bellini, "un acteur écossais d'origine italienne" dans lequel on aura peut-être déjà reconnu... Peter Capaldi. Point n'est besoin d'aller très loin pour comprendre la référence, puisque "Gavin Bellini" était le nom de son personnage dans le film Soft Top Hard Shoulder. Plusieurs références à sa filmographie sont disséminées dans Hello! Mister Crowley, et il faudra trouver à quoi correspondent La légende de la fille des serpents, Les Voyageurs du temps ou encore son rôle de l'ange Paddington (plus difficile, celui-là !)
      Cependant, l'élément qui prend le plus de place dans la susdite filmographie, Les Technomanciens, est totalement inédit. Enfin, pas tout à fait : je l'ai bricolé à partir de la toute première version jamais publiée du Don d'Osiris, qui s'appelait à l'époque Vitam Aeternam, en transposant l'histoire dans un univers cyber-urbain futuriste vaguement adapté de L'Incal. Comprenne qui pourra...
      Si on ajoute à cela quelques petites allusions supplémentaires à d'autres vedettes de Doctor Who, comme une lycéenne nommée Jodie (mais beaucoup moins sympathique que Jodie Whittaker) ou le redoutable John Masters qui ressemble comme deux gouttes d'eau à John Simm qui jouait le Maître (tout le monde suit ?), il ne reste plus qu'à ajouter la dernière touche de folie à Hello! Mister Crowley : le yoyo du susdit John Masters a été ajouté après le début du NaNoWriMo, sur la suggestion d'un "yoyo démoniaque" sur Twitter.
      En bref, Hello! Mister Crowley n'est clairement pas un roman qui révolutionnera la littérature, mais cela reste un NaNoWriMo que j'ai pris plaisir à écrire et pour lequel j'ai encore une affection particulière, sinon je ne lui aurais pas accordé plus de corrections qu'à, je crois, n'importe lequel des autres romans que j'ai écrits pour différents NaNoWriMo (à l'exception sans doute de Dernière Course, dont le statut est encore particulier). Si tout ce que j'ai raconté vous étonne, jugez-en par vous-mêmes : vous pouvez télécharger Hello! Mister Crowley via mon BookPack ou le lire directement sur Atramenta ou sur InLibroVeritas !