lundi 13 mai 2019

"Dôme" de Stephen King

Stephen King affirme qu'il a abandonné ce livre en cours de route et qu'il a fallu beaucoup de temps pour qu'il s'y remette. Il a bien fait de ne pas baisser les bras, car Dôme est une belle réussite, un livre qu'on ne peut pas poser avant la fin malgré sa longueur (qui a fait diviser l'édition française en deux tomes).
L'histoire commence, comme souvent, dans une paisible petite ville du Maine sans histoires, Chester's Mill, qui en un instant, sans avertissement ni explications, se retrouve coupée du reste du monde par une barrière invisible. Militaires et scientifiques s'avouent impuissants à comprendre le "Dôme", et tout autant à l'ouvrir ou le détruire pour libérer la ville. Les habitants retiennent leur souffle en attendant une solution...
Enfin, pas tous : James "Big Jim" Rennie, conseiller municipal corrompu et vendeur de voitures d'occasion aux allures de Donald Trump, voit là une occasion en or de tenir la ville sous sa coupe. Car Big Jim a de l'argent, beaucoup d'argent mal acquis grâce à ses voitures d'occasion, mais surtout grâce au laboratoire de drogue secret qu'il dissimule derrière la radio chrétienne WCIK et le pasteur fanatisé Lester Coggins. Mais ce qui intéresse Big Jim, c'est le pouvoir, et voir que plus personne ne peut entrer dans "sa" ville ni en sortir lui donne l'idée d'y exercer le pouvoir absolu.
Dôme met en lumière la rapidité avec laquelle Big Jim met la main sur Chester's Mill. Il s'empare facilement de la police, envahie par des nouvelles recrues qui sont pour la plupart des losers désireux de prendre leur revanche sur les "injustices" que la vie leur a faites, et utilise les petits secrets des uns et des autres pour les faire taire, à commencer par les autres conseillers municipaux, trop lâches pour le contester ou trop affaiblis par les médicaments et la situation, qui sont donc ravis de le laisser tout gérer. Et il gère, avec cette stratégie particulière que les spécialistes des dictatures reconnaîtront : semer la peur et le chaos pour se présenter ensuite comme la seule alternative.
Les adversaires de Big Jim existent, en premier lieu l'ancien officier Dale "Barbie" Barbara, doté d'un sens aigu de la justice mais qui traîne la culpabilité d'exactions commises en Irak, cause de sa démission de l'armée. Lors de l'apparition du Dôme, cependant, Barbie est réintégré d'office avec le grade de colonel, et chargé de prendre la direction des opérations à l'intérieur de la ville. Direction qu'il ne pourra jamais prendre, car sa nomination fait de lui le bouc émissaire tout désigné pour Big Jim, d'abord parce qu'il représente le gouvernement et ses "élites" avec toutes les théories du complot qui vont avec, ensuite parce que Big Jim a un compte personnel à régler avec Barbie à travers son fils Junior, le fils à papa qui se croit tout permis mais ne sait pas qu'il a déjà perdu face à la tumeur qui lui ronge le cerveau.
Très vite, la ville se divise en deux entre "la loi et l'ordre" de Big Jim et la résistance dont Barbie devient le symbole malgré lui, et chaque tentative ratée de l'armée pour détruire le Dôme renforce encore plus les premiers dans leurs convictions que le monde entier est contre eux. Les seconds, pour leur part, ont avant tout pour objectif de survivre, et comprennent vite que le seul espoir, alors que la situation dégénère un peu plus chaque jour, est de trouver l'origine exacte du Dôme pour le faire disparaître.
Avec un seul phénomène paranormal (mais d'envergure), le roman est avant tout un excellent thriller psychologique, où on regarde les côtés les plus sombres de la nature humaine remonter à la surface et transformer en enfer une petite ville "paisible" dès qu'un événement choquant fait voler les apparences en éclats. Il est aussi beaucoup question de la facilité avec laquelle le totalitarisme peut s'ancrer dans le pays des "défenseurs de la liberté" (et le contexte politique actuel en rend la lecture encore plus intéressante). Mais au-delà de tout cela, c'est une analyse de l'origine du mal qui a lieu sous le Dôme et aussi en-dehors : on a beau dire que "les méchants, c'est pas nous", il est facile de faire le mal en se persuadant qu'on aide les gens malgré eux, ou en ne sachant pas (voire en ignorant délibérément) qu'ils peuvent souffrir.
Ce qui se passe sous le Dôme reste sous le Dôme... - Par Phoenix Han from Beijing, China [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

mardi 30 avril 2019

Lectures d'avril 2019

En avril, c'est fini, j'arrête de lire...
Non, c'est évidemment un poisson d'avril ! Même si le Camp NaNoWriMo et la réécriture de Dernière Course m'ont pris du temps, je ne me suis pas arrêtée, et voici ce que j'ai lu :
  • Des choses fragiles - Neil Gaiman
    • Français (traduit de l'anglais par Michel Pagel)
    • Papier
Nouvelles et poèmes en prose s'enchaînent dans ce recueil éclectique, de la traduction française de A Study in Emerald déjà lu en VO en janvier, à des nouvelles se rattachant à l'univers d'American Gods, en passant par How to Talk to Girls at Parties, et d'autres récits en tous genres et dans toutes sortes de mondes, y compris un univers à l'envers où la réalité est un monde gothique à base de loups-garous, de squelettes qui hantent littéralement les placards et de damoiselles en détresse, et où la littérature fantastique parle de banquiers et de problèmes de circulation. Le monde onirique de Neil Gaiman déploie ici avec art ses multiples facettes, un seul regret (pourtant bien rare avec cet auteur), c'est que l'ensemble est un peu trop mélancolique et laisse un drôle de goût amer ; mais n'est-ce pas le propre d'un bon livre de laisser des traces ?
  • Vingt maisons du zodiaque - Collectif (anthologie dirigée par Maxime Jakubowski)
    • Français (divers traducteurs, principalement Monique Lebailly pour l'anglais)
    • Papier
Vingt maisons du Zodiaque, ce ne serait pas un peu trop pour la tradition ? Tant pis pour les traditions, le but ici est de faire voyager avec de la science-fiction de tous les pays, chacun amenant sa culture et, en quelque sorte, son propre zodiaque. Critiques plus ou moins voilées du militarisme, du capitalisme ou de l'égoïsme humain à travers des univers futuristes ou absurdes, ces nouvelles nous emmènent dans de nombreux mondes inconnus, même si on a parfois du mal à comprendre où certaines veulent en venir, parfois trop elliptiques ou au contraire trop délayées.
  • La fin de l'éternité - Isaac Asimov
    • Français (traduit de l'anglais par Michel Ligny et Claude Carme)
    • Papier
Grâce à un champ de stase temporel, un gigantesque complexe nommé l’Éternité s'étend du 27e siècle à loin dans le futur, et s'est donné pour mission de protéger l'humanité. Simple "Technicien", Andrew Harlan n'est quand même pas n'importe qui, puisqu'il est le meilleur pour créer des "Changements de Réalité" rectifiant le cours du temps pour correspondre aux plans de l’Éternité. Sa loyauté sans faille bascule cependant quand il s'éprend de la belle Noÿs. Histoire d'amour impossible ? Pas seulement, car ce n'est que le point de départ d'un très ancien complot temporel qu'il va découvrir, et dont l'enjeu n'est rien moins que l'existence ou non de l’Éternité. Dans cette histoire, physique et métaphysique se confondent, avec en toile de fond une réflexion sur la légitimité de contrôler l'évolution de l'humanité, même avec les meilleures intentions du monde. Ni l'existence ni la fin de cette Éternité ne laissent indifférent tout au long du récit, ni le destin contrarié de ses habitants.
  • Les courants de l'espace - Isaac Asimov
    • Français (traduit de l'anglais par Michel Deutsch)
    • Papier
Sur Florina, une planète-colonie exploitée sans vergogne par un autre monde car il y pousse la fibre la plus précieuse de la galaxie, un homme qu'on croyait simple d'esprit se souvient de son passé. Il voulait avertir d'un danger extrêmement grave et sa mémoire a été effacée à cause de cela. Ce qui signifie qu'il y a des gens qui sont prêts à tout pour le faire taire, et ce ne sont pas forcément ceux qu'on croit. Les colonisateurs qui ne tiennent pas à ce qu'on apprenne qu'ils pourraient perdre la source de leur richesse ? L'empire galactique qui aimerait bien voir ces mondes tomber dans son giron ? A moins qu'il n'y ait encore autre chose pour mettre un grain de sable dans la machine ? Le titre est un peu trompeur car les "courants de l'espace" ne sont réellement mentionnés qu'à la fin : l'important est de savoir ce que fait chacun des protagonistes d'une information qui peut devenir une arme redoutable.
  • L'étoile et le fouet - Frank Herbert
    • Français (traduit de l'anglais par Guy Abadia)
    • Papier
La galaxie entière est à la recherche de la dernière représentante des Calibans, la mystérieuse espèce qui contrôle les couloirs "S'Oeil" permettant de se déplacer instantanément d'une planète à l'autre. Si elle disparaît, cela pourrait signifier la mort de tous les êtres ayant emprunté les couloirs ne serait-ce qu'une fois. Problème : Mliss Abnethe, la femme la plus riche et la plus puissante de la galaxie, a décidé de faire flageller à mort la dernière Calibane, et il semble que rien ne puisse s'y opposer. Autre problème : il est extrêmement difficile de communiquer avec la Calibane, et encore plus de comprendre ce qu'elle est réellement. Une histoire complexe où on avance dans les ténèbres avec les personnages principaux, avec en guise de fil rouge une réflexion sur les difficultés que peut poser le défi de se comprendre entre espèces différentes, même dotées d'une intelligence similaire.
  • Chants de la Terre lointaine - Arthur C. Clarke
    • Français (traduit de l'anglais par France-Marie Watkins)
    • Papier
Condamnée par la transformation du Soleil en nova à quitter la Terre ou disparaître, l'humanité a essaimé pendant plusieurs générations sur d'autres planètes. Quand l'un des derniers vaisseaux en partance pour les étoiles fait escale sur Thalassa, l'une des premières planètes "ensemencées", les retrouvailles sont émouvantes et l'amour est au rendez-vous. A tel point que certains envisagent de ne plus repartir, quitte à forcer le destin, tandis que d'autres font des découvertes qui remettent en cause leurs croyances ou leur bonheur. Peu de véritable histoire ici, cependant, c'est surtout l'humanité qui est mise en scène, avec ses regrets, ses faiblesses mais aussi sa noblesse et sa diversité.

dimanche 7 avril 2019

Un PEGI des livres ?

J'ai vu passer un tweet demandant s'il était souhaitable de mettre des "TW" sur les livres numériques. Un "TW" alias "trigger warning", courant sur Twitter, consiste à indiquer au début d'un tweet s'il inclut certains types de contenus susceptibles de choquer les personnes sensibles, par exemple si cela a trait au viol, à la maltraitance animale ou d'autres formes de violence.
Plus généralement, il pourrait être possible d'envisager un classement comme celui du PEGI (Pan-European Game Information) qui existe déjà sur les jeux vidéo, où sont indiqués non seulement un âge minimal recommandé, mais aussi différents types de contenus sensibles présents dans le jeu. Si on oublie les contenus liés au jeu en ligne qui ne sont pas franchement pertinents pour un livre, PEGI recense les types suivants :
  • Violence - inclut toutes sortes de scènes de violence physique ou verbale, modérée ou non-réaliste pour les jeux destinés aux enfants, explicite voire gore pour les jeux déconseillés au moins de 16 ans ou aux moins de 18 ans.
  • Langage grossier - contient des insultes ou des grossièretés modérées à crues, avec possibilités d'insultes à caractère sexuel dans les jeux déconseillés aux moins de 16 ans ou au moins de 18 ans.
  • Peur / Horreur - inclut des scènes considérées comme effrayantes ou perturbantes, sans nécessairement être violentes, cela peut être la présence de monstres voire d'animaux effrayants comme l'araignée représentée sur l'icône.
  • Nudité / Sexe - inclut des scènes de nudité partielle ou totale, ou des scènes sexuelles, soit de simples allusions, soit explicites pour les jeux déconseillés aux moins de 16 ans ou au moins de 18 ans.
  • Drogues - inclut des scènes montrant l'usage de drogues ou de produits stupéfiants.
  • Jeux de hasard - inclut des scènes montrant voire enseignant des jeux de hasard.
  • Discrimination - inclut des scènes de discrimination basées sur le genre, l'ethnie, la sexualité etc. Réservé aux jeux déconseillés aux moins de 18 ans.
Les icônes PEGI telles qu'elles apparaissent sur les jeux vidéos.

Si je parle de PEGI, c'est pour plusieurs raisons : d'abord parce que vivant en Europe, c'est le système que je connais le mieux, ensuite parce que ces différents types de contenus sensibles ont des points communs avec la notion de TW, et enfin parce qu'InLibroVeritas  où je publie certains textes a fait le choix d'inclure un système "PEGI-like" pour classer ses œuvres. En créant un nouveau livre sur le site, l'auteur est invité à choisir un âge minimal recommandé et à cocher, le cas échéant, la présence de différents types de contenus correspondant aux catégories indiquées ci-dessus. L'âge et les contenus sensibles apparaissent alors à côté du texte sous forme d'icônes similaires à celles de PEGI, libre aux lecteurs et lectrices de poursuivre la lecture en fonction des avertissements : par exemple "horreur + 18" contiendra des scènes gore explicites qui peuvent être difficilement supportables, "sexe + violence" aura des chances de contenir des scènes de viol, a fortiori si l'âge indiqué est 16 voire 18, etc.)

Jusque-là, on a appliqué ces classements aux jeux vidéos ainsi qu'aux films et aux séries (avec seulement l'âge pour ces derniers) mais pas aux livres, ce qui ne signifie pas forcément qu'on ne devrait pas le faire. Après tout, les livres sont déjà plus ou moins classés en catégories selon les tranches d'âge, même si cette catégorie a tendance à être considérée comme, au contraire, l'âge maximal recommandé ("quoi, tu as 35 ans et tu lis du YA ?")
Les contenus sensibles sont sans doute considérés comme moins perturbants dans les livres car (à condition qu'il n'y ait pas d'images) ils y sont souvent racontés plus que montrés, et l'impact réel dépend aussi de la capacité du lecteur à restituer les images dans sa tête. Cependant les sensibilités sont multiples, et il peut arriver qu'un passage, a priori innocent mais ressemblant un peu trop à une situation traumatisante déjà vécue, fasse remonter cette dernière à la surface.
Il me semble donc qu'on ne peut pas mettre des TW précis sur tout, justement de par la multiplicité des sensibilités et des types de traumas. Si on prend deux types de contenu sensible, une personne 1 pourra fortement réagir à l'un et n'avoir qu'une vague indifférence pour l'autre, alors que ce sera complètement l'inverse pour une personne 2. Passe encore s'il n'y a que deux types, mais s'il faut détailler tous les traumas possibles, on arrive rapidement à des dizaines de combinaisons, et même avec la meilleure volonté du monde, on ne pourra pas penser à tous les lister.
Cependant des catégories plus générales comme celles de PEGI ne me semblent pas ingérables, et permettent déjà d'offrir des avertissements permettant aux personnes sensibles, ou tout simplement ne souhaitant pas s'infliger des scènes qu'elles considèrent comme désagréables, d'éviter une situation inconfortable voire pire. Lire doit rester un plaisir, et il n'est pas non plus agréable pour un auteur (sauf peut-être pour le Marquis de Sade, donc toutes les œuvres sont classées d'office "Sexe + Violence + Langage grossier + 18") de découvrir que son dernier livre a envoyé un lecteur en thérapie.
De toute façon, ce type d'avertissement ne sera jamais qu'une recommandation, et tout vendeur de jeux vidéo a une histoire à raconter avec un parent achetant un jeu comme GTA pour son fils de 6 ans. Auteurs et éditeurs peuvent avertir du mieux qu'ils peuvent, à la fin ce sont les lecteurs qui décident, si possible en pleine connaissance de cause.

dimanche 31 mars 2019

Lectures de mars 2019

Mars n'a peut-être pas été le mois le plus riche en lecture à cause de mes vacances sur la Méditerranée, pendant lesquelles, paradoxalement, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour lire. Ce qui ne m'a pas empêchée de tenter le défi de lecture #MarsAuFeminin, dont voici le bilan avec mes lectures du mois :
  • Persuasion - Jane Austen
    • Français (traducteur inconnu)
    • Numérique
    • Défi #MarsAuFeminin catégorie "Classiques" 
Anna Elliot est "l'enfant du milieu" d'une famille de la petite noblesse un peu trop imbue de son rang, ce qui l'a conduite à être négligée au profit de ses deux sœurs, et à garder un caractère réservé qui l'empêche de dire non. C'est ainsi qu'elle a renoncé au capitaine Wenworth que sa famille jugeait indigne d'eux. Pourtant, quand Wenworth refait surface, Anna se rappelle ses anciens regrets mais craint qu'il soit trop tard : Wenworth ne semble pas lui avoir pardonné son refus et il est sur le point de convoler avec une belle-sœur d'Anna. Une romance psychologique bien dans le style de Jane Austen qui, sous des dehors "BCBG", révèle une héroïne plus "iconoclaste" qu'elle n'en a l'air.
  • La Guilde des magiciens (La trilogie du magicien noir 1) - Trudi Canavan
    • Français (traduit de l'anglais par Justine Niogret)
    • Numérique
    • Défi #MarsAuFeminin catégorie "Autrice de SFFF"
Sonea vit dans les quartiers pauvres, les "Taudis", et n'a guère d'autre perspective d'avenir qu'une existence précaire comme celle de son oncle et sa tante. Jusqu'au jour où elle découvre par hasard qu'elle possède un puissant pouvoir magique, ce qu'elle croyait impossible car seuls les riches et les nobles entrent à la Guilde des Magiciens. Autre problème, les magiciens ont découvert son pouvoir et cherchent à la récupérer, autant pour la protéger que pour se protéger eux-mêmes. Sonea devient alors à son insu l'enjeu d'une lutte entre Rothen, le loyal et paternel alchimiste, et Fergun, le mage guerrier aux intentions bien moins louables. Même si on s'attend quand même un peu à la suite, on se prend d'affection pour les personnages qui cherchent à lutter contre les malentendus et les préjugés, et la fin laisse juste assez de suspense pour donner envie de lire le prochain tome.
  • La mystérieuse affaire de Styles - Agatha Christie 
    • Français (traduit de l'anglais par Thierry Arson)
    • Papier
    • Défi #MarsAuFeminin catégorie "Classiques" / "Autrice de thriller"
Invité au manoir de Styles Court par son ami John Cavendish, le capitaine Hastings y assiste à la mort de la propriétaire des lieux, Emily Inglethorp. Tout semble accuser le nouveau mari de la défunte, Alfred Inglethorp, plus jeune qu'elle et peu apprécié des autres membres de la famille. Mais Hercule Poirot aborde l'enquête sous un angle différent, et Hercule Poirot ne se trompe jamais même s'il est parfois difficile de suivre le raisonnement de ses petites cellules grises... De fausses pistes en secrets de famille, l'enquête ne néglige aucun détail, et déroule lentement mais sûrement le mobile du meurtre et la manière très subtile de le commettre. Cette affaire des poisons rappelle qu'il faut se méfier de tout le monde dans une enquête, y compris (et même surtout) des plus insoupçonnables.
  • Un meurtre est-il facile ? - Agatha Christie
    • Français (traduit de l'anglais par Gérard de Chergé)
    • Papier
    • Défi #MarsAuFeminin catégorie "Classiques" / "Autrice de thriller"
Dans le train qui l'amène à Londres, Luke Fitzwilliam rencontre par hasard Mlle Pinkerton qui semble convaincue que son paisible village est la proie d'un tueur en série. Quand il apprend la mort de la vieille dame le lendemain dans les journaux, Luke décide d'en avoir le cœur net, et se rend au village pour éclaircir les circonstances de quelques morts suspectes. Plusieurs habitants plus ou moins respectés du village deviennent pour lui des suspects potentiels, puis sont écartés au fur et à mesure. Mlle Pinkerton se demandait s'il est facile de commettre un meurtre et de s'en tirer ; peut-être, si on est la dernière personne que les gens soupçonneraient et s'ils découvrent la vérité trop tard. Sans Hercule Poirot ni Miss Marple, Agatha Christie met cette fois en scène un détective plus amateur et plus faillible dans une enquête à rebondissements où il ne faut pas se fier aux apparences.
  • Consuelo - George Sand
    • Français
    • Numérique
    • Défi #MarsAuFeminin catégorie "Classiques"
Consuelo, parfois appelée la "Zingarella" car elle est la fille d'une chanteuse gitane, est une cantatrice de génie destinée à faire une grande carrière à l'opéra. Mais sa candeur la rend peu apte à survivre aux intrigues des milieux artistiques, et les hommes ne lui réussissent pas, entre Anzoleto son amour d'enfance qui la trahit, ou Maître Porpora qui a repéré son talent et l'aime comme sa fille, mais comprend mal ses sentiments. Envoyée en Bohême pour fuir un scandale à Venise, elle y rencontre le comte Albert de Rudolstadt, aussi séduisant que fou mais qui voit en elle sa compagne idéale, presque mystique. Le choix entre l'amour (si c'en est) et sa passion pour l'art sera difficile. L'intrigue a beau être excellente, on est en présence d'une héroïne "à la Princesse Sarah" qui devient insupportable à force d'être parfaite.
  • La mère - Pearl Buck
    • Français (traduit de l'anglais par Germaine Delamain)
    • Papier
    • Défi #MarsAuFéminin catégorie "Roman/essai féministe"
L'histoire d'une paysanne chinoise anonyme, ayant à charge trois enfants, une belle-mère âgée mais aussi son mari insatisfait de sa condition de paysan et qui la quittera du jour au lendemain pour partir à la ville. Obligée de se faire passer pour veuve afin d'éviter les questions de ses voisins et de ses enfants, "la mère" continue sa vie du mieux qu'elle peut, sans pouvoir oublier tout à fait son mari, ce qui la conduit à gâter son fils cadet qui lui ressemble. Ni sainte ni abusive, c'est l'histoire d'une mère comme beaucoup d'autres, avec en toile de fond, les conditions de vie des habitants des campagnes de Chine écrasés autant par les taxes que par les traditions, et la montée contrariée du communisme mal compris (et donc craint) par ceux que la nouvelle doctrine est censée défendre.
  • Le Robinson de douze ans - Jeanne Sylvie Mallès de Beaulieu
    • Français
    • Numérique
    • Défi #MarsAuFéminin catégorie "Inclassable"
Embarqué comme mousse, Félix fait naufrage et trouve refuge sur une île déserte où malgré ses douze ans et son manque d'expérience de la vie, il va devoir survivre à la manière de Robinson Crusoë, avec pour seule compagnie (du moins au début) son fidèle chien Castor. Une histoire destinée à la jeunesse où le héros, même s'il rappelle (leçon de morale pour les enfants oblige) que le travail et la persévérance permettent de se sortir de toutes les difficultés, ne rencontre finalement pas beaucoup d'obstacles et devrait surtout féliciter sa chance, qui apporte également une intrigue courte et sans vrai suspense.
Palier Elsa "Libérée, délivrée" réussi !

BookPack 3.5

Après la publication de la nouvelle aventure de l'Alchimiste Le plan des hommes-métal, le BookPack devait logiquement se mettre à jour pour inclure ce nouveau texte. C'est maintenant chose faite avec un peu de retard : en effet, j'en ai profité pour inclure quelques corrections sur Nuit de hasard ainsi que sur Hello! Mister Crowley, qui pourrait bien être mon NaNoWriMo qui a bénéficié du plus grand nombre de corrections. Le BookPack 3.5 est disponible sur les liens à droite, ou directement ici si vous avez la flemme de chercher.
Bonne lecture !
Vous lisez seul.e ou entre ami.e.s ? Peu importe, lisez ! - Deutsche Fotothek‎ [CC BY-SA 3.0 de (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/de/deed.en)], via Wikipedia Commons

mercredi 27 mars 2019

Camp NaNoWriMo et Dernière Course : c'est reparti pour 2019

Rappelez-vous : ma dernière (qui était aussi ma première) participation au Camp NaNoWriMo, c'était en avril dernier, pour donner un coup de boost à l'écriture de Dernière Course. Une tentative qui s'était soldée par un succès puisque j'étais même allée au-delà de l'objectif initial et que quelques mois plus tard, je mettais enfin le point final à Dernière Course.
Cependant, je savais que ce n'était qu'un premier jet avec des imperfections, et malgré ma satisfaction d'avoir réussi à écrire mon plus long roman en ce jour, je savais dès juillet dernier que Dernière Course, comme une des voitures de course dont il parle, allait avoir besoin d'un bon coup de polish, et avant cela, d'un petit examen du moteur et de la carrosserie pour réparer tout ce qui pourrait aller de travers. J'aime énormément Dernière Course, et c'est justement pour cela que je voulais le retravailler, pour être sûre que cette histoire aille au maximum de son potentiel, ou du moins au maximum où je peux l'emmener avec mes compétences d'autrice actuelles.
Beaucoup de choses m'ont empêchée de commencer ce travail jusque-là : ma répugnance naturelle pour la réécriture qui peut très vite me faire détester ce que j'ai adoré écrire, ma baisse de moral l'été dernier suite à la non-publication de Moortopia, la nécessité de terminer La Légende de Thaalia puis Le plan des hommes-métal, autant de choses qui ne m'ont pas aidée à me remettre à Dernière Course. Je gardais pourtant tout cela dans un coin de ma tête, notant des pistes d'amélioration parfois contradictoires ou trop détaillées, mais sans jamais perdre tout à fait de vue l'idée globale.
L'arrivée du mois d'avril et du Camp NaNoWriMo 2019 m'ont suggéré l'idée de boucler la boucle (ce genre de symbole a de l'importance pour la motivation) et de lancer enfin en 2019 la réécriture de ce que j'avais terminé en partie grâce à l'édition de 2018.
Je me suis d'ores et déjà installée dans une cabane avec des gens que je connais un peu grâce à Twitter, et pour la première fois dans un projet de type NaNoWriMo, je me fixe un objectif non pas en mots (Dernière Course est déjà globalement écrit et je n'ai pas pour but de l'étendre à l'infini) mais en heures, pour me forcer à passer du temps sur cette réécriture. En prévoyant un rythme d'1 heure par jour ouvré et 3 heures par jour de week-end ou jour férié (Lundi de Pâques inclus), c'est donc un objectif initial de 47 heures que j'ai choisi. Si je passe plus de temps, tant mieux. Si j'ai besoin de moins d'heures pour amener Dernière Course au niveau que je souhaite, tant mieux aussi, mais j'y crois moins.
Mes principaux axes de travail sont les suivants :
  1. Éliminer toutes les incohérences et les répétitions scénaristiques (entre autres, il y a une double amnésie qui me semble redondante, une seule perte de mémoire suffit et aura plus d'impact). C'est sûrement cette partie qui va m'occuper le plus.
  2. Accentuer le côté cyborg et connecté de Saïba, ainsi que l'intrusion dans son cerveau que cela implique.
  3. Donner un peu plus d'importance aux personnages de May et Uru, et éventuellement au "Chico de Cuba" qui est actuellement le moins présent de tous.
S'ajoutera évidemment à cela tout problème ou idée d'amélioration qui pourrait me venir en cours de "route"...
J'appréhende cette réécriture, et en même temps j'ai hâte de m'y remettre. Depuis juillet dernier, Dernière Course et ses personnages ne m'ont jamais totalement quittée, et il suffit parfois d'une image ou d'une musique pour que je me sente repartir sur la Transcontinental 50 avec William "Shadow" Chaser, Saïba et les autres. Après tout, il n'y a que les routes qui sont belles, et peu importe où elles nous mènent...
On the road again... - Par Regulator78 sur English Wikipedia [Domaine public]

mercredi 13 mars 2019

Les nouvelles aventures de l'Alchimiste

Comme j'écris principalement des histoires "one-shot" et pas des sagas, j'ai peu de personnages récurrents, même s'il arrive que plusieurs d'entre eux proviennent de la même source d'inspiration. Duncan Blackthorne est une exception, apparaissant à ce jour dans deux romans, Duncan Blackthorne et l'Ange écarlate et Duncan Blackthorne et la Venise des glaces.
Jusqu'à présent, l'Alchimiste était uniquement l'héroïne d'une histoire intitulée Les miroirs sur la colline, une nouvelle un peu improvisée pour le concours des bibliothèques de Sartrouville de 2014, et qui n'avait finalement pas été envoyée, le délai étant déjà dépassé sans que je ne m'en rende compte. Ironie de l'histoire, cette nouvelle pour laquelle j'ai manqué de temps mettait en scène un Seigneur du Temps (ou plutôt une Dame du Temps, comme le rectifierait très justement Missy). Le personnage était en effet directement inspiré de Doctor Who, cependant à un aucun moment l'histoire ne mentionne explicitement les Seigneurs du Temps, Gallifrey ou un TARDIS. Le vaisseau de l'Alchimiste partage pourtant les caractéristiques de celui du Docteur, mais étant un peu plus méticuleuse que son compatriote (ou disposant d'un appareil moins obsolète), l'Alchimiste n'apparaît pas dans une voyante cabine bleue mais sait se fondre dans le décor.
L'Alchimiste appartient donc comme le Docteur à l'espèce des Seigneurs du Temps. Le nombre de régénérations qu'elle a déjà connu est indéterminé, et il n'est pas dit non plus si elle a déjà été un homme. Comme le Docteur, elle a quitté Gallifrey pour un motif non précisé mais qui semble être l'ennui, et comme le Docteur, elle ne donne pas son vrai nom et préfère se cacher derrière un "titre". Dans son cas, elle retient de l'alchimie le principe de transmuter les métaux "grossiers" en des matières plus nobles, ou d'extraire leur essence d'une enveloppe imparfaite, tout comme l'Alchimiste recherche ce qu'il y a de mieux dans les mondes et les gens qu'elle rencontre.

L'Alchimiste a cependant quelques différences avec le Docteur. En premier lieu, elle est capable de prendre les armes, et même si elle préfère l'éviter, elle l'estime indispensable avec tous les dangers qu'on peut trouver dans l'Univers. Elle essaie de maintenir le meilleur équilibre entre chercher ce qu'il y a de bon chez les êtres et ne pas tendre la joue droite quand on lui frappe la joue gauche.
Autre différence : l'Alchimiste n'a pas de compagnons. Ils sont remplacés par des robots muets et obéissants, qui constituent aussi un équipage complet pour piloter son vaisseau (ce qui explique qu'il soit moins erratique que celui du Docteur). L'un des robots, nommé Crystaléa, fait exception : elle détient l'intelligence et l'âme de son vaisseau, que l'Alchimiste a transférées dans un corps robotique pour avoir une meilleure interaction. Dans une certaine limite, car l'Alchimiste a parfois du mal à supporter la contradiction...
Comme le Docteur, l'Alchimiste s'habille selon ses envies et fait fi des modes, qui changent de toute façon bien trop entre deux époques ou deux planètes. Dans Les miroirs sur la colline, on ne la voit porter qu'un kimono bleu, dont la soie et les longues manches déployées la font ressembler à un papillon ; papillon qu'elle affiche également en broderie sur sa tenue de combat dans Le plan des hommes-métal, pour rappeler que les voyages dans le temps sont toujours susceptibles de déclencher un "effet papillon" : petite cause, dégâts potentiellement immenses !
Un kimono similaire à celui que porte l'Alchimiste - Par Lukacs~commonswiki supposé (étant donné la revendication de droit d’auteur) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) ou CC BY 2.5 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.5)], via Wikimedia Commons
Cependant, comme pour le Docteur qui dit qu'il ne faut pas intervenir dans le passé mais finit toujours par le faire, il y a parfois un gouffre entre les principes que l'Alchimiste essaie de respecter et ses actions. Si les conséquences semblent mineures dans Les miroirs sur la colline, ce n'est plus du tout la même chose dans Le plan des hommes-métal où elle "s'attaque" à rien moins que l'Empereur de la petite planète Ardentia, dont elle découvrira qu'il est un élément-clé dans un plan visant à altérer irrémédiablement le futur de toute la planète, et où l'Alchimiste elle-même pourrait y être pour quelque chose...
Cette nouvelle aventure de l'Alchimiste marque la création d'une collection intitulée L'Alchimiste sur Atramenta, avec pour l'instant deux œuvres, peut-être un jour d'autres ?
Couverture de "Le plan des hommes-métal". Cliquez ici pour le lire sur Atramenta, et ici pour le lire sur InLibroVeritas.