dimanche 16 août 2015

Edward NaNottinger

Un petit article rapide pour parler de deux choses : d'abord L'étrange affaire Nottinger et ensuite le prochain NaNoWriMo.
Les aventures tragiques d'Edward Nottinger sont toujours en cours d'écriture, j'ai dépassé les 56000 mots ce week-end et la fin approche à grands pas. La santé mentale des protagonistes est en train d'être poussée dans ses derniers retranchements, et il est bientôt temps pour le coup de folie final qui consumera tout sur son passage. J'essaie d'avancer au maximum maintenant, avant mes trois semaines de vacances en septembre : pendant deux d'entre elles, je n'aurai pas d'ordinateur et je devrai réduire mon équipement au maximum pour alléger mon sac à dos, et même prendre quelques notes pourrait ne pas être évident.
Je pense également au prochain NaNoWriMo pour novembre 2015, ayant réussi et bien apprécié celui de novembre 2014 avec De Charybde en Scylla. Je ne sais pas encore si ma charge de travail en novembre ne me pompera pas trop d'énergie pour pouvoir participer au NaNoWriMo, mais je compte au moins essayer. Le titre de ma participation est déjà trouvé : Dead End City. Le début de l'histoire se déroulera dans une ambiance western, mais il apparaîtra ensuite que la ville de Dead End City cache des secrets que même ses plus anciens habitants n'imaginent pas. Le reste sera à découvrir en novembre...

jeudi 2 juillet 2015

"Le Docteur Oméga" d'Arnould Galopin

De nos jours en France, on a tendance à mépriser la science-fiction et à la cantonner à des livres de "divertissement" qui n'ont rien à voir avec la "grande" littérature.
C'est oublier un peu vite qu'à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la France a connu une grande vogue de la science-fiction, emmenée par Jules Verne dont personne ne peut contester le statut de grand écrivain. Son roman De la Terre à la Lune a d'ailleurs été adapté (avec Les premiers hommes dans la Lune de H.G. Wells) en un film intitulé Le Voyage dans la Lune, c'est-à-dire l'un des tous premiers films de science-fiction (et à effets spéciaux s'il vous plaît, grâce au grand Georges Méliès), et c'est un film français !
D'autres auteurs de science-fiction se sont lancés dans l'aventure au début du XXe siècle, et celui auquel nous nous intéressons aujourd'hui s'appelle Arnould Galopin (oui, c'est son vrai nom). Auteur à peu près inconnu de nos jours, il a été très prolifique à son époque dans le domaine de la science-fiction mais aussi du roman pour la jeunesse et du roman policier ; il a même créé un rival du célèbre Fantômas, nommé Ténébras, ainsi que le détective Allan Dickson, que Jean Ray reprendra par la suite sous le nom de Harry Dickson.
Le Docteur Oméga, sous-titré Aventures fantastiques de trois Français dans la planète Mars, est son premier roman publié en 1906. L'histoire commence quand le narrateur, Denis Borel, qui s'est retiré à la faveur d'un héritage dans un village de Normandie (la région natale d'Arnould Galopin), découvre que son voisin est un scientifique excentrique se faisant appeler le Docteur Oméga. Celui-ci a découvert un métal révolutionnaire, la "répulsite" (rebaptisée "stellite" dans certaines rééditions), sorte d'alliage à base de radium ayant la particularité d'échapper à la gravité. Il fait alors construire avec cet alliage un vaisseau en forme d'obus, un peu comme celui de De la Terre à la Lune, et embarque avec Denis Borel et son fidèle assistant Fred, non pas pour la Lune mais plus loin : pour Mars !
Après avoir évité un météorite, le vaisseau, nommé Cosmos, finit par se poser dans une mer martienne peuplée de poissons phosphorescents et d'hommes-lézards. Ses occupants rencontrent plusieurs autres étranges créatures, avant d'être fait prisonniers par des Martiens à grosse tête, qu'ils surnomment "Mégalocéphales" et dont l'apparence se rapproche un peu de celle des Martiens de Mars Attacks! Bien qu'ils reconnaissent l'intelligence du Docteur et de ses compagnons, les Martiens les gardent sous haute surveillance et ne semblent pas décidés à les laisser partir. Le Docteur Oméga parvient cependant à les convaincre de fabriquer une réplique de son Cosmos à bord de laquelle il compte bien s'échapper avec Denis et Fred...
Bien qu'il soit un peu court, Le Docteur Oméga réunit tous les ingrédients d'une bonne aventure de science-fiction de l'époque. On imagine facilement le Cosmos explorant la surface de Mars dans un style qu'on qualifierait de nos jours de steampunk. Seul bémol, les personnages sont à mon goût assez mal introduits et ont parfois des réactions incohérentes (et il ne s'agit pas seulement de l'excentricité du Docteur Oméga), ce qui peut cependant s'expliquer que, comme beaucoup de romans de l'époque, il était probablement écrit sous forme de feuilleton, ce qui supposait de devoir écrire les différents épisodes très rapidement.
Malgré une réédition en 1949, Le Docteur Oméga est pratiquement tombé dans l'oubli chez nous. En revanche, les Anglo-Saxons l'ont redécouvert en 2003, constatant une certaine ressemblance entre "Doctor Omega" et un autre "Doctor" qu'ils connaissent bien : le Premier Docteur de Doctor Who, incarné par William Hartnell dans les années 1960. Cela a donné lieu à une adaptation plus ou moins fidèle du texte original en anglais, avec des ajouts pour faire référence à Doctor Who et souligner la ressemblance entre les deux Docteurs ; même la couverture est dans le style des anciens romans adaptés de Doctor Who. De nouvelles aventures de ce grand-oncle illégitime et français du Docteur, inspirées de l'histoire originale, ont été publiées par la suite par des auteurs anglophones.
Grâce à cela, Le Docteur Oméga est ressorti en France en 2009, et une traduction fidèle du texte en anglais a été éditée aux Etats-Unis en 2011. On redécouvre que la science-fiction française avait une longueur d'avance à l'époque.
Couverture du Docteur Oméga dans son édition de 1949. Cliquez ici pour télécharger le texte gratuitement sur Feedbooks. Pour la version en anglais remaniée "Doctor Who", c'est par là (sur Amazon.com).


mercredi 10 juin 2015

"Flaming Dove" de Daniel Arenson

"Et ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon." (Apocalypse 16:16)

Si l'Apocalypse relate la "fin du monde" de la tradition chrétienne, dans Flaming Dove de Daniel Arenson, la bataille de Harmaguédon ou Armaggedon n'est que le début. Il y a plus de vingt ans que cette bataille a eu lieu, mais la guerre fait toujours rage en Terre Sainte entre les forces du Ciel et celles de l'Enfer.
Les deux camps sont de forces à peu près égales, et la guerre pourrait durer éternellement, mais l'archange Michael (plus connu en français sous le nom de Saint Michel) pense qu'un être peut faire pencher la balance : Laila, la femme mi-ange mi-démon, bannie à la fois du Ciel et de l'Enfer parce qu'elle est la fille d'un ange et de Lucifer.
Laila erre désormais sur la terre, tuant occasionnellement les anges comme les démons qui se trouvent sur son passage, tout en refusant de travailler ni pour les uns ni pour les autres. L'entrée du Ciel comme celle de l'Enfer lui est interdite : la lumière divine qui baigne le Ciel brûle le sang démoniaque en elle, tandis que les flammes qui brûlent en Enfer font de même avec son sang angélique.
Mais Michael, aidé de Bat-El, la demi-sœur angélique de Laila, a une idée pour la convaincre de se battre aux côtés des anges : l'actuel chef des forces de l'Enfer, l'ange déchu Beelzébub, a détrôné et tué le père de Laila, et donc si celle-ci parvient à le vaincre, le trône de l'Enfer sera pour elle. Un plan qui semble parfait à première vue, jusqu'à ce que se révèlent des doutes, des secrets et des mensonges, et des amours interdites entre les anges, les anges déchus et les démons.
L'histoire, très bien écrite, m'a tenue en haleine jusqu'au bout, et un rebondissement est susceptible d'apparaître à tout moment et de révéler un secret capable de dévier le destin du Ciel et de l'Enfer. Des figures de l'Ancien et du Nouveau Testament font régulièrement leur apparition, que ce soit du côté du Ciel (avec les archanges Michael, Gabriel et Raphaël) ou de l'Enfer (avec Lucifer, Beelzébub ou Moloch), chacun ayant sa propre raison de se battre, et ses propres doutes et sentiments cachés qui l'amènent à prendre ou non parti dans la bataille.
Seule la fin m'a un peu déçue, avec un plot twist qui m'a paru dispensable, mais qui a le mérite de terminer l'histoire sur une question philosophique, assez inattendue dans une histoire plutôt orientée "jeunes adultes", sur la nature du bien et du mal et la nécessité de vivre avec l'un et l'autre.
Si vous cherchez de la lecture, de l'épique et du biblique (en anglais), je recommande ! Je l'avais reçu par un StoryBundle maintenant terminé (Women of the Apocalypse), mais vous pouvez le trouver directement sur le site de l'auteur.

dimanche 7 juin 2015

Un petit rattrapage en histoire

Sur Youtube, on trouve de tout. Des vidéos de chats, des bandes-annonces de films, des vidéos de chats, des tutoriels pour bricoleurs du dimanche, des vidéos de chats, des sketches d'humoristes en herbe, des vidéos de chats, des tests de jeux vidéo et des vidéos de chats.
Il m'arrive de naviguer entre les vidéos et les auteurs, et c'est un peu par hasard que je suis tombée sur la chaîne Nota Bene, dédiée à la vulgarisation de l'histoire et des mythologies. L'auteur, "Bénabarbe" (et il a effectivement une belle barbe), explique l'histoire sous forme de vidéos courtes avec des thèmes divers comme les "fails" militaires, les morts insolites des rois ou les villes en avance sur leur époque.
C'est du moins ce qu'il fait dans les vidéos "principales", mais le concept s'est rapidement étoffé avec d'autres types de vidéos :
  • Mythes et Légendes où il est cette fois question d'une mythologie, à savoir la grecque, la scandinave, et tout récemment l'égyptienne. (J'ai vu cette dernière, et ouf, il n'y a pas d'erreur flagrante dans Le don d'Osiris...)
  • Un peu d'histoire où un thème général de société, par exemple le mariage, est expliqué avec son évolution à travers les âges et les pays.
  • Motion VS History où la vraisemblance d'une œuvre de fiction par rapport à la réalité de l'époque concernée est vérifiée. Pour l'instant il n'est question que de Game of Thrones.
  • Questions Histoire qui existe en deux versions : pour adultes et pour enfants ou Kids. La réponse à des questions d'histoire posées par des internautes comme "la police existait-elle au Moyen-Âge ?"
  • Et d'autres vidéos diverses comme des reportages, des FAQ, des vidéos de remerciements...
L'ensemble est très intéressant et bien expliqué, et même si beaucoup d'historiens se plaignent que les émissions d'histoire d'aujourd'hui accordent trop d'importance aux anecdotes et que c'est prendre l'histoire par le "petit bout de la lorgnette", cela reste un excellent moyen de se (re)mettre dans le bain et même de glaner quelques idées intéressantes de scénarios si vous êtes en panne d'idées.
Pour résumer : allez vite faire un tour sur sa chaîne Nota Bene ! Et si vous aimez vraiment ses vidéos, vous pouvez soutenir son projet sur Tipeee. (Rien à gagner, sauf la reconnaissance éternelle d'un passionné d'histoire.)

lundi 1 juin 2015

Ecriture en cours

Il y avait longtemps que je n'avais plus parlé de mes travaux d'écriture en cours. Il faut dire aussi qu'ils ont été plus importants que prévu, et que le travail que je dois fournir par ailleurs (hé oui, écrivain ce n'est pas un "vrai" métier paraît-il, et il faut bien se nourrir...) l'a été également.
Mon projet principal reste L'étrange affaire Nottinger, que j'ai déjà évoqué ici puis ici. C'est un travail de longue haleine, mais l'histoire globale n'a pas changé, elle s'est surtout enrichie. Le roman a commencé, comme je l'avais prévu, à "essaimer" en nouvelles sur les différentes générations de la famille Nottinger, L'étrange affaire Nottinger en constituant alors la conclusion, l'histoire du dernier membre de la famille Nottinger, Edward Matthew, qui a (spoiler) tenté de mettre fin à la malédiction de sa lignée.
Actuellement, deux nouvelles sur les cinq prévues sont écrites : l'histoire d'Edward Percy (intitulée Ad Augusta per angusta), le "fondateur" de la famille, et celle de son fils Edward Augustus (L'Innommable Serment), qui déclenche la malédiction proprement dite. La prochaine concernera Edward Charles, le représentant de la génération suivante, se déroulera à la fin des années 1940 et aura pour titre Le vieux gentleman de Netherwood. A vous de deviner à qui il est fait allusion dans ce titre...
En ce qui concerne L'étrange affaire Nottinger même, l'histoire va sur sa fin, bien qu'un affrontement spectaculaire soit encore à écrire. C'est d'ailleurs la principale difficulté que je rencontre en ce moment, et une des raisons pour lesquelles je n'avance pas très vite dans son écriture. Peut-être qu'à l'instar des deux héros, Nadia Leigh et Oliver Lloyd (qui portait le prénom de Cole au début de l'écriture du roman, mais cela pourrait encore changer d'ici à ce que je termine), je commence à perdre un peu trop de santé mentale et que je lutte difficilement pour ne pas dépasser le point de non-retour en la matière ? En effet, la dernière charge d'Edward Nottinger pourrait bien faire voler en éclats le peu de stabilité mentale qui leur reste ; il n'y a plus qu'à espérer qu'il n'en sera pas de même pour moi. Je n'en ai pas encore terminé avec la famille Nottinger, ni (ou surtout) eux avec moi...

Travaux en cours - Derivative work: Sorfane (talk) Nuvola_apps_important_yellow.svg: Flamurai Under_construction_icon-blue.svg: Dsmurat [LGPL (http://www.gnu.org/licenses/lgpl.html)], via Wikimedia Commons

lundi 25 mai 2015

Ludwig Revolution

Si les contes de votre enfance ont laissé en vous l'impression d'un monde idéal, reflet de l'époque où vous croyiez encore aux fées et au Père Noël, ne lisez surtout pas ce qui suit.
En effet, dans Ludwig Revolution, la célèbre mangaka japonaise Kaori Yuki, auteur de best-sellers comme Angel Sanctuary ou God Child, prend un malin plaisir à démonter les contes des frères Grimm en les prenant à rebours (les héros devenant des méchants) ou en les replaçant dans un contexte décalé. Le fil conducteur de l'histoire est le prince Ludwig ou Louis (Ludwig étant le second prénom de Jacob Grimm) qui parcourt son royaume à la recherche d'une princesse à son goût, c'est-à-dire selon ses propres mots "une bombe à gros seins". Ludwig est loin d'être le prince charmant qu'on se représente, il est dragueur et sadique, et ce penchant est encouragé par le masochisme de ses compagnons de voyage, son valet Wilhelm (Wilhelm Grimm) et la mystérieuse sorcière Dorothéa.
Les princesses qu'il rencontre ne sont pas non plus des figures idéales : ainsi, Blanche-Neige est une femme fatale "au cœur aussi noir que les ténèbres" qui fait assassiner sa propre mère, Raiponce est colérique et ses cheveux attaquent les hommes qui l'ont déçue, Albertina (La petite gardeuse d'oies) fait exécuter la princesse qu'elle accompagnait pour prendre sa place... Ludwig ne tombera d'ailleurs amoureux d'aucune d'entre elles, à l'exception de Friedrike, la Belle au bois dormant (également appelée "Princesse Ronce" d'après le titre allemand du conte) mais les cent ans qui les séparent l'empêcheront d'être uni à elle.
Pour couronner le tout, des assassins apparaissent à la poursuite de Ludwig et sa bande, avec des noms aussi célèbres que le Petit chaperon rouge, ou Hansel et Gretel, et des personnages secondaires plus tordus les uns que les autres, et dont beaucoup en veulent personnellement à Ludwig, se révèlent au fur et à mesure de l'histoire.
Le tout est ponctué de scènes décalées où des allusions à la culture moderne interviennent, où les personnages se rebellent contre la narration ou la commentent avec ironie, avant un final un peu trop embrouillé, malheureusement bâclé par la créatrice qui attendait alors un heureux événement (et qui le reconnaît elle-même dans la conclusion).
Depuis peu, une nouvelle série, Ludwig Fantasy, est née sur les cendres de Ludwig Revolution. Plus ouverte que la précédente, elle voit son premier tome "s'attaquer" à la célèbre Petite Sirène d'Andersen, puis au conte japonais de la Princesse Kaguya qui a également été récemment adapté par les Studios Ghibli.
Détail intéressant pour la culture, beaucoup des contes malmenés par Ludwig Revolution et Ludwig Fantasy sont disponibles à la fin des tomes dans une version un peu courte mais proche de l'original, une occasion de découvrir ou de redécouvrir des contes connus ou plus discrets.
Blanche-Neige et les sept nains vus par Carl Offterdinger à la fin du XIXe siècle [domaine public] ; la version de Ludwig Revolution est loin d'être aussi idyllique...

dimanche 17 mai 2015

Le langage des fleurs

Avec le moi de mai qui est déjà bien avancé, les fleurs s'ouvrent partout. Et parmi elles, les reines des reines, les roses.
J'ai cueilli dans mon jardin l'une d'entre elles, et je l'ai arrangée avec une branche d'églantier à la manière d'un ikebana japonais. Comme je n'ai jamais étudié cet art et que je n'ai pas non plus le matériel requis, cela ressemble probablement à tout sauf à un véritable ikebana, mais j'ai essayé de respecter l'esprit de cet art traditionnel qui permet d'exprimer la beauté de la nature et de la simplicité avec des choses plus naturelles que les mots : une fleur et quelques branches.
Est-ce que cela peut ressembler à un ikebana ? Hé bien, à vous de juger.
Rose et branche d'églantier à la manière d'un ikebana [CC-By-SA 4.0]