mercredi 3 février 2016

Rupture de la chaîne du livre

La chaîne du livre, c'est comme la chaîne du froid des aliments : la rompre peut être dangereux.
Et comme pour la chaîne du froid, c'est le magasin ou le distributeur qui la rompt, et ce n'est pas sur lui que retombent les conséquences (pas les plus directes en tout cas).
En l'occurrence, c'est le distributeur/diffuseur qui l'a rompue. Et les conséquences concernent tous ceux (à l'exception notable du distributeur/diffuseur lui-même) qui ont travaillé sur Le Don d'Osiris, à savoir essentiellement moi, mon éditeur, mon correcteur (lui aussi auteur chez Le Peuple de Mü), sans oublier les lecteurs potentiels, qui ne verront peut-être plus Le Don d'Osiris en magasin.
Je dois faire un petit flash-back pour expliquer comment tout a commencé.
Suite à la publication du Don d'Osiris en janvier 2015, j'ai pu participer au Salon du Livre avec mon éditeur et deux autres auteurs. Sur un minuscule stand que certains prenaient pour la réception ou le bar, mais nous y étions. Et à cette occasion, l'éditeur a entamé des négociations avec le distributeur/diffuseur SoBook afin d'améliorer la visibilité de son catalogue en pleine expansion.
Peu de temps après, la nouvelle est tombée à la satisfaction générale : l'accord avec SoBook était signé ! Quelques informations encourageantes sont aussi arrivées par la suite : du travail sur les couvertures et la mise en page en collaboration avec SoBook, une mise en avant du Peuple de Mü dans le catalogue fantasy, une grosse commande chez Auchan... Bref, on ne se voyait pas en haut de l'affiche, mais déjà avec plus de visibilité.
Et à la fin de l'année 2015, ça a été le retour à la réalité. L'éditeur nous annonce de mauvais résultats dus à "l'incompétence du diffuseur". Pas plus de détails, mais la météo est houleuse, l'éditeur parle de grosses pertes sur le dernier quadrimestre.
Puis est arrivé le communiqué de presse officiel aujourd'hui, où nous apprenons que le diffuseur/distributeur semble avoir traité le catalogue du Peuple de Mü par-dessus la jambe, c'est-à-dire en le confiant tout simplement à d'autres sociétés, sans doute pour diminuer les coûts et sans vraiment surveiller la qualité. Résultat, un référencement incomplet, une visibilité quasi-nulle des livres papier, et une grosse perte financière pour l'éditeur comme pour les auteurs qui espéraient vraiment avoir une meilleure chance de faire connaître leurs ouvrages.
J'ai l'impression de voir les centaines de Don d'Osiris et d'autres livres dormant dans un coin alors que personne ne se donne la peine de les distribuer. Du gâchis.
Mais surtout, je suis triste pour mon éditeur qui est quelqu'un de très sympathique, très sincère et qui s'est donné du mal pour donner le meilleur de tous les livres qu'il a édités, et dont les efforts ont été ruinés parce que le maillon suivant de la chaîne du livre n'a pas fait son travail.
La seule bonne nouvelle dans tous cela, c'est qu'il ne compte pas rester sans réagir et qu'il porte plainte contre SoBook. Apparemment d'autres petits éditeurs sont aussi concernés, j'espère qu'ils se porteront partie civile pour donner plus de poids à la plainte.
Et il ne renonce pas. Il compte continuer, quitte à assurer le distribution autrement. En attendant, il nous pose la question à tous : continuer avec lui ou pas malgré l'actualité difficile ?
Je ne me vois pas arrêter maintenant. Heureusement je n'ai pas besoin de mes droits d'auteur pour bien vivre, mais c'est plutôt la question de la visibilité qui me ferait m'arrêter. Même des gens qui voulaient acheter Le Don d'Osiris ont eu des difficultés pour le trouver en librairie, alors il est probable que personne ou presque ne l'ait trouvé par hasard.
Mais il n'y a pas que la visibilité : j'ai quand même eu la chance (et même, je crois, beaucoup de chance) d'avoir trouvé un éditeur à taille humaine et qui se soucie vraiment de ses auteurs. Parce que c'est important pour moi, je ne me vois pas laisser tomber. Sauf s'il s'avère que Le Don d'Osiris lui coûte plus d'argent qu'il n'en rapporte et qu'il serait meilleur pour sa santé financière que j'arrête.
Alors si les petits éditeurs sont importants pour vous, allez voir le catalogue du Peuple de Mü : pas besoin de diffuseur, soutenez-le directement.

Pour en savoir plus:

Chaîne du livre à protéger... - Par Biblioteca Centrală a BM "B.P.Hasdeu" from Chisinau, Moldova (Desfășurarea experimentului pas cu pas...) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

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